Des
bribes et des notes I
L’Europe unie s'est réunie
à Madrid. Le signe de son ralliement a été le Mouchoir.
Le Mouchoir pourrait avantageusement remplacer ce qui tient lieu de drapeau
à cette Europe qui s'est précipitée à Madrid.
Dans toutes les bonnes Maisons, de la ville ou de la campagne, on apprend
très tôt aux enfants à ne jamais sortir sans un mouchoir.
Toujours propre !
Jeudi 11 mars 2004, à
07h30.
Des bombes explosent dans un train qui ne partira pas. Il ne mènera
pas à bon port des enfants à leurs écoles, des travailleurs
à leur travail, des travailleurs immigrés même...
Tous resteront à quai dans l'horreur et dans le sang.
Gouverner c'est prévoir. Tous les gouvernants "éclairés"
le savent. Combien véritablement s'y attachent pour le bien commun,
pour la res publica ? La question est ouverte.
En Espagne, des gouvernants ont voulu prévoir.
L'échéance était proche, le compte à rebours
avait commencé.
Le coupable ne pouvait qu'apparaître sur le cadran de la pendule,
parfaitement identifié.
Jeudi 11 mars 2004, vers 09h.
La première déclaration officielle du gouvernement espagnol
désigne le coupable: C'est L'E.T.A.
Jeudi 11 mars 2004, vers 12h30.
Le Parti radical basque "Batasuna", parti interdit pour ses
liens avec L'E.T.A. "se refuse à envisager" toute participation
dans un tel attentat. Pendant ce temps s'égrène les chiffres
de l'horreur. Il faut une comptabilité sérieuse en toute
chose.
"Batasuna" évoque la filière islamiste.
Jeudi 11 mars 2004, vers 14h30.
Persiste et signe : Angel Acebes, ministre de L'Intérieur, prend
publiquement la parole: Il n'y a aucun doute quant à la responsabilité
de l'E.T.A.
Jeudi 11 mars 2004, vers 20h.
Les services de police découvrent non loin de la gare, théâtre
de cette monstruosité, une camionnette contenant sept détonateurs
et une cassette des versets du Coran. Il faut un manuel pour toute chose...
Jeudi 11 mars 2004, peu après
20h.
Tente de s'accrocher : Angel Acebes, toujours ministre de l'Intérieur
informe : La piste prioritaire demeure l'E.T.A, mais il faut rester prudent
et enquêter vers d'autres pistes...
Jeudi 11 mars 2004, peu avant
21h.
Le plancher des urnes se lézarde à mesure que l'enquête
avance.
Jeudi 11 mars 2004, 21h.
Un communiqué qui émanerait de Al Qaïda revendique
les attentats.
Vendredi 12 mars 2004
Les services de police annoncent avoir mis la main sur des explosifs et
un système de mise à feu d'une autre nature que celle utilisée
par les "Etarras"
Les services de police ne souhaitant pas passer pour des incapables, forcent
un peu la main, par leurs déclarations, à Angel Acebes qui
tente de surnager en reconnaissant que cette découverte "
ouvre de nouvelles pistes à l'enquête"
Persiste et signe : Le journal indépendantiste " Gara"
se fait le porte parole de l'E.T.A. qui confirme démentir : "
toute responsabilité" dans les attentats.
Samedi 13 mars 2004.
Trop tard. Le gouvernement espagnol joue désespérément
la "transparence" et informe à qui veut l'entendre que
5 suspects " trois marocains et deux indiens" ont été
arrêtés.
En soirée les peuples du royaume d'Espagne manifestent chagrin
et colère.
Dimanche 14 mars 2004, 01h00.
Le calice jusqu'à la lie. Angel Acebes, -futur ex-ministre de l'Intérieur
qui ne le sait pas- annonce la découverte d'une cassette vidéo.
dans laquelle le porte parole militaire d’Al Qaïda pour l'Europe,
revendique les attentats massacres qui endeuillent Madrid et toute l'Espagne,
et toute L'Europe.
Le réveil du lundi 15
mars 2004.
Les peuples du Royaume d’Espagne ont voté. Vous connaissez
la suite. Nous y reviendrons. Il faut du temps pour prier et pleurer les
morts.
Les peuples ont rappelé qu'ils existaient. Ils ont participé,
avec le seul moyen pacifique qui est à leur disposition, à
la vie politique de leur pays.
Si certains jugent que les résultats ne sont pas à la hauteur
de la situation, il faudra convenir d'autres moyens de participation.
Mais ne jamais oublier que les peuples existent et ont de la mémoire...
Portemont, le lundi
22 mars,
en ce jour de la Saint-Benoît.
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