samedi 10 janvier 2009

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De la « petite » patrie du maître de Martigues…

Le dossier de l’étang de Berre est loin d’être clos. Vous vous souvenez du bras de fer qu’avait entamé la Coordination des pêcheurs contre la toute puissance de l’Etat-EDF.
Et Bruxelles avait été saisi…

L'Etang de Berre

L’étang de Berre a été et est encore fortement pollué par les rejets d’eau douce de la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas. Il y a eu des embellies, mais rien n’est encore gagné.

L’étang de Berre est bien plus que l’étang cher à notre cœur et si bien « chanté » par le poète martégal.

Il s’agit du plus grand étang marin d’Europe. Et dans cet étang, sont déversées plus de 2 milliards de m3 d’eau douce par an…

Nul besoin d’être un grand spécialiste pour comprendre que le milieu naturel de l’étang ne soit plus le même à ce jour.

Aimer l’étang de Berre n’impose pas de s’éclairer à la chandelle. L’énergie hydroélectrique est une énergie « renouvelable » et le grand « bassin » de la vallée du Rhône est un consommateur « gourmand » de cette énergie, laquelle est par ailleurs vendue chez nos voisins italiens…

Mais c’est toute une chaîne économique qui est en cause, chaîne qui a été bâtie à partir de la Durance et plus précisément de son canal.

L’économie traditionnelle de l’étang de Berre, c’est-à-dire la pêche, a connu un déclin important. L’écosystème a été bouleversé et personne n’oserait le nier.

Martigues

Les activités dites touristiques se sont emparées de l’étang et de ses abords. Martigues et les villages riverains sont aussi en passe d’être dépossédés de l’étang. Les sites de qualité attirent partout en France les convoitises… L’écologie, « vision-citadine », n’est pas exempte des pesanteurs idéologiques véhiculées par les verts de tout de poil…

L’étang de Berre doit retrouver autant que peut se faire son intégrité. L’étang est très réactif à la qualité des eaux ; des espèces marines variées le recolonisent vite quand les déversements d’eau douce diminuent fortement comme ce fut le cas lors des sécheresses de 1988, 1989 ou 2004.

Pour le collectif « Adam de Craponne » constitué de 19 associations et collectifs, il suffirait de limiter les rejets à 1 milliards de m3 par an pour revenir à une qualité d’eau acceptable.

Mais il faudrait peut-être viser plus haut…
En effet, il aurait été démontré scientifiquement que l’eau douce ne se mélange pas avec l’eau salée. Il serait possible d’envisager de réinjecter l’eau du canal de la Durance… dans la Durance ! Et ce au niveau de Malemort. La Durance pourrait revivre alors que son lit rétrécit et que la Camargue est privée de ses apports de limon. Les producteurs de foin de la Crau savent depuis longtemps que l’immersion de leurs prairies par les eaux de la Durance apporte de précieux oligo-éléments qui font que leur foin est de très haute qualité et apprécié bien au-delà de la région…

Le dialogue est difficile entre les « parties » en présence. Le Groupement d’intérêt public pour la réhabilitation de l’étang de Berre souligne à juste titre le « coût environnemental » des mesures proposées. Tout à un prix. Le prix de la commission européenne pourrait être de 200 000 à 500 000 euros d’amendes journalières si l’Etat français ne fait pas de nouvelles propositions…

Mais avant de chiffrer les projets, il serait bon que les uns et les autres abandonnent tous leurs préjugés idéologiques… Et autour de la table, il faudrait un arbitre. Un arbitre légitime et au-dessus des partis…

Le « Maître de Martigues », amoureux de l’étang de Berre comme pas un, appelait déjà cet arbitre pour les plus hautes charges de l’Etat, il y a plus de 80 ans…

Portemont, le 26 août 2006.

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