jeudi 04 décembre 2008

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Si Versailles m’était conté…suite et fin

Je vous ai laissé involontairement, tout à mes pensées, assis sur un banc.
Le château n’est pas loin. La nature est à la fête à Versailles, elle fait écho au Jardin des Tuileries. De mon banc, je ne vois aucun canard, nulle palombe à l’horizon. Les corneilles sont à l’affiche. Elles sont bruyantes comme tous freux ou choucas à l’époque des amours. Elles virevoltent dans les hautes branches des arbres, au-dessus de ma tête. Leur répertoire me ravit. Un cri étrange attire mon attention. Un cri bref, répété. Il n’a pas la gravité du chant d’amour des corneilles. Est-ce un jeune, tout à son premier printemps ? Ce chant semble venir du sol, je cherche un oiseau noir, un peu gauche, sautillant sur le sol. Sans bouger de mon assise, je me penche et essaie de deviner l’oiseau sous des voitures garées en épis, sur la contre-allée. Le cri rebondit, se répercutant entre les carrosseries.
Je crois rêver : « Coockk-Coockk »
C’est l’appel d’un faisan…
Il apparaît alors, tête dressée, l’œil rond me fixe étincelant.
Je lui adresse des paroles rassurantes. Pris au dépourvu, je ne mesure pas le ridicule de mes propos. Il tourne la tête dans toutes les directions.
« D’où viens-tu bel oiseau ? »
Est-ce une « cocotte » survivante d’un lâcher si fréquent dans les fausses campagnes des Yvelines ?
Je lui montre la direction du château et de son parc. Au point où j’en suis…
Il semble attentif à mes paroles, et lance un dernier appel. Il piète sur 4 ou 5 mètres, se ramasse et s’élance droit vers la cime des arbres. Le bruit de son envol emplit mes oreilles, je le suis des yeux comme dans la mire d’un fusil.
Mes yeux me piquent…
Il fait un palier parfait et poursuit sa fuite dans un vol tendu. Droit vers le château.
A cet instant, j’ai su que ce n’était pas un faisan ordinaire. C’est un faisan descendant en droite lignée des faisans des « tirés » du Roi.
Un bon ami statisticien me dit que c’est impossible. Il confondrait, il est vrai, un faisan et une sarcelle… C’est un statisticien hors pair. Fort de toutes ses qualités, il s’attache à démonter ma certitude. Par dépit, je lui pose une vraie question, vraiment dans ses « cordes » : « Quelle chance avons-nous que des élections sorte un vrai mieux pour notre pays ? »
Au vu de sa moue, j’ai été rassuré.
Mon faisan a bien plus de chance…J’en suis sûr, par défi, intime conviction et en regard de la « statistique », il descend des « tirés » du Roi !

Portemont, le lundi 22 mars,
en ce jour de la Saint-Benoît, a.d. 2004

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