jeudi 04 décembre 2008

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J’ai fait l’effort…

J’ai été dupé. Grossièrement trompé. Je ne m’en prends qu’à moi, et c’est bienfait!
Si j’avais une excuse à invoquer, je ferais valoir qu’il est incorrect de monopoliser un petit marchand de journaux pour soi (c’est le magasin qui est petit). Afin d’essayer de comprendre le monde qui est autour de nous, la France et les Français qui nous sont, eux, très proches, nous essayons de lire la presse quotidienne, hebdomadaire et mensuelle. Nous lisons des revues parfois confidentielles. Nous tentons d’écouter des émissions de radio et nous sommes s’il le fallait, prêt à scruter les étoiles…
J’étais donc chez mon petit marchand de journaux (lui, c’est un grand gaillard fumant havane…)
J’avais déjà fait mon choix. Aujourd’hui je moissonnerai du « Marianne », du «Nouvel Obs » et du « Point ». J’avais pu constater ma réticence à prendre « L’Express ». C’est une vieille réticence.
Je me suis dit qu’il fallait faire un effort. Me retournant vers la « caisse », ma vieille réticence me collait encore aux mains. Une voix méfiante me disait : « Feuillette avant ! » Ce que je fis très vite. Stupeur. La fin de l’éditorial de Monsieur Denis Jeambar se présentait ainsi :
« Quand une nation ne sait plus ce qui la fonde et que son peuple s’interroge sur les principes qui le rassemblent, elle se déglingue. »
J’étais emballé. J’ai vite payé mon dû et je suis sorti précipitamment, impatient de découvrir la suite. Une fois chez moi, journaux et revues éparpillés sur le canapé, je me suis saisi avec gourmandise de l’Express. Il était daté du 26 janvier 2004. Je m’en souviendrais pour longtemps…Je relis encore cet éditorial dont la fin est :
« Quand une nation ne sait plus ce qui la fonde et que son peuple s’interroge sur les principes qui le rassemblent, elle se déglingue. »
Je me dois de vous lire le début : « C’était hier. C’était en 1989. La France célébrait avec fierté le bicentenaire de la Révolution de 1789 et affichait encore une croyance inébranlable en l’idéal républicain. Pour tenir debout, ce pays a besoin de certitudes et de rites. Ils sont le ciment d’un régime politique à nul autre pareil. Pas de Dieu, pas de trône dans notre credo national, mais une exigence laïque qui passe par des lois, des droits, des devoirs, des valeurs transcendantes – que résume le triptyque « Liberté, Egalité, Fraternité » - et des institutions dont la mission est de cultiver l’intérêt général. . . Pour naître, la France républicaine a dû vaincre bien des ennemis, et non des moindres, à commencer par la monarchie et les institutions religieuses.»
Je vous épargne la suite.
A en croire Monsieur Jeambar, la France est née en 1789. En 1989, la France affichait encore une croyance inébranlable en l’idéal républicain. Moins de vingt ans plus tard donc, les institutions républicaines, ces institutions qui cultivent l’intérêt général seraient incapables de défendre les principes qui rassemblent la Nation Française ?
Les Manantes et les Manants du roi vous répondent, Monsieur Jeambar :
« La France n’est pas née en 1789. La France est née, il y a bien longtemps, à Reims, à Bouvines, sur les routes d’Orléans, à Chartres… Les peuples de France savaient parfaitement, non pas ce qui fondait la France, mais autour de Qui la France s’était fondée !
Plus que jamais votre idéal républicain, Monsieur Jeambar, tue la France à petit feu, mais sûrement. Vos paroles ne sont même pas dignes d’un homme de 1789. Vos paroles sont celles d’un homme de 1791 et 1793, d’un homme de guerres civiles. Vos paroles font de vous un Robespierre de petite pointure. Puisse la France vous pardonner »

Les Manantes et les Manants du Roi, le 31 mars 2004,
en ce jour de la Saint-Amos et Saint-Benjamin.

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