jeudi 04 décembre 2008

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La racine des mots est parfois terrible…

Qui prie pour obtenir un emploi précaire ? Personne !
Et précaire vient du latin « precarius », « obtenu par la prière ».
Par les temps qui courent, il faudrait choisir des mots qui redressent, qui bombent les torses…
Comment galvaniser la jeunesse avec un mot tel que flexible ?

Un valeureux serf !

Flexible : « qui se courbe, se plie… »

Précarisation et flexibilité ne peuvent que nous conduire dans le mur.

Nous n’entendons pas travestir la dure réalité. Il faut simplement changer de mot.

Pour plus de sécurité, je n’en vois qu’un : Servage ! Là, au moins le travailleur est attaché à sa terre, faisons de même à l’usine.

Il sera enchaîné à son atelier, à son établi. En toute sécurité ! Nous n’entendons pas modifier les lois relatives aux conditions de sécurité.

Nous parlons, juste du contrat de travail…

Et par souci des générations futures, il va de soi que le servage sera héréditaire. Enfin, les parents seront rassurés quant à l’avenir de leur progéniture !
Plus de délocalisations !

Jadis, un des privilèges de la jeunesse était ce goût, parfois démesuré, pour l’aventure.

A quel spectacle avons-nous assisté ? A des défilés de faux jeunes, vieux depuis toujours, fils et filles de vieux qui ont applaudi en son temps quand nous étions un pays à la pointe du progrès. Souvenez-vous : Nous avions un « ministre » secrétaire d’Etat au Temps Libre !

Vous me pardonnerez ce moment de fort mauvaise humeur…
Mais nous payons des années de mensonges, de singeries, d’hypocrisies et de clientélisme : apanage des démocraties moribondes.

Léon Areva, le 2 mai 2006.

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