J’ai beau me répéter qu’il ne faut pas jeter
le bébé avec l’eau du bain, certains jours le petit
écran passerait par la fenêtre.
Le lundi 4 avril 2005 était de ces jours…
Vers 13h30, je dardais un œil distrait sur la « 2 ».
Ne me demandez pas le nom de l’émission ou du présentateur.
Toujours est-il que ce professionnel recevait deux personnalités
invitées à s’exprimer sur l’affaire du «
Drapeau ».
Encore une fois notre beau pays connaît une affaire de «
Drapeau » !
Nos trois couleurs mises en berne par la République, vous n’y
pensez pas !
Un véritable crime de lèse laïcité. Et pour
un Pape ! Toujours la même chanson qui résonne du fond
des loges…
Revenons dans le petit écran. Je reconnais immédiatement
notre toujours sémillant Académicien Jean d’Ormesson.
Il ne prend pas la parole en premier. Celui qui ouvre le feu est un
homme jeune-mûr, bien mis de sa personne. L’animateur le
présente et précise qu’il est catholique et pratiquant.
Christophe Girard puisque tel est son nom, acquiesce sans plus. Sur
l’écran, avec son nom est précisé qu’il
est adjoint la mairie de Paris. Sans plus.
Christophe Girard est offusqué. Le Drapeau en berne est une atteinte
aux frontons des écoles et des mairies qui rayonnent de la belle
devise républicaine : « liberté, égalité,
fraternité ».
Je vous passe la réplique de notre Académicien, en grande
forme ce jour-là !
Tout le monde connaît Jean d’Ormesson et son sourire toujours
malicieux éclairé par le bleu de ses yeux toujours jeunes…
Mais qui connaît Christophe Girard ? Je ne le connaissais pas.
Il a fallu que notre fin limier de François Saint Roch m’éclaire.
Christophe Girard est un homme brillant qui parle japonais. Ancien directeur
général adjoint de « Saint-Laurent », il serait
actuellement directeur de la stratégie chez LVMH. Tout cela vous
pose un catholique !
Il est entré en politique chez les Verts en 1998 et fut candidat
aux élections européennes de 1999 sur la liste de Daniel
Cohn-Bendit. Mais son heure de gloire date de 2001, en étant
second de la liste des Verts aux municipales de 2001 dans le 4e arrondissement.
Depuis cette date, il est adjoint au maire de Paris, chargé de
la culture.
Beau parcours d’un cadre dirigeant et performant, qui plus est
engagé dans la politique. C’est louable. Nous respectons
les hommes de conviction.
De convictions, Christophe Girard n’en manque pas. Il est membre
de soutien de Act-up Paris, ProChoix, Centre gai et lesbien, SOS Homophobie
et du Festival gay et lesbien. Il a soutenu Mamère dans le mariage
de Bègles et est un des penseurs de «La Nuit Blanche »
qui devait décoincer Paris.
En deux mots, Christophe Girard est un actif militant qui affiche son
homosexualité comme un drapeau et ne le porte jamais en berne…
Il y a de la bravade et du courage chez cet homme qui fait de l’affichage
de sa vie privée un acte politique. Soit. L’homme a ses
convictions.
Il les affiches sur le site « comingout ».
Aussi le journaliste qui présentait l’émission ne
pouvait ignorer qui était Christophe Girard.
Il s’est bien gardé de le présenter autrement que
par « catholique, pratiquant ». Les téléspectateurs
apprécieront ! Et si j’ai à la fois mal vu et mal
entendu, n’hésitez pas à me le faire savoir.
Léon Areva, le 6 avril 2005,
en ce jour anniversaire de la mort en 1252 de l’inquisiteur général
Pierre de Vérone. Il fut poignardé dans le Languedoc par
un cathare dont il avait fait périr la famille.
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