samedi 22 novembre 2008

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Nous le saluons avec un pincement au cœur…

Et nous lançons « Vive la Royale » !
Fin mai 2007, le croiseur « Colbert » devrait prendre l’océan pour regagner Brest…

Le Clémenceau, le BCR Var et le Colbert

C’est à Brest que notre croiseur légendaire a vue le jour. Entré en service en 1959, il était désarmé en 1991. C’est donc pendant plus de trente ans qu’il a porté fièrement le nom de Colbert sur toutes les mers et les océans.

Les Français prendront-ils un jour conscience de tout ce que nous devons à Jean-Baptiste Colbert ? Sa carrière est associée au règne de Louis XIV auquel il donna les « armes » de grandeur indispensable.

Dès 1660, il s’intéresse à la marine et très vite cumulera les plus grandes charges du royaume : Surintendant des Bâtiments en 1664, contrôleur des Finances en 1665, secrétaire d’Etat à la Maison du Roi en 1668 et secrétaire d’Etat chargé des Finances, des Beaux-arts, des Travaux publics et de la Marine en 1669.

Des chiffres parlent d’eux-mêmes :
En 1661, la flotte royale est de 18 bâtiments. En 1683, elle est de 276…

Jean-Baptiste Colbert fit agrandir les ports de Brest, de Toulon et créa Rochefort. Il fit transformer Dunkerque. Et que dire de son organisation de la Marine ! Les ordonnances du commerce en 1673 et l’Ordonnance de la Marine de 1681 témoignent de son souci des intérêts de la France. Nous lui devons le régime de l’Inscription Maritime et la Caisse des Invalides.

C’est grâce à lui que la France put rivaliser avec les compagnies de commerce anglaises et hollandaises.

Le « Colbert » fut un beau bâtiment portant un grand nom !

A vocation principale de protection antiaérienne, de 1959 à 1970 son artillerie était commandée par des radars stabilisés à poursuite stabilisée. Il pouvait aussi en configuration de transport rapide embarquer 2400 hommes.

Avec un équipage de 70 officiers, 150 officiers mariniers et 748 hommes, il pouvait filer à 32 nœuds et franchir une distance de 4000 nautiques à 25 nœuds.

Dans les années 70, une bonne partie de ses canons étaient remplacée par des missiles « Masurca ». sa carrière prenait fin en 1991 et  en1993, notre croiseur était transformé en musée flottant à Bordeaux. La concession entre l’Etat et l’association des « Amis du croiseur Colbert » arrive à échéance en juin 2007 ne sera pas renouvelée. La municipalité de Bordeaux souhaitant le départ du « Colbert » et le musée étant fermé depuis 20 octobre 2006 par ordonnance du maire de Bordeaux, le croiseur devenu un corps mort de 181 mètres de long fera un demi-tour dans Bordeaux avant son chanalage vers l’Atlantique.

Le navire restera propriété de la Marine nationale jusqu’en 2010, c’est-à-dire jusqu’au désarmement de la Jeanne d’Arc. En effet, livré 7 ans avant la « Jeanne », notre croiseur sert de réserve de pièces détachées pour le navire- école.

Après quelques « révisions »,  le « Colbert » ira au mouillage dans le « cimetière » de bateaux de Landévennec dans l’estuaire de l’Aulne pour la plus grande joie des touristes. Le « Colbert » rejoindra les escorteurs d’escadre Duperré et La Galissonniaire, l’aviso Détroyat et l’aviso escorteur Enseigne de Vaisseau Henri. Mais il entrera aussi dans la filière de déconstruction des navires en fin de vie et deviendra un simple numéro de coque : Le C 611…

Le dernier croiseur construit en France, celui-là même qui en 1967 avait emmené le général De Gaulle au Canada ( « Vive le Québec libre ! »)… ne sera bientôt plus qu’une page d’histoire. Nous lui rendons hommage : « Vive la Royale ! »

Et que l’association des « Amis du croiseur Colbert » soit assurée de toute notre sympathie.

Découvrez la belle histoire du « Colbert » en visitant le site :
http://croiseurcolbert.free.fr

Portemont, le 4 mai 2007

Le départ des cendres du maréchal Lyautey à Casablanca, le 22 avril 1961.

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