samedi 10 janvier 2009

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Une étoile filante, éclairée par de fortes convictions…

Jean de Brem a laissé un livre. Il fut de la race des grands aventuriers refusant la médiocrité sous toutes ses formes. Il rêvait d’une autre Europe, d’une Europe où toutes les nations auraient donné le meilleur de notre histoire commune. Nous croyons « de cœur et de raison » dans la nation française. Mais nous manquerions à tout si nous faisions silence sur la réédition de son unique livre :
« Le testament  d’un Européen ». Et puis notre ami Ivan veille…

Jean de Brem fut abattu le 18 avril 1963 par des policiers parisiens. « Pour lui arracher les secrets qu'il venait d'avaler, ils lui percent la gorge sans plus de façon. »
C’était 37 jours après l’exécution de Jean Bastien-Thiry.

Quelques jours au cours desquels il eut le temps d’écrire un poème :

« Fort d'Ivry, à la fraîche »
(…) Sous la pluie de l'aurore
Ils ont joué aux dés ta tunique bleue d'aviateur
Déchiré ton ruban rouge
Et dispersé tes galons d'argent et d'or au vent de l'histoire
Et ils ont cru, les déments
Que ta mémoire piétinée
Ton souvenir effacé par décret,
Se tairait à jamais la voix d'un homme,
Alors que ta mort tranquille
Nous rendait  un dernier service…(…)

Jean de Brem, une vie de passion et un engagement total. Abattu à l’age de 27 ans.

Jean de Brem
Le Testament d’un Européen
Éditions Déterma
ISBN 2-913044-41-7
EAN 9782913044418

Quelle merveilleuse idée que celle qu’a eue Philippe Randa de rééditer  en un volume cet unique ouvrage de Jean de Brem, paru en deux volumes aux Editions de la Table Ronde en 1964, un an après le décès, à l’âge de 27 ans de ce brillantissime auteur !

Ce  « Testament » résume notre Histoire depuis l’Antiquité jusqu’au milieu de XXe siècle ! Tous nos jeunes devraient l’avoir dans leur bibliothèque, le lire, et le relire, disons chaque lustre de leur vie. Écrit dans un français digne du « Testament politique »de Richelieu, facile à lire, « Le testament d’un Européen »est l’histoire de nos racines, de toutes nos racines !

La première partie traite de la fabuleuse Antiquité et du merveilleux Moyen Âge « immense fardeau pour nos contemporains dérisoires ». Il faut, en effet, se plonger dans le passé pour comprendre le présent. Il  faut voir agir le Bas-Empire et Byzance pour savoir comment meurent les civilisations. Mais Jean de Brem reste, malgré tout, optimiste. « Il faut connaître les campagnes de Léonidas, Scipion, Charles Martel, Maurice de Saxe et Jean Sobieski  pour savoir comment on les sauve. Il faut revivre les exploits d’Alexandre, de César, de Charlemagne, de Fernand Cortez et de Bonaparte pour savoir comment on les édifie par l’épée. »

Chers, très chers jeunes gens, laissez Jean de Brem vous plonger dans ce passé, dans notre passé, et vous faire voir, bien mieux que le film « Troie »(Troy, USA 2004) où le rôle du grand Achille est interprété par le petit Brad Pitt et où le principal héros de la guerre de Troie (1), Ulysse, n’apparaît même pas à l’écran !  Dans cette première partie de son « Testament », Jean de Brem vous fait vivre la naissance de l’esprit, en Crète, en Grèce, à Troie ; fait défiler pour vous le panorama de l’âge d’or, vous fera accompagner Alexandre le Grand, notre premier Empereur,   jusqu’aux frontières du monde.  L’âme existe, elle survivra dans Rome (2). Le dernier siècle avant Jésus-Christ est riche en héros : Caïus Marius, Sylla, Spartacus, Pompée, Cicéron, Jules César. En une trentaine de pages, Jean de Brem résume ce que Colleen McCullough mettra quelque quatre mille pages à nous conter. « Pendant quatre cents ans Rome sera le Monde. Puis l’Orient vivra mille ans de plus et l’Occident à peine quatre-vingt-un ». Jean de Brem vous parle de Constantinople, devenue Byzance mieux en 15 pages que Charles Diehl (3) en 150 pages !

Je pensais que Jacques Heers était le seul grand spécialiste du Moyen Âge ; je ne connaissais pas Jean de Brem. Il évoque cette période, le millénaire chrétien,  que je considère comme la plus riche de notre histoire d’une façon parfaite ! Il faut le lire pour comprendre « l’essor de l’Europe mystique. » Jean de Brem n’a décidément pas son pareil pour nous faire revivre « le bouleversement géopolitique, de Novgorod à Santa Fé, le bouleversement intellectuel, de Dante à Gutenberg, le bouleversement économique, de la Hanse à l’Adriatique. »

Puis vint la Renaissance, « le temps des capitaines ». Renaissance intellectuelle, économique, politique. Puis l’Europe des cousins et la rivalité franco-anglaise. Puis le grand séisme avec ses quatre révolutions : celles de Washington, de Mirabeau, de Bolivar et de Lénine.

J’aime la façon dont Jean de Brem termine ce Testament d’un Européen qui ne compte pas moins de 640 pages : « Le moment nous paraît d’autant plus propice à une première entente de tous les hommes blancs (comprenant, si possible, les Russes), que le plus « blanc » de ses chefs spirituels -le Souverain Pontife- propose aux Églises chrétiennes le rapprochement que l’on sait. Dieu nous accorde cette grâce ! ».

Ivan de Duve, dimanche de Pentecôte, 27 mai 2007


(1)Lire de Colleen McCullough Le Cheval de Troie Le Livre de Poche n° 15125.

(2) Lire de Colleen McCullough Les Maîtres de Rome. Editions Belfond et L’Archipel.

(3) Charles Diehl Histoire de l’Empire byzantin Éditions du Trident.

 

Portemont, le 19 juin 2007

 
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