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Vous avez raison de regretter…

Vendredi 30 juillet 2004

Après un petit-déjeuner copieux qui se répètera tout au long de notre séjour, à 9h30 Michel ouvrit le bal : « Quelles idéologies aujourd’hui ? Penser le changement. »

Retenons que les changements auxquels nous assistons sont une opportunité du point de vue de nos objectifs. Pour cela il faut comprendre le monde des signes (Sociologie des représentations). Une fable de La Fontaine est aussi vraie que les pages jaunes de l’annuaire téléphonique !
Nous assistons à la chute de ce qui était l’obstacle majeur à notre combat : l’idéologie du progrès. Pendant près d’une heure trente, Michel a mis sur le feu : Mythe de l’Histoire et Mythe du Progrès. Les « agents » subversifs ont été démasqués, tous héritiers de Joachim de Flore. Les « résistants » ont été présentés : Burke, Chesterton, Taine, Joseph de Maistre, Maurras, Evola, Guénon ; Michel nous précisant que certains d’entre eux eurent plus de difficultés que d’autres à résister à l’esprit de leur temps : « nous n’échappons pas à notre époque… »
Sur un mode incantatoire, nous sommes passés de la Démocratie à la Démocratie moderne, de la République à la République des valeurs… L’individualisme devient triste. Le désir communautaire redevient central.
La fonction « Espérance » est en déshérence. L’avenir a remplacé le Ciel. L’avenir est mis à mal. A « la roulette des valeurs », il faudra bien que « l’Espérance », dans l’ordre politique, retrouve sa place. La carte du réalisme est toujours à exploiter. Osons la ramasser.
L’idéologie dominante n’est pas nécessairement partagée par le plus grand nombre.

Qui oserait, aujourd’hui, ouvrir sur la place du village, un débit de boissons sous le nom de : « Bar du progrès » ?
Vous imaginez aisément les commentaires des Manantes et des Manants… et de toute l’assistance !

Nous nous remîmes des débats autour d’un apéritif, reprirent des forces grâces aux nourritures terrestres de Christiane et de Jean, et furent tous en position à 15 h pour : « La France qui change : la démographie. »

Philippe, pendant quelques instants, fut pris pour un éminent égyptologue. Nous accédions toutes et tous aux plus grands secrets de la Pyramide !
Bonne nouvelle : la pyramide des âges n’est pas en aussi piteux état qu’on veut bien nous le dire. On nous ment, un peu, beaucoup, sur l’avenir des caisses de retraites… Les « vieux » et les « demi-vieux » sont légions. Les « jeunes » ont du souci à se faire…

Disposant d’un carquois bien garni, Philippe a illustré sa magistrale conférence d’une chansonnette. Philippe a un bel organe !
La version officielle du programme retiendra : 17h Pause et temps libre… Vous parlez d’une pause !
Les batteries rechargées par les soins de Christiane, les esprits bouillonnants, toutes et tous nous attendions l’arrivée du Résistant. Un message crypté nous parvenait : le Résistant, fidèle à sa réputation, prenait des chemins dérobés pour semer les adversaires. Il nous rejoindrait demain.

Olivier fit concurrence un bref instant à Obélix (vous savez, quand Obélix retient sa respiration et devient tout rouge…)
La fraternelle colère s’évapora.

David le Preux redressa la situation. Il tenait sous cape quelques feuillets de son cru.
Transcendance et Homme sans tête. Le Captal de Buch aurait dit : « Cap de Dioù ! »

Il n’y a pas « d’opinions » qui ne tienne face à David. Jean, notre hôte, pressentit les affres qui nous guettaient. Il nous rassura : « J’ai une photocopieuse, tous ceux qui le désirent en auront un exemplaire… » Imaginez le soupir qui s’en suit !
La version officielle en restera là. Sachez toutefois, sous le sceau du secret, que les plus courageux envisagèrent d’escalader la montagne proche, afin de lire le message de David le Preux, en son sommet. Courageux, mais pas téméraires, ils renoncèrent par crainte d’entrer en lévitation, ou pris d’une sainte colère de partir à l’assaut de la bonne vieille ville de Grenoble !
Nous gardons toutes et tous ces ardents feuillets sur le cœur, munitions pour l’avenir.

Il « incombât » à Marc (Portemont) de dresser un rapide bilan sur l’épopée des «  Manants du Roi »
La petite troupe des Manantes et des Manants se mit en marche, à marche parfois « forcée », il y a moins d’un an.

Il n’était pas question de glisser dans l’autosatisfaction. Claude (Vartot) épiça le sujet de quelques statistiques et tous mesurèrent la somme des travaux accomplis. Il y a le visible et l’invisible. Toute la part de « l’invisible » revenait, à juste titre, à notre factrice, receveuse des postes, chargée des télécommunications, chargée des ménages (du site), préparatrice des couleurs, et ne l’oublions pas : victime de ce premier succès.
La nuit était fort bien avancée. Elle était belle. Elle fit un clin d’œil aux plus jeunes…
La version officielle retiendra que toutes et tous prirent le chemin d’un bon lit.

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