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"A
me suivre tu passes"
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chroniques drôlatiques pour des années cruelles
(1942-1945)
Jacques
Dejouy
Edition Muller, prix: 25 Euros
93 (port .en sus)
Du même auteur: "les grandes certitudes" éditions
vue de France.
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Des Libanais engagés dans la
France Libre.A me suivre, tu passes, le titre de l'ouvrage, est la fière
devise du 13° Bataillon du génie, élément constitutif
de cette fameuse 2ème DB, créée par le non moins
fameux Général Leclerc Maréchal de France.
Aux passages les plus difficiles, durant la deuxième guerre mondiale,
ce bataillon avait pour mission d'ouvrir la route à des engins
blindés et mécanisés, lesquels constituaient le fer
de lance des armées de libération.
Pour dire de façon vivante, la naissance ainsi que les milles et
un fait d'armes de cette unité d'élite, l'auteur, Jacques
Dejouy, lui-même, ancien de ce bataillon, a choisi d'accompagner
pas à pas, de 1941 à 1945, le futur Général
Cholley qui n'était alors qu'un tout jeune aspirant des Forces
Françaises Libres.
Si l'histoire de Charles Cholley, constitue à elle seule une raison
suffisante, pour justifier ce livre, cent autres réalités
historiques, révélées au cours de cet ouvrage, éclairent
le lecteur du 21ème siècle sur certains aspects inconnus,
ou méconnus, de la guerre menée par les Français
libres à travers l'Afrique du Nord, la Normandie la Lorraine et
l'Alsace.
Ainsi en va-t-il des sentiments profonds et des réalités
impérieuses qui marquèrent la fraternité d'armes
entre soldats de métropole et soldats d'orient, solidairement unis.
Cet amalgame symbolique apparaît dès les premières
pages, lorsqu'on découvre que le héros du récit est
né de papa Franc-Comtois et de maman Libanaise. Charles Cholley,
l'étudiant du Lycée Français de Beyrouth, rejoint
tout naturellement la France Libre , lors de l'affaire de Syrie.
Dès les premiers contacts du jeune homme avec sa section, s'imposent
la complicité, l'enthousiasme et la confiance unissant les rudes
montagnards du Liban ou des Alaouites à ce jeune chef de 19 ans
qui les mènera d'emblée dans la fournaise d'El Alamein.
Tout au long de ce récit, le lecteur découvre ces hommes
de Cholley, engagés volontaires pour combattre dans les rangs des
Forces Françaises Libres, servant la France de si belle façon
que plus d'un natif de l'hexagone pourrait en prendre de la graine.
Quelle est donc la situation du monde après le choc de mai-juin
1940?
Ni les Etats Unis, ni l'URSS ne sont entrés en guerre.
L'Angleterre est écrasée sous les bombes de la Lutwaffe,
l'Allemagne et l'Italie dominent toute l'Europe occidentale. Outre l'Autriche,
la Tchécoslovaquie et la Pologne déjà conquises,
les troupes de l'Axe occupent depuis peu la Norvège, le Danemark,
les Pays Bas, la Belgique, la France, bientôt elles seront en Grèce,
en Yougoslavie, en Crête.
Les vainqueurs bénéficient en outre de la neutralité
bienveillante, voire active, de l'Espagne, de la Turquie, de la Hongrie,
de la Bulgarie et de la Roumanie pour ne citer que ces pays.
Bientôt le monde va s'embraser du Pacifique à l'Oural mais
au moment où commence notre récit, le seul endroit de la
planète ou des armées s'affrontent, est la Libye, colonie
Italienne.
Sur ce front le Général Italien Graziani a remporté
quelques succès militaires, éphémères cependant,
car bientôt la 8ème armée Britannique partant d'Egypte,
le repoussera au delà de Tobrouk, pour menacer Tripoli. Il faudra
l'intervention de l'Afrika Corps commandé par Rommel pour que du
côté allier tout soit à recommencer.
L'enjeu de ces combats ne concernait rien moins que le sort de la guerre.
En contrôlant le Moyen Orient, l'Axe aurait coupé la route
de Suez, artère vitale entre l'Angleterre et son Empire, il aurait
fait main basse sur les champs de pétrole depuis l'Arabie jusqu'à
Bakou, assurant sa domination sur trois continents.
L'attitude de Vichy constituait une grave menace pour les Britanniques.
Djibouti, la Syrie, le Liban étaient des points clés convoités
par Hitler. Aussi, le général Dentz gouverneur aux ordres
de Pétain, ayant ouvert les aérodromes Syro- Libanais à
l'aviation allemande, les anglais durent-ils réagir militairement.
Il y eu des combats entre Français et Anglais alliés d'hier
et de demain, il y eu des pertes nombreuses et cruelles. Finalement comme
d'habitude les Vichystes capitulèrent. Certains furent rapatriés
vers la métropole et l'Afrique française du Nord, d'autres
rejoignirent les rangs français libres.
Beaucoup de Libanais et Syriens signèrent un engagement pour la
durée de la guerre, dans les troupes du Général de
Gaulle.
Si Charles Cholley, le héros de cette histoire, ne peut participer
au fait d'armes de Bir-Hakeim, il se venge en faisant un excellent travail
à El Alamein en tête de sa "bande" libano-syrienne
qui, plus tard deviendra le noyau dur du 13ème bataillon du Génie.
Après l'épopée Africaine, ces hommes suivront une
formation intensive au Maroc puis en Angleterre et deviendront de redoutables
combattants et d'inégalables techniciens.
Ce livre haletant, est une suite d'anecdotes comiques ou tragiques, petites
histoires inscrites sur la toile de fond constituée par la Grande
Histoire de la guerre la plus meurtrière de tous les temps. Celle
ci du reste vient à gros traits noirs souligner l'héroïsme
et le don total de ces hommes qui ont accepté d'emblée le
pire, comme salaire de leur engagement. Ainsi en est-il du parcours impressionnant
de Georges Mellem, ce libanais perdant une jambe pour protéger
son lieutenant.
Mais point de pleurnicherie, point de ton geignard, l'auteur a choisi
avec son ami Cholley de raconter cette histoire comme une virée
de bons copains, car les bons souvenirs sont souvent les plus cocasses.
Il faut dire que ces hommes n'ont pas seulement fait la guerre, ils l'ont
défiée à la manière des mousquetaires du roi,
avec panache.
Antigone, le 22 mars,
en ce jour de la Saint-Benoît, a.d. 2004.
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