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Vive
la pêche !
Le Marché du sport se porte bien.
C’est la nouvelle claironnante que j’ai entendue ce matin
sous ma douche. Précision d’importance : si le Marché
du sport se porte bien, c’est grâce à la vente des
chaussures de sport, des « survêtements » et un peu
aux bicyclettes. A ces mots, j’ai tout compris ! Samedi dernier,
j’avais eu la chance d’être confronté aux peuples
sportifs de France, me rendant dans un hypermarché du Bourbonnais
pour acheter une boîte d’asticots… J’étais
en séjour de pêche chez un ami cher. L’hypermarché,
c’était un vrai stade ! J’étais environné
de sportives et de sportifs, des vrais aux survêtements «
fluo ». J’étais déclassé, faisant injure
avec mes godillots campagnards. Vous auriez dû me voir faisant triste
mine dans la queue conduisant à la caisse…J’étais
environné d’haltérophiles « pousses-cady ».
« Survêt » et baskets de marque…Des coureurs de
100 mètres portant des casquettes profilées vers l’arrière,
afin de courir plus vite. Des « rollers » pour courir encore
plus vite que les porteurs de casquettes…
A la caisse, avec ma boîte d’asticots, ma vareuse délavée,
mes croquenots crottés, j’étais dévisagé
de pied en cap. J’avais pourtant retiré mon couvre-chef,
mon vieux béret basque qui tressaille tout seul, sans vent, quand
passent les palombes…Sur toutes les lèvres, dans tous les
regards, je pouvais entendre : « un plouc, un péquenot, un
bouzeux… » J’avais le choix. Dans mon for intérieur,
je ruminais : « J’étais made in France, ils étaient
tous made in China, Taiwan… »
La pêche aidant ma rancune tomba et la nature dispensa sa manne.
Lors de la ballade, chevreuils, lièvres et lapins furent au rendez-vous.
Cols-verts, ramiers, et perdreaux apportèrent des cerises sur le
gâteau…
Tout était oublié sauf les bons moments d’amitié.
Il a fallu que je veuille rattraper un peu le retard dans mes lectures
pour que la rancune me reprenne.
« Le Figaro » du mercredi 24 mars 2004 m’offrait l’humeur
de Sophie Roquelle alors que j’espérais V.de Vézins.
Je n’ai pas été déçu !
Les étudiants en éducation physique et sportive ont manifesté.
Il y a dix ans ils étaient 5000. Aujourd’hui, ils sont 55000.
Il paraîtrait qu’il n’y a plus d’examens sportifs
à l’entrée des études en éducation physique
et sportive… Au programme de ces futurs professeurs, Sophie Roquelle
m’apprend qu ‘on leur enseigne l’art du « référentiel
bondissant aléatoire » et que c’est le ballon…
Ils doivent aussi être savant en « rhéologie unidimensionnelle
». Je vous épargne la suite. Je n’ai rien contre le
sport. Pensionnaire, le rugby était notre passion. Au lancer du
javelot, nous battions les légions romaines. Au lancer du disque,
les Grecs allaient se rhabiller !
Nous avions la chance de pouvoir tirer l’épée ou le
sabre. Nous étions tous mousquetaires ou corsaires !
Nos « tennis » cassaient deux pattes à un canard…Nos
survêtements étaient « uniformes ».
Sophie Roquelle tient les comptes : 780 postes seront offerts au prochain
concours du Capeps.
Je sens qu’il va y avoir du sport…
Vive la pêche ! Laquelle comme la chasse n’est pas un sport,
mais un art !
Simon de Quoisiry,
le mercredi 7 avril,
en ce jour du Mercredi-Saint, a.d. 2004
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