De la « petite » patrie du
maître de Martigues…
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Le dossier de l’étang de Berre est loin d’être
clos. Vous vous souvenez du bras de fer qu’avait entamé
la Coordination des pêcheurs contre la toute puissance de
l’Etat-EDF.
Et Bruxelles avait été saisi…
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L'Etang de Berre |
L’étang de Berre a été
et est encore fortement pollué par les rejets d’eau douce
de la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas. Il y a eu des embellies,
mais rien n’est encore gagné.
L’étang de Berre est bien
plus que l’étang cher à notre cœur et si bien
« chanté » par le poète martégal.
Il s’agit du plus grand étang
marin d’Europe. Et dans cet étang, sont déversées
plus de 2 milliards de m3 d’eau douce par an…
Nul besoin d’être un grand
spécialiste pour comprendre que le milieu naturel de l’étang
ne soit plus le même à ce jour.
Aimer l’étang de Berre
n’impose pas de s’éclairer à la chandelle. L’énergie
hydroélectrique est une énergie « renouvelable »
et le grand « bassin » de la vallée du Rhône
est un consommateur « gourmand » de cette énergie,
laquelle est par ailleurs vendue chez nos voisins italiens…
Mais c’est toute une chaîne
économique qui est en cause, chaîne qui a été
bâtie à partir de la Durance et plus précisément
de son canal.
L’économie traditionnelle
de l’étang de Berre, c’est-à-dire la pêche,
a connu un déclin important. L’écosystème a
été bouleversé et personne n’oserait le nier.
Les activités dites touristiques
se sont emparées de l’étang et de ses abords. Martigues
et les villages riverains sont aussi en passe d’être dépossédés
de l’étang. Les sites de qualité attirent partout
en France les convoitises… L’écologie, « vision-citadine »,
n’est pas exempte des pesanteurs idéologiques véhiculées
par les verts de tout de poil…
L’étang de Berre doit
retrouver autant que peut se faire son intégrité. L’étang
est très réactif à la qualité des eaux ;
des espèces marines variées le recolonisent vite quand les
déversements d’eau douce diminuent fortement comme ce fut
le cas lors des sécheresses de 1988, 1989 ou 2004.
Pour le collectif « Adam
de Craponne » constitué de 19 associations et collectifs,
il suffirait de limiter les rejets à 1 milliards de m3 par an pour
revenir à une qualité d’eau acceptable.
Mais il faudrait peut-être viser
plus haut…
En effet, il aurait été démontré scientifiquement
que l’eau douce ne se mélange pas avec l’eau salée.
Il serait possible d’envisager de réinjecter l’eau
du canal de la Durance… dans la Durance ! Et ce au niveau de
Malemort. La Durance pourrait revivre alors que son lit rétrécit
et que la Camargue est privée de ses apports de limon. Les producteurs
de foin de la Crau savent depuis longtemps que l’immersion de leurs
prairies par les eaux de la Durance apporte de précieux oligo-éléments
qui font que leur foin est de très haute qualité et apprécié
bien au-delà de la région…
Le dialogue est difficile entre les
« parties » en présence. Le Groupement d’intérêt
public pour la réhabilitation de l’étang de Berre
souligne à juste titre le « coût environnemental »
des mesures proposées. Tout à un prix. Le prix de la commission
européenne pourrait être de 200 000 à 500 000 euros
d’amendes journalières si l’Etat français ne
fait pas de nouvelles propositions…
Mais avant de chiffrer les projets,
il serait bon que les uns et les autres abandonnent tous leurs préjugés
idéologiques… Et autour de la table, il faudrait un arbitre.
Un arbitre légitime et au-dessus des partis…
Le « Maître de Martigues »,
amoureux de l’étang de Berre comme pas un, appelait déjà
cet arbitre pour les plus hautes charges de l’Etat, il y a plus
de 80 ans…
Portemont, le 26 août 2006.
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