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Pendant des siècles, pour tous
ses visiteurs, la France, le royaume de France, était un jardin…
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Un homme maintient la grande tradition du Français Jardinier.
Il est connu de tous. Si, comme au Japon,nous reconnaissions des
hommes ou des femmes « Trésor national vivant »,
Nicolas en serait…
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Entretien avec «
Nicolas le Jardinier », pour « les Manants du Roi ».
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Commandeur de l’Ordre national du Mérite et du Mérite
agricole, celui que tout le monde connaît au travers des
médias et notamment au travers de la télévision
sous le nom de « Nicolas le Jardinier », est un amoureux
de la vie et symbolise un certain art de vivre tellement Français.
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De sa longue carrière médiatique,
on retiendra que 1955 à1977, Nicolas « le jardinier »
est rédacteur en chef de l’hebdomadaire Rustica, et que de
1970 à 1998, il anime plusieurs émissions sur Europe 1.
Côté télévision, c’est entre 1977 et
1980 que Nicolas le Jardinier se voit confier plusieurs émissions
sur TF1 : « La maison de TF1 » ou encore « Ravi de vous
voir ».
Il nous a reçu pour nous expliquer
sa façon très personnelle qu’il a de cultiver son
jardin… Nicolas « le jardinier » est notamment l’auteur
aux « Editions Atlas » de « l’Encyclopédie
de jardinage » : « je jardine avec Nicolas » et du «
grand fichier de Nicolas ». Aux « Editions Michel Lafon »,
il a publié : « Jardin secret, secret de jardin ».
« Les Editions Rustica » ont publié « La table
de Nicolas » et « Mon Jardin ». C’est aux «
Editions Desclée de Brouwer » que « Nicolas le jardinier
» à publié « La foi du jardinier ».
1- Comment expliquez-vous le regain d’intérêt
pour les Français à l’égard du jardinage ?
De nouvelles « jardineries »
naissent chaque année. Cela tend à prouver l’engouement
des Français pour le jardin. A mon sens, ce jardin est surtout
intérieur. C’est celui de la maison. La “consommation”
des fleurs coupées, celles des plantes en pot a connu une progression
exponentielle. Avant 1945 les Français vivaient au sol. Depuis,
ils vivent en citadins, en hauteur. Rempoter un géranium c’est
jardiner. Les amateurs sont légions.
Plus la terre s’éloigne, plus le besoin de s’en rapprocher
se fait impératif. C’est une recherche de compensation. Les
groupes de jardins familiaux (jadis ouvriers- comme si les ouvriers étaient
disparus) bénéficient de cet engouement. La ligue du «
Coin de terre »* peine à satisfaire tous les postulants.

2- Comment, selon vous, le regain
d’intérêt des Français pour leur environnement
s’explique-t-il ?
La fréquentation de la terre
est apaisante. C’est l’antidote du stress. Plus notre mode
de vie est artificiel plus le besoin de concret se fait sentir. Le “tout
intellectuel” vaut sécheresse, déshumanisation. Au
jardin, la réflexion précédant l’action met
en mouvement l’esprit et le corps. L’expérience sur
le terrain : réussite comme échec, valorise l’individu.
Confondus par les médias dans les “consommateurs” anonymes,
la femme, l’homme, retrouvent leur noblesse.
3- En quoi la défense
de l’environnement va à l’encontre de la modernité
?
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Se soucier de l’environnement est à la mode. L’arbre
est divinisé, l’abattre est crime. Pourtant il faut
pourvoir à son remplacement avant qu’il meure.
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L’air est pollué, supprimons
donc les moteurs à explosion. Les centrales atomiques sont potentiellement
dangereuses, faisons les disparaître même si elles assurent
notre indépendance énergétique.
Tout ce qui concourt à notre moderne confort génère
des nuisances. Evoquons, pour mémoire, l’angoissant problème
de nos déchets et ordures. Leur élimination est d’ores
et déjà un problème majeur. La défense de
l’environnement est une dialectique. Pour poursuivre leur marche
en avant (au mépris de la nature) les pays riches, industrialisés,
pourraient, dit-on, acheter aux pays pauvres leur pauvreté, leur
dénuement exempts de pollution.
4- Où en est cette tradition
très française des parcs et jardins ?
Les Français se veulent maîtres
es jardins. Les Anglais, avec raison, se veulent meilleurs jardiniers.
Nous vivons sur l’excellence des jardins “à la française”.
Tout y est organisé, ordonné. C’est l’antithèse
du jardin anglais qui cultive une apparente liberté. Les très
grands parcs et jardins illustrent « l’ancien régime ».
Les grandes réalisations actuelles sont incapables de faire oublier
la transformation du paysage rural au profit de l’urbain.

5- On parle de plus en plus
de “produit Bio”, pour vous est-ce une bonne chose ?
Oncle Juste, jardinier émérite,
était chasseur. Le long du ballast de la petite voie ferrée
(Oulchy Brény- La Ferté-Milon*) il m’emmenait avec
son chien. Il connaissait les hôtes de la ligne.
Chaque terrier lui était familier. De temps à autre,
lorsqu’il était dans « le besoin », il
tirait un lapin -jamais deux. De bien des animaux, il savait les
retraits.
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Des oiseaux dans les grands peupliers,
ou les fourrés, il identifiait les nids. C’était,
cet homme-là, un biologiste. Il cultivait la vie. Il était
biologiste animal avec les animaux, végétal avec les végétaux.
Il était humain, humaniste.
Pour la culture et ses produits, il en va de même. Demander à
la terre ce qu’elle peut offrir, sans la forcer, est licite, méritoire.
Tous les artifices destinés à exploiter le sol sont générateurs
de profits; faut-il donc supprimer le profit pour être honnête
?
Nécessairement, on devra composer.
Vivre de l’air du temps est utopique.
Les chartes de qualité se multiplient. Qui contrôlera leur
observance si, à la base, on néglige l’honnêteté
? Elle seule peut garantir la qualité biologique !
6- Pour vous que représente
le Jardin ?
Le jardin est l’espace privilégié
de liberté, d’initiative.
Pour échapper, tant soit peu, à l’enrôlement
auquel nous soumettent les bien pensants, bien disants, cultivez votre
jardin !
Propos recueillis par François
Saint-Roch, le 23 février,
en ce jour de la Saint Pierre-Damien, a.d. 2005.
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Et un grand merci à
Nicolas, à qui nous offrons humblement quelques «
Lys d’or » de notre jardin…
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