jeudi 04 décembre 2008

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Depuis longtemps ma bibliothèque ploie, menace de s’effondrer. Retrouver les livres aimés, les ouvrages utiles, les récits d’aventures et d’évasions ou les doctes traités, cela tient de l’exploit.
J’ai pourtant bien cherché, il y a quelques jours, un livre, un recueil, un fascicule, un opuscule, rien. Choux - blanc. Buisson creux.
À pas feutrés, presque honteux, j’ai discrètement sondé mon entourage, des êtres chers, des Manantes et des Manants de toujours, rien. Le vide.
Pris d’angoisse, je me suis relégué au rang de vieux. J’ai couru auprès de la Jeunesse, sans plus de succès !
Remonter le temps ! Mais bien sûr ! Mon parcours tenait des expéditions du docteur Livingstone. J’étais Henry de Monfreid naviguant en eaux troubles, Sherlock Holmes perdu dans la bibliothèque des Baskerville (chez eux on disait librairie…)
Des vieux « Messieurs » sérieux et graves m’ont reçu. A la dérobée, avec des chuchotements honteux, tous rideaux tirées. Je touchais enfin au port.
Ils en avaient. Ils en avaient eu, pour être exact : Au coffre, ou bien caché dans leurs bibliothèques… Parmi des ouvrages d’éducation chrétienne, des Vies de Saints, toujours délaissés par les voleurs… Puis ils les avaient vendus… Avec un bon profit.
L’emprunt « Giscard » !
Bien que déçu, j’étais rassuré. Je n’ai rencontré ni âme, ni esprit qui détenait dans sa bibliothèque le moindre ouvrage du candidat au nom d’emprunt, celui qui brigue le fauteuil de l’Académie Française, devenu vacant par la mort du Président Senghor, et jadis occupé par le Poète de Martigues…

Portemont, le 4 décembre 2003,
en ce jour de la Saint-Pierre Chrysologue.

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