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Pour un «petit
jour »
Nous sommes en campagne, en retrait
des vieux chemins de transhumance. Monsieur Pagnol ou Monsieur Giono auraient
pu demeurer pas loin.
Jour maigre, ou de garde- manger percé…
Vous mettez à bouillir dans une bonne vieille marmite un bon litre
d’eau, salé d’une virile pincée de sel de Camargue,
auquel vous ajoutez deux belles cuillères d’une bonne huile
d’olive des Baux.
L’ébullition prend : vous retirez la marmite du feu et vous
laissez alors tomber en fine pluie 200 à 250 grammes de farine
de maïs ou de pois- chiche en remuant avec une cuillère en
bois.
Le grumeau est à bannir. Dans cette préparation le grumeau
est comme républicain le jour de la Saint- Louis…Pas de grumeau
(ges de moutas). Vous serez «jugé » à cela.
Par tradition, dans le temps, les bonnes vieilles femmes se servaient
en place de la cuillère de bois d’un petit bâton de
laurier.
La bouillie ainsi prête, est remise au feu et vous continuez doucement
à remuer. Quinze à vingt minutes suffisent pour la cuisson
des farines naturelles. Mais attention, si vous achetez des farines quelque
peu pré- cuites. Tout va alors très vite…
Vous venez de préparer «le brigadèu » ou bouillie
provençale.
Vous voulez donner un air de fête à ce plat de misère
?
C’est très simple :
Vous épaississez la bouillie en rajoutant de la farine de maïs
ou de pois- chiche. ( je vous rappelle que le grumeau est mal vu)
Vous laissez ensuite refroidir votre préparation que vous étalez
dans un grand plat ou sur une plaque. ( Vous pouvez aussi déposer
la préparation dans des petits moules individuels, souvenirs d’une
opulence ancienne…)
Vous découpez en portions et plongez les morceaux dans une friture
bouillante ou vous cuisez à la poêle dans du beurre ou du
saindoux voire de la graisse de canard…
Vos portions doivent- être dorées et croustillantes.
Vous venez de préparez des Panisses, en Provençal «la
Panisso ».
Vous avez tout loisir d’enrichir la bouillie à frire avec
un peu de fromage râpé, de la rehausser de quelques olives
dénoyautées, et aussi de verser sur vos Panisses bien dorés
un délicieux coulis de tomates au basilic (coulis maison bien sûr.)
Simple (attention au grumeau), le Brigadèu ou la Panisso sont de
belles préparations pour les jeunes cuisinières ou cuisiniers
en herbe. J’ai pour ma part mis la main «à la bouillie
» fort jeune…et c’est toujours un plaisir !
Accompagné d’une salade de mesclun du jardin, c’est
un régal. Et arrosé d’un bon et vrai rosé frais,
avec quelques tartines de tapenade…je ne vous en dirais pas plus.
Chez les Manantes et les Manants «les petits jours » sont
toujours joyeux !
Portemont, 11 nov 2003,
saint Martin.
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