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Notre histoire, toute notre histoire en partage !

Devoir de Mémoire ? Philippe Lamarque y contribue par son savoir et son talent. Quelques livres en témoignent… Et quelques articles de presse pourront éclairer les jeunes lecteurs quant au gâchis engendré par la république…

Portemont, le 11 novembre 2006

Philippe Lamarque, docteur de l’Ecole des Hautes Etudes, docteur en droit, « Felllow of the international napoleonic society », âgé de 46 ans, a publié une quinzaine de livres dont des essais historiques, des traités de sciences du langage et d’ethnologie. Plusieurs de ses ouvrages sont lauréats de prix littéraires, dont un de l’Académie française.

« Les très riches heures de l'Algérie de l'Antiquité à la Belle Epoque »
par Philippe Lamarque (Romain Pages)

Prix obtenus par cet ouvrage

2005 Prix M. et Mme Louis Marin
2005 Prix Algérianiste - Narration Historique

Une Algérie que certains voudraient voir dans le fond des poubelles de l’histoire. Une Algérie ? Non ! L’Algérie !

 

« L’Algérie d’Antan »
« L’Algérie à travers la carte postale ancienne »
De Philippe Lamarque (HC Editions)

« Page après page, image après image, tous ceux qui sont tombés amoureux de l’Algérie, quelle que soit leur génération ou leur origine, éprouveront dans ce livre l’émotion qui étreint immanquablement lorsque l’on prononce le nom de la terre magique tant aimée.
Ce livre invite le lecteur à un voyage dans le temps. Des paquebots luxueux l’y conduisent, autrement plus agréable que les rudes barges à voile et à vapeur qui ont transporté les premiers colons. »
Découvrir l’Algérie à la belle époque l’emmène dans les quartiers les plus typiques d’Oran « la ravissante espagnole », vers les moindres recoins d’ALGER la blanche dans les pas de Cagaïous le garnement, face au puissant rocher de Constantine, au milieu des élégants, promeneurs de Sidi-bel-abbès « le petit Paris », parmi les curiosité architecturales romaines et les mosquée de Tlemcen.
Traversant Villes et villages du Bleb, il part en excursion dans les territoires du Sud, dans les montagnes forestières et enneigées de l’Atlas : chaque itinéraire le convie à la recherche du temps perdu. »

Toutes ces cartes postales sauront séduire le lecteur et lui rappeler parfois les pages les plus poignantes d’Albert Camus. Puisse ce livre répondre au plus incroyable défi d’Anatole France dans la reine Pédauque : enfourcher la machine à remonter le temps.

 

 

Entretien avec Philippe Lamarque. Source : Historia


« Retour sur la répression sanglante des tirailleurs sénégalais au camp de Thiaroye en 1944 Fin novembre 1944, dans le camp de Thiaroye, près de Dakar, des soldats d’origine africaine de l’armée coloniale se révoltent pour une question d’argent. La répression est sanglante… - A quelle époque et pourquoi ont été créés les premiers régiments de tirailleurs sénégalais ? Regroupent-ils exclusivement des Sénégalais ?

Philippe Lamarque :
« La création des tirailleurs sénégalais, en tant que troupes régulières soldées, date de 1857. Napoléon III ordonne alors à Faidherbe, gouverneur du Sénégal, de lever une infanterie régulière sur le modèle de l’armée d’Afrique qui défend la souveraineté française dans ses départements d’Algérie. Les nouvelles recrues ont l’avantage de mieux supporter le climat et les conditions de vie que des soldats métropolitains de l’infanterie coloniale. S’ils ont pris le nom de tirailleurs sénégalais, c’est parce qu’ils ont d’abord été recrutés à Dakar et à Saint-Louis. Mais plus largement, ils sont originaires d’Afrique équatoriale française (AEF) et d’Afrique occidentale française (AOF). Gradés ou hommes de troupe, ce sont des sujets coloniaux et relèvent du droit français.

H. - Ces soldats ont participé aux deux guerres mondiales du XXe siècle. Et en ont payé le prix…
Ph. L. :

« Lors du déclenchement de la grande tuerie de 1914, ils tiennent garnison en AEF et AOF. Il faut toute l’influence du général Mangin et du Parti colonial pour qu’ils soient envoyés sur les principaux champs de bataille d’Europe. Certes, leurs pertes sont terribles, mais proportionnellement moins lourdes que dans l’armée métropolitaine pour trois raisons : la rigueur de l’hiver oblige au repli des coloniaux dans le Midi (ils sont renvoyés au front pour les offensives de printemps) ; leur équipement et leur armement sont remarquables, parce qu’ils ont le statut de troupes de métier ; leur entraînement et leur expérience dépassent largement ceux des appelés du contingent. En 1939, l’armée coloniale jouit d’un prestige immense dans l’opinion publique. De ce fait, les effectifs de tirailleurs sénégalais sont portés à dix-sept régiments réguliers à raison de trois bataillons de 1 000 hommes par régiment. Attention ! Ces troupes ne combattront jamais en même temps. Elles se battent sur tous les fronts et se couvrent de gloire, notamment le 15 août 1944 lors du débarquement de Provence où s’illustre la 9e division d’infanterie coloniale. Leur comportement est exemplaire. Quant aux soldats faits prisonniers en juin 1940, il faut bien reconnaître que la convention de Genève leur est appliquée de manière un peu « sévère », non par racisme mais parce qu’ils sont considérés comme des mercenaires et non comme des citoyens « appelés » au titre de la loi Jourdan de 1798. Pour évaluer le prix du sang, il faut savoir que la population africaine subsaharienne de l’ex-empire colonial fournit environ 0,5 % de volontaires à l’armée coloniale, la population française de statut coranique 2 % de volontaires à l’armée d’Afrique, la population française d’Algérie, régie par le code civil, 11 % d’appelés en 14-18, et 12,5 % entre janvier 1942 et août 1945. Il est difficile, en revanche, d’établir un bilan précis des pertes. On les évalue à plusieurs milliers.

H. - En novembre 1944, en attendant d’être démobilisés et rapatriés vers leur pays d’origine, les tirailleurs sont « parqués » dans le camp de Thiaroye, au Sénégal. Combien sont-ils et quels sont les motifs qui vont les pousser à se rebeller contre les autorités françaises ?
Ph. L. :

« Ils ne sont pas « parqués » ; ils passent par un camp de transit. Ces hommes, qui avaient été faits prisonniers par les Allemands, ont fait le voyage vers Dakar sur des « liberty ships » . Ils sont environ 1 200, regroupés dans l’un des casernements de l’armée coloniale des environs de Dakar. Les autorités militaires françaises veulent les renvoyer au plus vite chez eux. Mais la situation est plus compliquée qu’elle n’y paraît, principalement pour une question d’argent. Capturés en 1940 et réquisitionnés par l’Organisation Todt, chargée des travaux de fortification du Reich - notamment le célèbre « mur de l’Atlantique » -, ces hommes ont perçu leur solde plus un salaire d’ouvrier. Les tirailleurs exigent à bon droit de changer les Reichsmark qu’ils ont reçus contre des francs. Mais cet argent ne vaut plus rien en 1944, pour deux raisons : le Gouvernement provisoire de la République française ne reconnaît pas le change, précédant en cela la disparition du papier-monnaie dans l’Allemagne occupée (à cela s’ajoutent des discordes au sujet des divers régimes de soldes, des primes de démobilisation) ; les nouvelles autorités se méfient de certains Sénégalais qui se sont opposés au raid de la Royal Navy contre Dakar en 1940 - il avait pour but d’assurer un port stratégique dans l’Atlantique à la marine britannique et une assise territoriale aux Français de Londres - nonobstant le ralliement ultérieur de l’AOF. Sujets de brimades, ou à tout le moins à un manque de considération évident de la part des administrateurs qui outragent la fierté africaine, les tirailleurs supportent mal ce séjour forcé à Thiaroye.

H. - Le 30 novembre 1944, des coups de feu éclatent dans le camp. Des hommes vont tomber sous les balles de leurs propres frères d’armes. Comment est-on passé d’un mécontentement à une mutinerie ?
Ph. L. :
« Le ton monte entre l’officier payeur et les Sénégalais. Le compte- rendu des
« heurts » est transmis à la hiérarchie. Cela dure plusieurs jours. Pendant ce temps, les tirailleurs perdent patience. Toutes les conditions d’une mutinerie sont réunies. La garnison de Dakar est formée au combat conventionnel, pas au rétablissement de l’ordre. Lorsque l’administration se décide enfin à envoyer des unités pour ramener le calme, on assiste à une succession de provocations, une escalade qui fait fi des procédures réglementaires relatives au rétablissement de l’ordre. Les tirailleurs jettent des cailloux sur les militaires, qui répondent par des coups de feu. Une trentaine de « mutins » vont tomber sous les balles d’autres tirailleurs, sur le point de partir pour l’Europe où la guerre n’est pas encore terminée. Ceux qui ont donné les ordres considèrent que toute mutinerie en temps de guerre est passible de la cour martiale et punie de mort ; il leur importe peu que certains de ces hommes se soient illustrés dans les récents combats en Bretagne. »


H. - Récemment, le colonel Rives, défenseur des droits des soldats coloniaux, a affirmé que ce sont des « troupes noires qui [ont tiré] sur des troupes noires, à l’exception du 6e régiment d’artillerie coloniale à Dakar composé de Blancs ». Est-ce exact ?
Ph. L. :
« Dans les faits, oui ! Quand un soldat reçoit un ordre, il obéit. Ceux qui ont tiré en 1944, étaient de jeunes recrues, en attente d’être envoyés dans les Vosges ou en Bavière. Les gradés leur ont présenté les mutins comme des traîtres germanophiles et des mauvais soldats qui trahissent la parole donnée. Quant aux éléments du 6e régiment d’artillerie, c’était pour beaucoup des musiciens de la fanfare de la garnison de Dakar, des hommes en transit, des convalescents, des recrues locales, soldats sans valeur opérationnelle. »

H. : Certains journalistes sénégalais comparent le massacre de Thiaroye à un génocide. Est-il possible à l’heure actuelle, pour l’historien, de dégager des faits qui permettraient de dépassionner le débat ?
Ph. L :

« L’historien n’a pas d’autre choix que de s’appuyer sur les archives conservées au Service historique de l’Armée de terre. Aujourd’hui, la nécropole militaire de Thiaroye appartient aux forces armées sénégalaises : celles-ci ont toute latitude pour déterminer le nombre de morts. Ces journalistes qui parlent de génocide, jouent là leur réputation. Quelques-uns prétendent même que le président Abdoulaye Wade - qui, en 2004, a fait du 23 août la « journée des Tirailleurs » - n’est pas assez ferme vis-à-vis du gouvernement français. Heureusement, le pouvoir médiatique se rend compte, par-delà les clivages politiques, que l’intérêt des tirailleurs revêt une dimension humaine et défend l’honneur national, relayé en cela par l’unanimité des chefs d’Etats d’Afrique de l’Ouest venus témoigner leur solidarité au président Wade le 23 août 2004, renouvelée en 2005.

H. - Autre problème : celui de la non-revalorisation des pensions des vétérans…
Ph. L :
« A l’origine, des technocrates ont inventé l’indexation des pensions sur le PIB des pays africains. Les exécutifs français successifs ont tenté de s’affranchir de ces pesanteurs pour trouver une solution à la « décristallisation », mais l’intention du législateur peine à dépasser le simple effet d’annonce, se heurtant à la notion d’équité. En France, les associations d’anciens combattants se montrent solidaires de leurs frères d’armes africains et réclament la « décristallisation ». Cela ne pourra jamais nous consoler des occasions manquées. Nous aurions pu former une immense communauté. Au lendemain de la guerre, François Mitterrand, alors ministre, déclara qu’une seule loi devait s’appliquer du Quiévrain au Niger. Pour consolider notre destin commun franco-africain, il me reste à souhaiter que les tirailleurs sacrifiés illustrent la citation de Tertullien : « Le sang des martyrs est semence de foi. »

Notre histoire, en partage…

« 100.000 Algériens veulent être Français »
Nés pour beaucoup avant 1962, un de leurs parents s'est battu côté français pendant la guerre de 39-45.



« Cent mille Algériens, nés pour la plupart avant l'indépendance de l'Algérie (en 1962), ou dont un grand-père a combattu pendant la Deuxième Guerre mondiale sous le drapeau français ont demandé la "réintégration" de la nationalité française en 2005, selon le consul général de France à Alger cité par la presse jeudi 15 juin.
"Avoir des parents qui ont participé à la Deuxième Guerre mondiale sous la bannière de la France n'ouvre aucunement droit aux descendants à l'obtention de la nationalité française", a déclaré Francis Heude mercredi lors d'un déjeuner de presse. « Le dossier de nationalité ne dépend pas du consulat, mais du département de la population à Paris ».
Nouvelle procédure d'obtention des visas

En ce qui concerne la nouvelle procédure d'obtention des visas, qui consiste à introduire la demande par téléphone afin d'éviter les longues files d'attente devant les consulats, le consul général a affirmé que 49.000 demandes de rendez-vous et 12.000 demandes de renseignements avaient été enregistrées entre le 1er mai et le 14 juin dernier.
Il a ajouté que, en ce qui concerne le trafic de visas révélé récemment par la presse, deux employés faussaires exerçant à l'ambassade de France à Alger seraient jugés le 21 juin au tribunal correctionnel de la capitale. » AP

Source : http://permanent.nouvelobs.com/etranger/20060615.OBS1928.html

 

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