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Le Bal des Fantoches…
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L’ami Woltaire en a vu des bals… Sur les parquets
dits de Versailles, les marbres froids des palais désertés
de la république, sur les planchers bancals, montés
à la va-vite dans nos villages libérés, je
crois même qu’il a bien aimé aussi la terre
battue de nos plus pauvres régions…
En fin connaisseur, il nous livre sa dernière « Fantaisie
réactionnaire »...
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Le Bal des Fantoches a tôt débuté.
Cela fait des années que Petit Julot s’entraîne à
la valse électorale, en se mirant dans la glace de ses yeux que
jamais il ne quitte du regard. C’est qu’il s’y trouve
beau, intelligent, courageux. Très beau, très intelligent,
très courageux. Tout à la fois César et un jules !
Marianne n’a qu’à
bien se tenir. Gourgandine déboussolée, ce serait un comble
qu’elle lui refuse une danse, la première, et sa main en
fin de soirée.
Madame Royal rayonne. Lorsque fillette
elle observait de la fenêtre de sa chambre les soldats du régiment
de son père à l’exercice dans la cour de la caserne,
elle s’imaginait qu’ils obéissaient aux ordres qu’elle
pépiait.
Bientôt les Gardes républicains
lui présenteront les armes aux marches du palais de l’Elysée.
Ne lui suffit-il pas de briller au
Bal ? Exploit facile, presque trop… ils sont tellement gauches,
tous ses cavaliers et proches concurrents, que leur marcher sur les pieds
commence à la lasser, un peu.
Grâce à elle la pauvre
pâle Marianne reprendra des couleurs.
Sont aussi déjà entrés
dans la danse : Verte Pimbêche, Nounours des Pyrénées,
Monolithe, Flamberge, Travaillence, Trottesky, et coetera… Et les
fourmis démangent les vieilles guibolles de Chirouette. Tout en
les étirant il interroge les courants d’air à tout
hasard – sait-on jamais ? – Des fois que l’un deux
lui fredonne un air de revenez-y pour un ultime tour de piste, macabre.
Le Bal des fantoches s’annonce
un grand succès. Pourtant les récompenses aux meilleurs,
à la reine ou au roi des danseurs, ne sont qu’une couronne
en papier mâché à Bruxelles et pour Trône, une
chaise percée par où se perd la souveraineté française
dans la fosse septique européenne.
Mais les prétendants à
l'élection présidentielle se pressent, car plus le pouvoir
est factice, moins il est lourd à porter, plus la musique en est
légère et plaisante à guincher.
Woltaire, le 28 octobre 2006
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