jeudi 04 décembre 2008

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Les certitudes qui tuent…

Pour certains, la « République » a valeur de « Veau d’or ». Rien ne peut l’égaler.
En ces temps de campagne électorale, les certitudes assassines vont bon train.

La "République", esquisse d'Honoré Daumier (1808-1879), 1848, Paris, musée d'Orsay.

Monsieur François Asselineau n’est pas le dernier à nous les seriner, certes avec talent…
Conseiller de Paris et porte parole du R.P.F., Monsieur Asselineau s’interroge face à la situation dans laquelle se trouve notre pays ; il lance un vibrant « Que faire » et dresse un bilan :

« Nous sommes bientôt à un an de l'élection présidentielle et tout un chacun peut constater la déliquescence, sans précédent sous la Ve République, du gouvernement et de l'autorité de l'Etat.

A cette situation, que l'on peut espérer conjoncturelle, s'ajoute le constat, hélas plus structurel, d'une France qui se débat dans un chômage de masse, dans une morosité sans fin, dans une perspective d'avenir devenue totalement illisible.

Tandis que le monde évolue à toute allure, avec des nations qui, quelle que soit leur taille, défendent bec et ongles leurs intérêts nationaux, la France s'enfonce dans une "construction européenne" qui nous oblige à considérer comme secondaires les intérêts de la France et du peuple français.
Une "construction européenne" de plus en plus chimérique, avec 25, 27, 29, 30 Etats, on ne sait plus.
Une "construction européenne" de plus en plus dictatoriale, puisqu'elle ne se remet jamais en cause en dépit des référendums contraires.
Une "construction européenne" de plus en plus ruineuse, puisqu'elle nous coûte désormais - en net - plus que le budget de toute la diplomatie française chaque année.
Une "construction européenne" qui apparaît donc de plus en plus comme étant d'abord et avant tout une "démolition française".

Alors, que faire ?? »

Nous sommes nombreux à dénoncer depuis fort longtemps les chimères de la construction européenne. Les royalistes ont toujours été à la pointe du combat pour la souveraineté de la France. Ils ne se sont pas contentés de faire signer pétition sur pétition. Ils ont occupé le terrain de Nice à Paris.
Les querelles et les appétits en vue des élections, tant présidentielles que législatives et à terme municipales font oubliés la vraie question, la seule question qui mérite d’être posée :
Qu’importe-t-il de sauver avant tout ? La France ou la République ?

Et Monsieur Asselineau de poursuivre :

« Comme vous le savez, il existe en France un certain nombre de mouvements politiques ou de clubs de réflexion qui se battent pour promouvoir et défendre l'idée d'une France souveraine et indépendante, généreuse sans être naïve, à la fois ouverte sur le monde et fidèle à son identité et à son héritage pluriséculaire.

Seule la désinformation ambiante continuelle veut faire croire qu'il s'agirait d'une idée insensée proférée par des illuminés.
Car cette idée est tout sauf ringarde, extrémiste et saugrenue.

La preuve ? Parmi les 195 Etats-membres de l'ONU, il y en a 170 (soit 87%) où le gouvernement estime que son devoir est justement de se battre pour défendre la souveraineté et l'indépendance du pays.

C'est le cas même chez les plus petits d'entre eux, qui se développent parfois très bien, comme Singapour (4 millions d'habitants), l'île Maurice (1,8 million d'habitants), l'Islande (250.000 habitants), etc. D'ailleurs, comme le réclamait Jacques Chirac voici quelques jours, la France se bat aussi pour que l'on protège la souveraineté et l'indépendance de certains tout petits Etats, comme le Liban qui est grand comme deux départements français.

Et puis, curieusement, il se trouve une zone du monde, appelée "l'Europe", où une propagande, continuelle depuis 60 ans et surtout depuis 1992 et le traité de Maastricht, ne cesse d'affirmer que défendre la souveraineté et l'indépendance du pays est une vieille lune complètement dépassée. Cette étrange affirmation est celle qui prévaut dans 25 Etats sur les 195 de la planète, ceux qui sont lancés dans cette fameuse "construction européenne".

Précisons au passage que ce discours est, au fond, tellement irréel et tellement contraire à tout ce qui se fait ailleurs qu'il n'est même pas tenu uniformément partout chez les 25. On peut même dire sans exagération qu'un certain nombre des 25 Etats affirment mordicus le contraire : allez dire par exemple aux Britanniques, aux Tchèques ou aux Polonais que la souveraineté et l'indépendance de leur pays sont des choses démodées !!!

En bref, et sur la planète entière, il n'y a donc guère qu'en France - et peut-être aussi en Allemagne - que le fait de vouloir se battre pour la liberté, la souveraineté et l'indépendance de son pays soit à ce point dénoncé par les médias comme quelque chose de ringard, ou même pire : populiste.


Cette diabolisation permanente - chez nous - de ce qui mobilise l'ensemble des autres peuples - partout ailleurs dans le monde - ne peut pas se comprendre si l'on méconnaît le fait que la "construction européenne" obéit à un plan savamment orchestré qui vise à satisfaire les intérêts géopolitiques des Etats-Unis, notamment en ligotant la France et son pouvoir de nuisance. Tous les relais d'influence atlantistes n'ont de cesse que d'empêcher la France de remplir son rôle historique naturel, qui est celui d'être la Nation-contrepoids-moral-aux-Empires. D'ailleurs, que fut De Gaulle sinon, justement, l'incarnation de la Nation qui dit Non à l'Empire dominant, qu'il s'agisse successivement du Reich hitlérien, de l'URSS stalinienne ou des Etats-Unis.

Par sa langue, son passé, son universalisme, son histoire prestigieuse, sa francophonie, la France a toujours été une "empêcheuse de tourner en rond" pour les Empires et les grandes puissances du moment et c'est justement cette vocation-là que la construction européenne a pour objectif de casser.

C'est pourquoi les mouvements et des clubs de réflexion qui qui se battent pour promouvoir et défendre l'idée d'une France souveraine et indépendante en viennent tout naturellement à se battre également pour ne pas voir la France se laisser vassaliser et engloutir dans un "glacis" fédéraliste euro-atlantiste.

Parmi ces mouvements - de taille, d'opinion et d'influence diverses - situés politiquement plutôt à droite mais refusant tout extrémisme figurent le RPF (Rassemblement pour la France), le RIF (Rassemblement pour l'Indépendance et la Souveraineté de la France), DLR (Debout la République), Nation et Progrès, le cercle Nation et République, le Forum pour la France, VLR (Vive la République), l'ARN (Alliance pour la Résistance Nationale), le Cercle Jeune France, etc., de même que de certains membres de l'UMP qui essaient d'infléchir de l'intérieur ce grand parti politique.

Cette énumération mériterait d'ailleurs être étendue à d'autres mouvements, considérés comme politiquement à gauche, qui partagent un grand nombre de valeurs et d'objectifs communs. Je pense tout particulièrement au Comité Valmy ou aux amis du journal Bastille-République-Nations, qui défendent, eux aussi, l'idée selon laquelle il n'est pas de démocratie ni de progrès social qui puissent exister en dehors du cadre fondamental de la nation.


Pour tous ceux qui pensent ainsi, ce foisonnement de mouvements est un formidable gage de richesse, en termes d'idées, de dévouement et d'action militante. Il entraîne des milliers de militants et sympathisants à agir au quotidien - parfois sous les quolibets -, pour expliquer autour d'eux les erreurs et les pièges de la pensée unique eurofédéraliste, pour montrer, chiffres et faits à l'appui, en quoi la France s'est lancée dans une impasse historique ; enfin, pour faire valoir d'autres pistes d'action et d'espoir que celles assénées 24h/24 par la quasi-totalité de nos medias. »

La démonstration est-elle neuve ? La Nation est-elle sortie d’un chapeau de magicien ou d’un quelconque képi ?

La Nation est l’essence même de la France. La dernière des libertés du plus pauvre des pauvres, c’est l’indépendance de la patrie. Cette évidence était partagée par des hommes aussi différents que Jean Jaurès ou Charles Maurras… Et des hommes tels que Jacques Renouvin ou Honoré d’ Estienne d’Orves sont morts pour cette liberté.

Monsieur Asselineau et nombre de ses amis ou compagnons de route, n’ont de cesse de se référer à la France, « à la fois ouverte sur le monde et fidèle à son identité et à son héritage pluriséculaire. »

Fort bien, mais à bien y regarder, leur France incontournable n’ a pris naissance qu’ après 1789 et leur référence est avant tout la France issue de 1793…, sans mettre en cause la sincérité de nombre de nos amis souverainistes.

Mais il serait temps d’ouvrir les yeux. La République, Cinquième ou Sixième nous conduit dans le mur.

Portemont, le 4 juin 2006.

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