samedi 10 janvier 2009

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Elles étaient là !

Il a fait froid. Bien froid. Le gui est beau sur les vieux arbres. Elles sont au rendez-vous. Les chasseurs-loden, habitués au tirés de cocottes solognotes les appellent dédaigneusement "gibier de poche". Pour Charles-Marie et moi, elles sont les belles migratrices et répondent au nom de draine, mauvis, tourdre : les grives !
Je ne vais pas vous importuner avec nos chasses, mais ces petits oiseaux ne sont pas gibier facile, et sont l'occasion de beaux coups de fusil.
Il faut deux grives par personnes... C'est un minimum.
Nous les avons dans nos gibecières. Nos visages sont rayonnants. Nous gardons nos souvenirs pour nous !
C'est simple. Pour six personnes il faut douze grives, 3 ou 4 gousses d'ail, 12 bardes de lard, deux verres de vin blanc, 12 tranches de pain de campagne, du sel, du poivre et de l'huile d'olive. C'est tout.
Nous plumons les grives avec soin et attention. Nous ne les vidons pas, ce serait un crime !
Charles- Marie et moi incisons le bas du cou de nos oiseaux et plantons bien énergiquement leur bec dans cette incision.
Nos grives sont ensuite bien enveloppées dans les bardes de lard et nous ficelons le tout.
Nous faisons chauffer un peu d'huile d'olive dans une cocotte en fonte, ce qui prend peu de temps, et Charles-Marie y dépose les grives afin de les faire bien dorer en baissant le feu. Pendant ce temps je m'affaire à faire rôtir les tranches de pain de campagne. Les grives une fois dorées, Charles-Marie a recouvert la cocotte. Nous avons 4 minutes pour goûter le vin. Nous avons choisi un Côtes-du-rhône-villages-Rasteau. Blanc. Savante alchimie du Grenache blanc, Viognier, Roussane et Marsanne !
Les grives mijotent depuis 4 minutes qu'il faut déjà les arroser de vin blanc. Ils leur restent encore 4 minutes à patienter.
Elles sont prêtes. Je les retire de la cocotte, les sale et les poivre. Pendant ce temps, Charles-Marie récupère le jus de cuisson et en garnit les tranches de pain rôti. Je dépose les grives sur leurs canapés... et nous sommes tous à table, où nous étions très attendus ! Pour accompagnement ? Une salade d'hiver telle que de la chicorée améliorée, ou des coeurs de frisée, avec des petits croûtons de pain, qui ont été préalablement taquinés par une gousse d'ail... Et le superbe Rasteau blanc pour boire...

Portemont, samedi 13 décembre,
en ce jour de la Sainte-Lucie

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