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Tous les
percherons pleurent à chaudes larmes…
Dans le Perche, ils avaient tout prévu.
Des gens sérieux. Et donc ils avaient obtenu un bel arrêté
en date du mois de février 2004, visa du Préfet
(pas la carte Visa…)
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«
VU le Code de l'Environnement, notamment le livre V de sa partie législative
;
VU la loi 92.3 du 3 janvier 1992 sur l'eau modifiée ;
VU le décret n° 77-1133 du 21 septembre 1977 modifié
pris pour l'application du titre 1 er du livre V du code de l’environnement ;
Vu le décret n°53-578 du 20 mai 1953 modifié constituant
la nomenclature des installations classées pour la protection de
l’environnement ;
VU l'arrêté ministériel du 2 février 1998 relatif
aux prélèvements et à la consommation d'eau, ainsi
qu'aux émissions de toute nature des installations classées
pour la protection de l'environnement soumises à autorisation.
VU les prescriptions légales et réglementaires relatives
à l'hygiène et la sécurité des travailleurs
imposées par le livre II du Code du Travail et les règlements
s'y rapportant ;
VU le récépissé de déclaration du 17 avril
2001 en vue de l’exploitation par la conserverie du Perche d’un
atelier de préparation de produits alimentaires d’origine
animale et végétale.
VU la demande formulée par la S.A. Conserverie du Perche en vue
d’être autorisée à exploiter une unité
de fabrication de plats cuisinés appertisés à Nogent
le Rotrou, parc d’activité de l’Aulnay » Etc…
Etc…
«
A R R Ê T E :
Article 1 er - La S.A. conserverie du Perche est autorisée à
exploiter au parc d’activité de l’Aulnay sur la commune
de Nogent le Rotrou une unité de plats cuisinés appertisés.
L'installation sera située, installée et exploitée
conformément aux plans et au dossier joints à la demande
d'autorisation sous réserve des prescriptions du présent
arrêté. »
C’est beau et noble d’être
en règle avec les lois de la république, revues et corrigées
par l’Euroland…
J’avais quelques difficultés pour apprécier à
leur juste valeur les petits plats cuisinés appertisés…
Ma bonne grand-mère n’étant plus de ce monde, j’ai
perdu un peu de temps pour découvrir que « appertisés
» signifiait tout bonnement stérilisés ! Du coup la
bonne odeur des coulis de tomates que nous stérilisions avec ma
grand-mère dans de grandes lessiveuses m’est remontée
dans les naseaux et je me suis mis à hennir comme un bon percheron…
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J’avais une pensée émue pour ce bon et brave
Nicolas Appert, ancien officier de bouche de la Princesse de Forbach,
ancien confiseur rue des Lombards à Paris en 1780.
Je louais son génie qui lui valut de gagner en 18O9, un
prix de 12000 francs lors d’un concours pour la mise au
point d’un procédé de conservation des aliments
destinés à l’armée
(Vous voyez que l’armée a du bon !).
J’étais admiratif de son désintéressement
qui lui fit oublier de déposer son invention et lui permis
de mourir dans la misère…
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Dans ma tête, le Perche fleurait
bon grâce à ce bon Nicolas.
Et voilà que Charlotte, notre Charlotte qui apparaît et disparaît
sans crier gare me gâche les oreilles, qui sont chez le Percheron,
petites et graciles…
Tout à mon chagrin, je vous livre les dernières nouvelles
de Charlotte.
Portemont
« La Conserverie du Perche,
qui fabrique à Nogent le Rotrou des "plats cuisinés
appertisés" à base de viande, a décidé
de se moderniser.
Elle passe à la "globalized food" et s'appellera désormais
"Cook Inov".
Nous sommes charmés par cette mutation tant
linguistique que gastronomique. Avec une telle enseigne, la petite ville
de Nogent l'Euro Trou cessera d'être un trou pour devenir le véritable
"food processing center" dont le Perche avait tant besoin. Il
y a tant de Bush à nourrir !
Hi, "Cook Inov" ! Nos gens vous souhaitent
un gros trou en euros dans vos caisses, beaucoup de listeria dans votre
hystérie, de salmonelles dans vos sales gamelles et des streptocoques
dans vos restos Cook. Bon appétit ! »
Charlotte Corday, le dimanche
13 mars,
Dimanche de la Passion, a.d. 2005
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