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De la Place d'Armes à Vassieux...
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Un point de rendez-vous qui nous donnait le ton! Samedi 20 octobre 2007. Le Dauphin de France en Dauphiné, en route pour le Vercors...
Dans le matin calme de Grenoble endormie, pas question d'être en retard et de faire attendre le général Pichot-Duclos...
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« D'or chaussé de gueules, l'or chargé d'un dauphin pamé d'azur, barbé, oreillé, crêté et pautré de gueules mordant la lame d'un glaive d'argent à la garde de sable, posé en bande, le gueules chargé à dextre et à senestre de deux chaînes au naturel mises en pal et mouvantes de la partition » |

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Hôtel des troupes de montagne. Grenoble. Place d'armes. |
Chacun prenait place dans le car, consignes et programme de la journée reçus, le général Pichot-Duclos passait le « commandement » au colonel Jean-Pierre Martin, trente-ans de service dans les Troupes de Montagne, historien auteur « De l'armée des Ombres à l'armée des Alpes », conservateur du Musée des Troupes de Montagne, membre du Comité scientifique du musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère... Pouvions avoir un meilleur guide?

Belle levée de la brume. Et le colonel Martin de nous planter le « décors »... Comme il se doit pour tout historien « militaire », la géographie précède l'histoire... Attentive aux explications de notre guide, la route se met à son service...


Nous sommes en route pour franchir le col de la Chau... L’ancienne appellation de « forteresse » du plateau karstique avec ses falaises calcaire n’est pas usurpée…


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Le rebord méridional du plateau de Vassieux et les reliefs de la marge septentrionale du Diois |
Premier objectif ? Le mémorial de la Résistance en Vercors…
En chemin, le colonel Martin nous a rappelé l’histoire de ce haut lieu de notre histoire contemporaine. Les « pourquoi » ? Les « comment ? ». Relation simple, toute de rigueur, hors des polémiques. Retenons l’accent mis sur les conséquences des sacrifices consentis par des hommes dont les motivations pouvaient présenter quelques différences…
Les 12 000 ou 15 000 soldats allemands fixés dans les opérations du Vercors n’ont pas pu être déployés en Normandie, alors que s’opérait le débarquement du 6 juin…
Le col de la Chau franchi, nous amorçons notre descente. Très vite, à main droite, nous devinons le point de notre première halte : « Le Mémorial de la Résistance à Vassieux en Vercors ».
Tout le monde descend ! Et c’est à pied que nous nous dirigeons vers ce lieu riche en symboles, sous un soleil dardant dans l’air bien plus que frais…

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Le colonel Martin, le général Pichot-Duclos, le prince Jean… |

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Intégré dans le paysage, le Mémorial… |
Rejoints par des amis de la région et des édiles du plateau, des gardiens de mémoire aussi, nous visitons ce musée chargé d’émotion, l’attention retenue par les commentaires de notre « guide » et du général Pichot-Duclos.
Un musée qui veille sur le plateau, tel une forteresse inexpugnable, alliance de béton et de la nature qui a repris ses droits…


Avant que de quitter ce haut lieu silencieux, gardien d’une grande page de notre histoire, quelques photographies pour nos amis…

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Offrant leur dos au vent glacial… Le colonel Martin, Son Altesse Royale le Dauphin, le général Pichot-Duclos… |

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Et avant de retrouver le grand jour, une dernière lecture… |

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Retour en compagnie des « gardiens de mémoires » ! |

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Et en route pour le plateau… |
Descendre pour remonter le temps…
Comment se rendre à Vassieux sans faire halte à la nécropole ?...

A un jet de pierre, le 21 juillet 1944, 22 planeurs allemands se posent avec 220 parachutistes d’élite alors que le « maquis » attendait, espérait des forces alliées… Trois jours de combats acharnés… Le 23 juillet un deuxième train de planeurs qui débarquent 200 allemands supplémentaires… 82 habitants de Vassieux massacrés, 120 combattants du « maquis » tués. Le village et ses hameaux détruits à 97%... une traque féroce de trois semaines s’en suivra…
C’est toujours sous un ciel radieux que notre petite « équipée » est attendue. Et comme toujours, le Dauphin de France est accueilli avec la plus française des gentillesses par les élus et témoins de ce haut lieu.



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Carcasse de planeur… |

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Le général Pichot-Duclos de reprendre la « main » |

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Recueillement… |

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Honneurs militaires |

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Quelques mots d’accueil |
Et c’est un prince de la Maison de France, Dauphin en son Dauphiné, ému, qui prend la parole :
Allocution à la nécropole de Vassieux
Samedi 20 octobre 2007
Il y soixante-sept ans, des patriotes, nombreux, déterminés, se levaient ici-même pour relever l’honneur de la nation, et mettre fin à une occupation humiliante et qui s’exerçait au mépris de la dignité humaine. Ils étaient de toutes origines, de tous âges, de toutes confessions, de toutes sensibilités, de toutes races même, puisqu’on comptait parmi les maquisards une section de tirailleurs sénégalais. Ils étaient là rassemblés, prêts à se battre pour ce coin de France, « celui qui croyait au ciel, et celui qui n’y croyait pas ».
Ils avaient en commun d’être animés par le plus noble des idéaux, l’amour de la patrie et l’attachement à la liberté. Et ils étaient prêts à se battre pour cela, activement soutenus par une population majoritairement complice et qui en paiera le prix.
Quand retentissent sur les ondes de la BBC, le 5 juin 1944, les phrases convenues « Le chamois des Alpes bondit – Dans la forêt verte est un grand arbre », une immense espérance naît, et des milliers de volontaires, sans autre arme que leur courage, montent au maquis. Ils sont confortés dans leur résolution, le lendemain même, par l’appel du général de Gaulle : « La bataille suprême est engagée. Pour tous les fils de France, où qu’ils soient, quels qu’ils soient, le devoir simple et sacré est de combattre l’ennemi par tous les moyens dont ils disposent.»
On leur disait qu’ils étaient l’avant-garde de l’armée de la libération, que les Alliés allaient arriver, en nombre, pour les soutenir, que l’issue des combats ne faisait plus de doute.
Pour défier l’adversaire, et montrer au monde la légitimité de leur combat, ils créent la République du Vercors et hissent à Saint-Nizier un immense drapeau qui marque l’entrée dans la terre de la liberté.
Ils s’organisent, attendant fiévreusement l’aide promise, scrutant le ciel pour déceler l’arrivée des avions alliés et de leur précieuse cargaison. Cette aide, elle arrive, sous forme d’immenses parachutages, apportant en abondance armes, munitions, explosifs, moyens de transmission, logistique.

Nul doute, le Vercors est une pièce maîtresse dans la stratégie alliée, et le devoir des maquisards est d’interdire à l’Allemand les accès au plateau.
Mais rien n’arrivera comme espéré. Le 21 juillet, la Wehrmacht lance contre le Vercors la plus puissante offensive jamais conduite contre les partisans en France. 15000 hommes y participent, directement ou indirectement. De toutes les entrées, les colonnes convergent. Les chasseurs alpins allemands s’emparent des « pas, » que l’on croyait infranchissables. Et ici-même, à Vassieux, où l’on attendait les Dakotas américains, ce sont les avions à croix noire, remorquant des planeurs, qui surgissent. Puissamment armés et soutenus, les parachutistes ennemis se retranchent et sont indélogeables.
Deux jours plus tard, écrasés par la puissance de l’adversaire, ne recevant aucun des secours promis, les maquisards sont contraints de se disperser pour éviter d’être anéantis. Ils auront perdu 639 des leurs, tombés les armes à la main .
Suit l’abominable cortège d’exactions et de massacres commis par des troupes souvent formées de supplétifs à la solde de l’Allemagne. Ici-même à Vassieux, à la grotte de la Luire, à La Chapelle et ailleurs.
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Vassieux… |


Les patriotes se terrent, et ne surgissent des bois que pour aller frapper un ennemi qui se croyait vainqueur, et qui doit abandonner le plateau martyrisé sans être parvenu à en extirper les insurgés.
Aussitôt les maquis se reforment. Le 6e BCA et le 11e Cuirassiers renaissent de leurs cendres, et vont pourchasser l’ennemi jusqu’à Lyon, accompagnant la fulgurante remontée américaine. Le dernier mot restera à la Résistance.
La victoire morale des hommes du commandant Huet, chef militaire du Vercors, et d’Eugène Chavant, chef civil, est encore plus éclatante. Ils resteront au regard de l’histoire les combattants de la patrie, de la liberté, et de la dignité humaine, tandis que l’opprobre s’attache à jamais au souvenir de leurs ennemis.
Les maquisards du Vercors s’inscrivent dans une longue tradition nationale, celle du peuple en armes qui se lève pour repousser l’envahisseur.
En 1214 à Bouvines, les milices des communes royales et féodales bousculent l’immense armée de l’empereur Othon ; les routiers germaniques, les miliciens flamands, les soldats anglais de Salisbury, les chevaliers de Saxe, de Lorraine, du Limbourg, se débandent sous les coups des paysans de France. En 1712, à Denain, les milices provinciales remportent une bataille décisive, forçant un destin contraire et évitant à la France une cruelle défaite. A Valmy, le 20 septembre 1792, les bataillons de volontaires, mêlés aux troupes réglées, bousculent l’armée prussienne aux cris de Vive la nation ! Après les désastres militaires de 1870, la Garde nationale mobile, levée dans les forces vives de la France, sauve l’honneur et contraint les Prussiens à composer.
Toujours, notre pays a su, aux heures graves de son histoire, trouver en son sein de solides serviteurs, issus de toutes origines, pour se rassembler derrière son drapeau. Jamais la nation n’a failli à son devoir de préserver l’héritage dont elle était dépositaire. La confiance en la France et en son peuple reste le plus sûr garant de la pérennité et de l’invincibilité de notre nation, quelles que soient les épreuves qu’elle ait pu traverser.
Pionniers et combattants volontaires du Vercors, vous avez répondu présents à un appel surgi du fond des âges, et rien n’était plus simple et plus évident pour vous que ce choix, en dépit du péril extrême qu’il représentait. Vous avez accepté le sacrifice suprême, sans hésitation, n’écoutant que votre cœur de patriotes, et insensibles au discours attentiste et raisonnable que beaucoup vous prodiguaient. Votre choix était celui de l’honneur, et en définitive de la seule raison qui vaille, de la seule qui tienne au regard de l’histoire, celle de l’éternité et de l’unité de la France.
Maquisards du Vercors, habitants de Vassieux, chacun d’entre nous mesure ce qu’il vous doit. Nous sommes venus ici, dans cette nécropole, pour vous l’exprimer et vous rendre hommage. Vive le maquis du Vercors, vive Vassieux, ville compagnon de la Libération, et vive la France. |

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Et après un dépôt de gerbe… |

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Un dernier « salut »… |

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N’oublier personne dans nos pensées et prières… |

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Et être confronté aux facéties de l’histoire… |

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Et d’en réconcilier plus d’un ! |
Une journée riche d’enseignements, en conviennent deux « complices »…

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Le Docteur Jean Gugliotta et Portemont… |
Une journée qui est loin d’être finie…
Se restaurer est bien venu.
Tous nos amis se retrouvent au cœur de Vassieux pour goûter un peu de repos et goûter aussi à des nourritures bien terrestres.
Moment de détente au cours duquel les langues iront bon train, échangeant commentaires et remarques dans une ambiance de bonne humeur !


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Le Docteur Jean Gugliotta et l’ ami Vincent |

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Et toujours des échanges de « courtoisie »
« Le Dauphin et l' Edile » |
Allions-nous reprendre le chemin du retour après ce temps de détente?
Impossible de quitter Vassieux sans saluer Joseph La Picirella et visiter « son » musée de la Résistance…
Depuis le 1er février 1944, date à laquelle Joseph La Picirella rejoignait les maquisards du Vercors, l’esprit de résistance ne le quitte plus… Il écrit, il recueille souvenirs, témoignages et matériels. Tant et tant qu’en 1973, Il fonde le Musée de la Résistance. Il en fera don au département de la Drôme en 1999.
Ce 20 octobre 2007, Joseph La Picirella avait tenu à accueillir le Dauphin…


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Présentation et historique du musée devant un auditoire attentif… |
Et nous nous lançons dans la visite…

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Rappel de temps bien difficiles... |

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De l ' « Europe »... |

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Réponses furent données... |

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Monseigneur le Dauphin :« voyage » dans l'histoire... |

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Derniers échanges... |
Tout à une fin... Il nous fallait bien songer à regagner Grenoble...
Une journée organisée de main de maître par le général Pichot-Duclos, un guide hors pair en la personne du colonel Martin, et un accueil qui témoignait de la mémoire longue de la France éternelle!
Merci à Vassieux.
Portemont, le 26 avril 2009
Bouvines…

« La Compagnie des Francs archers de Compiègne, lors de la bataille de Bouvines, aux vues des résultats qu'avait déployés l'arrière ban de la commune, fut récompensée de la devise de Philippe Auguste « Regno et regi fidelissima »

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Vergnon (Gilles), Le Vercors, histoire et mémoire d’un maquis. Paris, Les Éditions de l’Atelier, 2002, 256 pages. « Patrimoine ».
Si, comme le signale Gilles Vergnon dans son introduction, la littérature sur « le maquis du Vercors » est particulièrement abondante, il se trouve que la plupart des écrits sur le sujet relève de la catégorie des témoignages. Les études proprement dites sont peu nombreuses et, à ce jour, aucune n’était le fait d’un universitaire. Avec Le Vercors, histoire et mémoire d’un maquis, l’auteur – dont le texte est le fruit d’un travail poursuivi dans le cadre d’une habilitation à diriger des recherches – nous donne un ouvrage que l’on peut qualifier de livre de référence sur le sujet.
Gilles Vergnon, qui reconnaît avoir fait son miel du travail de ceux qui se sont déjà penchés sur la question et qui rend – avec une honnêteté que l’on souhaiterait rencontrer plus souvent – hommage à ses prédécesseurs « tant il est vrai que l’historien ne s’élève jamais que sur les épaules de ses devanciers, en attendant à son tour de passer le relais » (p. 17), fait faire un bond considérable à l’étude et à la compréhension de ce maquis, pourtant parmi ceux qui ont suscité le plus de débats et de discussions. Le travail accompli – les sources utilisées, les archives visitées, les témoins entendus, les fichiers dépouillés – ne peut qu’impressionner et donne à l’ensemble une solidité et une fiabilité sans faille.
L’apport de cet ouvrage se situe à plusieurs niveaux. D’abord l’auteur élabore une chronologie et une périodisation fine de ce maquis et définit différents « Vercors ». Le premier Vercors, qui va de 1942 à 1943, est « un maquis d’hébergement de réfractaires », un « maquis refuge », comme il y en a eu beaucoup d’autres. À cette réalité se surimpose « le projet géostratégique » de Pierre Dalloz, le fameux « Plan Montagnard », dont Gilles Vergnon nous livre en annexe la première version élaborée en décembre 1942, projet qui était d’ailleurs beaucoup plus modeste que l’on ne l’a dit ultérieurement.
À ce premier Vercors succède de 1943 à juin 1944 un second Vercors, « maquis durable à vocation stratégique », qui marie la logique des regroupements mis en place par Franc-Tireur et le projet de Pierre Dalloz. Les réfractaires se transforment petit à petit en maquisards, les camps s’institutionnalisent et se militarisent progressivement. Est décrite avec précision la répartition des responsabilités et des fonctions entre civils et militaires et il apparaît qu’au fil du temps le dispositif militaire prend une place de plus en plus importante.
Enfin apparaît du 9 juin au 21 juillet – date de l’assaut allemand – le troisième Vercors, le plus connu, celui que l’on a qualifié de « République du Vercors », sur lequel il a été énormément écrit, mais essentiellement sur l’aspect militaire de l’épisode.
L’auteur, dans sa description et sa revisite des trois Vercors, insiste par ailleurs sur la dimension structurelle de ce maquis, ou plutôt de ces maquis successifs. Il met notamment en évidence, pour ce qui est de la première période, le rôle très important des militants socialistes1 – pour la plupart grenoblois et liés au mouvement Franc-Tireur – dans l’encadrement des premiers regroupements de réfractaires. À partir du dépouillement du fichier des maquisards constitué par l’Association nationale des pionniers et combattants volontaires du Vercors, Gilles Vergnon brosse un portrait très détaillé de cette première génération de réfractaires transformés progressivement en combattants. Enfin, pour ce qui est de la troisième période, celle qui a été la plus fréquemment décrite, il n’insiste nullement sur la description des combats, très souvent faite, mais privilégie l’étude de cette « République du Vercors » en tant que « zone libérée » dans laquelle se met en place une sorte de « contre-État » – avec son administration civile et militaire – dont il étudie le fonctionnement, ce qui n’avait guère, voire pas été fait à ce jour.
Quant à la fin tragique du « maquis du Vercors », il l’explique par « une combinaison complexe de circonstances, de malentendus et de rivalités, à laquelle s’ajoute la lourde responsabilité de ceux qui se sont engagés sur des promesses qu’ils ne pouvaient tenir, mais qui furent prises à la lettre par les responsables locaux, dans le climat d’euphorie de juin 1944 » (p. 111)... ce qui semble être l’explication généralement admise par tout le monde – ou presque – aujourd’hui.
Dans la deuxième partie de l’ouvrage, c’est à la construction progressive de la mémoire du Vercors que Gilles Vergnon s’attaque. Il reprend les différents points de vue, les polémiques successives qui ont été développées autour de cette histoire. Il analyse les enjeux de mémoire entre lesquels la « légende » – en partie « légende noire » – du Vercors s’est construite. Le double aspect originel de la vision donnée de cet événement, à la fois épopée (« Le Vercors, c’est le Bir-Hakeim de la Résistance en métropole », Eugène Chavant, 6 février 1945) et martyre (Vassieux-en-Vercors qualifié d’« Oradour Drômois », Les Allobroges, 6 août 1945), est largement masqué par un second enjeu de mémoire qui vient s’y superposer, autour d’un axe « liberté-trahison ». Pratiquement dès la fin de la guerre, une série de polémiques voient le jour autour de différents thèmes : « l’erreur » du réduit défensif, « l’abandon » du maquis par les Alliés et même « la trahison » du Vercors par le Gouvernement provisoire de la République française établi à Alger, effrayé par cette France des maquis, ce « peuple impopulaire », pour reprendre le titre d’un livre écrit par Alain Prévost, le fils de Jean Prévost-« Goderville », et publié en 1956. Pendant de nombreuses années, le Vercors va être « l’enjeu d’un affrontement entre les deux mémoires concurrentes de la Résistance, la mémoire gaulliste et la mémoire communiste » (p. 157). Cette polémique – qui a battu son plein tout au long de la guerre froide – s’apaise à partir de la fin des années 1960, mais a tout de même laissé des traces qui sont loin d’être totalement effacées.
Le dernier chapitre de l’ouvrage est consacré à la période contemporaine et traite du « Vercors célébré, patrimonialisé, visité ». L’auteur montre notamment combien l’histoire – même très récente – façonne aussi l’espace. « Jusqu’à la guerre, le massif préalpin que manuels et dictionnaires dénomment aujourd’hui Vercors [...] se compose en fait, comme le souligne le géographe Jules Blache, de “deux domaines qui se tournent le dos et sans appellation commune” [...]. D’un côté, au sud, le Vercors drômois ou Vercors historique [...] tourné vers Pont-en-Royans ou Die. De l’autre, au nord, les Quatre montagnes [...] tournées vers Grenoble » (p. 21). Aujourd’hui, ce que nous considérons comme le Vercors est un ensemble qui regroupe ces deux réalités géographiques, désormais indissolublement liées par les événements qui y ont eu lieu entre 1942 et 1944.
Enfin, cet ouvrage se termine par des annexes fort riches – notamment les différentes versions du projet « Montagnard » de Pierre Dalloz –, par une bibliographie et une filmographie complète sur le sujet et par une chronologie qui scande l’histoire du Vercors de 1940 à… 1999.
Quand on termine la lecture d’un tel ouvrage, on a envie de suggérer à l’éditeur d’adjoindre au livre un bandeau qui dirait à peu près ceci : « Si vous avez tout lu sur le Vercors, lisez donc Gilles Vergnon ! Vous y apprendrez des choses nouvelles. Si vous n’avez rien lu, lisez aussi Gilles Vergnon ! Tout y est. »
Claude Collin
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DIAPORAMA :

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Le Mémorial... |

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Accueil au mémorial de la Résistance... |

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Le colonel Martin et le prince Jean |

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Paysage... |

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Entrée de la Nécropole de la Résistance |

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Temps fort |

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Temps d'une pause conviviale... |

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Lever son verre à la santé des « anciens » |

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Des amis heureux de se retrouver. |

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Réalités d'un temps « européen »... |

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Le duc de Vendôme attentif... |

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En fin connaisseur, le général Pichot-Duclos... |

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Des affiches d'un temps qui se passe de commentaires... |
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