Hommages et Opprobres
Hommages soient rendus à Madame Lucie Aubrac, résistante exemplaire de la première heure. Hommages chaleureux et admiratifs !
Est-ce toutefois nécessaire, en même temps qu’on l’honore, de jeter l’opprobre sur ceux qui ne l’imitèrent pas ? Traiter de défaitiste, comme le fait Chirouette, la grande majorité des Français, alors sonnés, désemparés – il y avait de quoi ! – par la pire des défaites, est injuste, ignare, et au fond assez lâche.
Le devoir de mémoire oblige à rappeler que cette défaite hallucinante, ignoble, répugnante, était le produit inéluctable de l’impotence de la République, régime point désagréable par beau temps, mais incapable d’assumer le destin national en cas de tempête. Rappelons aussi que Vichy ne fut pas la cause de la débandade, mais la conséquence.
Qu’on excuse ces rappels élémentaires, mais des révisionnistes, de Fauriston à Paxton, sévissent dans tous les sens et font régner sur cette époque confusions et occultations.
C’est que le nombre de post-résistants n’a cessé de croître depuis la guerre. On s’est moqué des résistants de la dernière heure, trop sévèrement, car j’en connais qui se firent tuer. En revanche les post-résistants pullulent sans risque, surtout dans les médias. Leur ridicule ne les tue pas.
Quel dommage que les générations d’après-guerre n’aient pas été au front à la place de leurs parents et grands-parents. Les nazis n’eussent eu qu’à bien se tenir !!!
Ah, ce ne sont pas les politiciens maastrichiens qui auraient collaboré au nom de la grande Europe !
Tous nos objecteurs de conscience, nos pacifistes, nos non violents, nos anti-militaristes se seraient battus à mort, eux, en Belgique, sur la Seine, dans Paris. La capitale, déclarée ville ouverte, une honte !
Plutôt la transformer en champ de ruines qu’en conserver le Champ de Mars intact.
L’armistice ? Quelle horreur ! Pour une fois qu’un général en chef décide d’arrêter le carnage, manque de pot, il a tout faux ! Ce carnage là est un bon carnage qu’il fallait continuer à tout prix.
Allez comprendre… On honore les mutins de 1917 qui voulaient cesser le combat, et on déshonore les généraux qui en 40 y mirent fin. Serait-ce une question de grades ?
Tous nos pacifistes actuels se montrent, a posteriori, d’héroïques jusqu’au- boutistes. Tous auraient entendu l’appel du 18 juin. Se seraient battus de la Loire à Marseille et de Marseille jusqu’à… Tamanrasset sans doute. Se seraient battus, tous les lecteurs du Monde, de Libé, de Téléramaquis, du Néobs, tous leurs journalistes, comme des légionnaires dans les sables chauds du Sahara où l’armée allemande n’aurait pas eu grand mal à les poursuivre, cela va de soi, puisqu’à peine un an après juin 40, elle bousculait l’Armée rouge jusqu’en Crimée…
Qu’il soit permis d’ironiser sur un sujet grave, tant on peut douter qu’avec les mentalités d’aujourd’hui la résistance eut été plus nombreuse il y a 67 ans.
Quoiqu’il en soit, ce n’est pas un président de la République qui attendit 12 années de mandat pour rendre justice aux combattants « indigènes », de donner des leçons de courage.
Les Manants du Roi ont la pudeur de ne pas jouer les héros anti-nazis. Cette comédie, qu’elle inélégance vis-à-vis de tous ceux qui affrontèrent réellement l’ennemi !
Nous préférons leur rendre hommage, à tous, résistants et combattants, gaullistes, royalistes, communistes, maréchalistes et à tous ceux qui tinrent tête d’une façon ou d’une autre. Merci !
Bernard Lhôte, le 30 mars 2007 |