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En voulez-vous
?
Monsieur le ministre de la Culture
a présenté le 17 novembre, une première proposition
d'importance.
L'Etat entend se dessaisir d'une partie des 442 monuments historiques
qu'il possède à ce jour. Bon prince, il offrira aux collectivités
locales qui le désireront, la possibilité de gérer
- et donc d'entretenir - une première liste de 162 bâtiments
ou sites… Pour l'instant l'Etat conservera les 87 cathédrales
et les grands établissements publics, ainsi que les cimetières
militaires (!), les résidences royales (!!) et autres…
Mais les églises romanes et de nombreux lieux moins évocateurs
à notre mémoire nationale seront disponibles, si les collectivités
locales le souhaitent, telles les portes Saint-Denis et Saint-Martin (Elles
avaient été érigées en l'honneur de notre
Roi Louis le Quatorzième)…
Monsieur le Premier ministre, qui se rendait le 18 novembre 2003 au congrès
de l'Association des maires de France, était accueilli par des
sifflets et quelques huées de la part d'élus locaux inquiets…
Pour eux l'avenir est flou, sombre et incertain.
Seule certitude devoir augmenter les impôts! Même le maire
du Havre, Monsieur Antoine Ruffenach, pilier de la chiraquie déplorait
: « La loi est compliquée.
On n'y voit plus très clair... »
La loi, c'est la loi constitutionnelle de décentralisation…
la loi sur l'autonomie financière.
Nous n'évoquerons pas aujourd'hui le problème des compétences…
Au moins pour Monsieur Jean-Jacques Aillagon, ministre de la culture,
l'horizon est-il serein ! A la question de savoir si les communes, les
départements ou les régions auront des sous (à cette
hauteur je dois dire des écus) pour prendre en charge le patrimoine
ainsi « offert », la réponse aura été
limpide : « Nous ne nous sommes
pas encore posés cette question, nous avons préféré
commencer par établir la liste des monuments transférables.
»
On se croirait dans une équipe de football ! Même si les
« transferts » sont gratuits, il y a des mots qui écorchent
les Manants.
Nous ne sommes pas opposés à ce que les Provinces de France
prennent en charge leur patrimoine. Mais ne perdons pas de vue, qu'il
s'agit aussi du patrimoine de toute la France.
Dans le « paysage politique » actuel, nos craintes sont grandes.
Il faut se souvenir de la fièvre mégalomaniaque de certaines
régions. Leurs « Hôtels » sont encore là
pour nous le rappeler, et en son temps leurs parcs automobiles aussi…
Le fond du problème est que l'Etat aimerait bien se débarrasser
d'un patrimoine dont l'entretien est fort onéreux.
La révolte gronde au sein du Groupement français des entreprises
de restauration des monuments historiques : Le ministère de la
Culture « n' a plus d'argent
pour régler les travaux en cours dans la moitié des régions
de France ».
Au total les factures impayées atteindraient 40 millions d'euros
sur toute la France, dont 3,4 millions en Ile-de-France.
Monsieur Olivier Picaud ( tailleur de pierres), dont l'entreprise travaille
à la restauration de Notre-Dame-de-Paris déclare : «
Je vais interrompre les travaux en janvier si je ne suis pas payé
d'ici là. Fin octobre nous avions 150 000 euros de créances
impayées et cela devrait atteindre 200 000 euros d'ici fin décembre.
En fragilisant ma trésorerie, c'est la survie de mon entreprise
que l'Etat met en péril. »
Nous aimons les vieilles pierres, chez les Manantes et les Manants, mais
par-dessus tout, nous aimons les hommes qui les font vivre et qui les
conservent ! Ces hommes-là sont aussi de notre patrimoine, et ce
patrimoine est à transmettre.
Nous sommes encore une fois rassurés, quant aux capacités
de l'Etat républicain…
Peut-être pourrions-nous porter un thermos de café, ou un
bon verre de vin chaud à Monsieur Olivier Picaud et à ses
compagnons ? Tant qu'ils sont encore là !
Avec nos vifs remerciements à Valérie Hacot et Olivier Aubry
pour leur article dans : « le Parisien » du 19 novembre
2003 (Site: www.leparisien.com).
Portemont, le 20 novembre
2003,
jour de la Saint-Félix de Valois
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