Des
mots pour cacher les maux
Tous les gouvernements y ont recours.
La France, en Vème République, y excelle. Elle affiche
deux impératifs : « le patriotisme économique
» et le « plein emploi ». Il s’agit,
en vérité, d’une politique déclaratoire
destinée à faire avaliser l’anti-patriotisme
économique et la destruction de l’emploi.
En peu d’années,les gouvernements
successifs de la Vème République ont réussi
à faire travailler les Français pour le plus grand
profit des Allemands (Airbus Industrie), des Canadiens (déjà)
avec Péchiney, des Indiens (Arcelor), des Norvégiens
(Chantiers de l’Atlantique). Et voici qu’il faut ajouter
à cette « désindustrialisation »
nationale à la fois la Chine où demain, se construiront
les Airbus, et à nouveau, le Canada que la France hisse au
premier rang des industriels du ferroviaire au détriment
d’une entreprise française. Au nom du « patriotisme
économique », bien sûr et du « plein
emploi » puisque, la quête de profit aidant, les dirigeants
de ces activités délocaliseront sans mauvaise conscience
tant leur est indifférent le chômage des Français.
Le jour même où l’annonce
est faite de l’installation en Chine d’une chaîne
de montage d’un modèle de l’Airbus qui fait prime
sur le marché, l’on apprend l’aboutissement de
longues et discrètes tractations à savoir que la Société
Nationale des Chemins de Fer, la SNCF chère aux Français,
confie à une firme canadienne (germano-canadienne) le soin
d’équiper partiellement son réseau. En déliquescence,
l’Etat, avec l’argent des contribuables, n’a pu
trouver les 9 % du marché qui eussent permis à Alstom
de faire aussi bien, financièrement, que Bombardier. Nous
voici créant des emplois en Chine, au Canada et dans les
pays de l’Est européen où le Canadien disposera
d’une main-d’œuvre moins coûteuse. Déjà
onéreuse pour les Français, la SNCF fournira, en plus,
du travail hors de France.
Mais il faut rendre justice au gouvernement.
Si une de ses devises est « tout pour l’emploi »,
il n’a jamais précisé qu’il s’agissait
de l’emploi en France, ainsi que l’ont crû des
millions de naïfs. C’est à l’initiative
de Pékin, et celle de Montréal que Paris a livré
la gestion de l’emploi, du moins dans la seule journée
du 25 octobre. Il reste encore quelques activités industrielles
à brader. A la cadence qui vient d’être inaugurée,
il n’y en a plus pour longtemps.
Mordicus, Octobre 2006
|