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La duplicité de la politique allemande dans la crise irakienne
Quand on étudie la politique étrangère
allemande, peu importe le type de régime en place, on constate
une habileté à pratiquer la duplicité.
Que cela soit Bismarck avec Napoléon III, le chancelier
Gustav Stresemann du temps de la République de
Weimar face au président du Conseil Aristide Briand,
l’Allemagne hitlérienne jusqu’en 1939
ou encore la République fédérale
de Konrad Adenauer ou de Willy Brandt, l’Allemagne
a pratiqué une politique en sous-main très
éloignée de celle affichée officiellement
par ses gouvernements successifs. En politique, la connaissance
de l’histoire d’un pays est indispensable.
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| Le
chancellier Otto von Bismarck |
Elle permet de relever des constantes qui conduisent
le décideur à modeler son jugement face à
un problème actuel en fonction des expériences du
passé. L’empirisme dont le principe est de s’appuyer
sur l’expérience sans souci des théories et
des emballements émotionnels devrait être la marque
de fabrique de tout responsable digne de ce nom. Malheureusement,
cet approche est trop rare chez nos hommes politiques et «
l’élite » intellectuelle et médiatique.
Ainsi, dans l’affaire de la crise irakienne, suivie de l’intervention
américaine en mars 2003, la duplicité allemande
a été complète et la France politico-médiatique
bernée.
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Face aux préparatifs de guerre, le chancelier
Schröder s’est élevé avec véhémence
en condamnant la politique des Etats-Unis. Son rapprochement
avec la France puis la Russie a pu faire croire à
l’existence d’un axe « Paris –
Berlin – Moscou » destinée à
contrebalancer la politique débridée américaine.
Beaucoup de représentants politiques transcendant
les partis ainsi que des associations défendant
officiellement la cause nationale ont fait bloc commun
et se sont ralliés à l’idée
de cet axe. Cependant, même ici, la politique obéit
aux lois de la physique.
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| le
chancelier Schröder |
L’écrivain français Fontenelle
rappelait au XVIIIè siècle : « Il est
certain, et les peuples s’en convaincront de plus en plus,
que le monde politique, aussi bien que le physique, se règle
par nombre, poids et mesure ». Cette maxime est valable
au XXIè siècle comme à toutes les autres
époques. Aussi vrai qu’en mathématique, il
faut deux points pour tracer une droite, un axe « Paris
– Berlin – Moscou » se doit de reposer sur des
piliers où l’intégrité territoriale
des Etats est respectée. Or comment a-t-on pu accepter
le soutien d’un pays dans la crise irakienne, en l’occurrence
l’Allemagne, en sachant que parallèlement à
cette politique, ce pays est à l’origine de l’élaboration
des documents favorisant la régionalisation, l’émergence
du phénomène identitaire et la disparition des frontières
nationales dans le but ultime d’aboutir à une Europe
de type fédéral. Depuis de nombreuses années,
notre voisin d’outre-Rhin mène une politique favorisant
la décomposition des nations européennes (éclatement
de la Yougoslavie ou actuellement de l’Espagne et de la
Belgique).
Pour constituer un axe politique, il faut d’abord
et avant tout que l’autorité suprême du pays
soit « Empereur en son royaume », c’est-à-dire
indépendante de tout groupe de pression comme « la
finance », « les entreprises transnationales »
ou encore le pouvoir supranational bruxellois. La décrépitude
de l’intelligence politique étant un fait majeur
de notre époque, il ne faut pas s’étonner
qu’une foule de personnes défendant apparemment les
intérêts nationaux se soit ralliée à
une construction de l’esprit complètement détachée
du réel. Ce réel si méprisé par l’homme
dit « moderne » n’a pas tardé à
se manifester.
| Deux ans après «
l’Alliance germano-américaine pour le XXIè
siècle », signée le 27 février
2004 à Washington entre le chancelier Schröder
et le président George W. Bush définissant
les objectifs communs de ces deux pays (unité politique
de l’Europe, élargissement, ralliement des pays
du Proche et Moyen-Orient au partenariat transatlantique,
…), les révélations du New-York Times
du 27 février 2006 ont fait l’effet d’une
bombe. |
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| le
chancelier Schröder et G. Bush |
En effet, ce journal américain a révélé
que des agents du BND (Bundesnachrichtendienst, service de renseignement
fédéral) avaient fourni aux Américains, début
2003, le plan de défense de Bagdad présenté
à Saddam Hussein le 18 décembre 2002. Ce plan a
été publié dans ce journal en bonne et due
forme. En fait, l’action de ces agents allemands avait été
révélée dès janvier 2006 par le quotidien
Süddeutsche Zeitung et la chaîne de télévision
ARD. Le gouvernement allemand s’est vu alors contraint de
reconnaître, le 13 janvier 2006, la présence de ses
agents à Bagdad mais en minimisant considérablement
leur rôle. C’est ainsi que Thomas Steg, porte-parole
adjoint du gouvernement a tenté de justifier la position
allemande : « Sur la base de la situation particulière,
[les collaborateurs du BND] ont livré leurs propres informations
aux services compétents en Allemagne, pour permettre d’évaluer
la situation (…). Dans ce contexte, sur la base de connaissances
spécifiques sur place, ils ont transmis des informations
afin que des institutions civiles comme des écoles, des
jardins d’enfants, des hôpitaux, des ambassades, ne
soient pas par erreur de manière non intentionnelle les
cibles d’attaque (…). Ces informations ont été
transmises pour aboutir à un résultat, à
savoir que ces institutions ne soient pas attaquées ».
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L’expert des services secrets
allemands, Erich Schmidt-Eenboom, a fait une lecture expliquée
plus réaliste de ces propos en rappelant avec raison
que les agents du BND « ont certainement recueilli
des informations sur les sites à ne pas bombarder,
comme les écoles ou les ambassades, mais aussi sur
ceux qui avaient un véritable intérêt
militaire ». |
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Erich Schmidt-Eenboom |
Le New York Times n’a pas hésité
à revenir à la charge dans son édition du
deux mars 2006. En effet, ce quotidien a révélé
qu’un officier de liaison allemand secondait le chef des
armées américaines s’apprêtant à
envahir l’Irak, le général Tommy R. Frank.
Selon ce journal, cet officier de liaison a rédigé
25 rapports et répondu à 18 requêtes sur 33
afin de satisfaire les demandes américaines. Ce travail
était accompli avec l’aval de Berlin, c’est-à-dire
avec le soutien du chancelier Schröder, de son ministre des
Affaires étrangères Joschka Fischer et Frank-Walter
Steinmeier, chef des services de la chancellerie fédérale.
Ce dernier est devenu le ministre des Affaires étrangères
du gouvernement d’Angela Merkel. Ces révélations
ont provoqué une tempête politique en Allemagne.
Comment ! Les dirigeants allemands auraient pratiqué un
double langage. Afin de mettre toute la lumière dans cette
affaire, une commission a été mise en place par
le Bundestag afin de savoir qui a fait quoi. Connaîtra-t-on
un jour le fond de l’histoire sachant que les commissions
livrent rarement la vérité en raison des trop nombreux
intérêts politiques et financiers au sommet des Etats
? En fait, l’Allemagne a joué un rôle déterminant
en aidant grandement les Etats-Unis. Berlin s’est refusé
à envoyer des troupes. Mais elle a fait mieux en fournissant
les plans de défense de la capitale irakienne.
Elément révélateur de la reconnaissance des
milieux mondialistes, après son départ de la chancellerie,
Gerhard Schröder s’est vu offert toute une série
d’avantages financiers. Ainsi, la banque Rothschild s’est
adjugée ses services afin qu’il guide celle-ci dans
des opérations tournées vers tout l’Est européen.
Il est vrai aussi qu’en devenant président du conseil
de la société North European Gas Pipeline Company
(NEGP), filiale du groupe gazier russe Gazprom, chargé
de construire un oléoduc reliant l’Allemagne et la
Russie, Gerhard Schröder est l’interface idéale
entre ces dirigeants apatrides de part et d’autre de l’Atlantique.
Enfin, rappelons que « l’ami des patrons » fait
partie intégrante de la prestigieuse agence américaine
Harry Walker qui l’a engagé sous contrat. Celle-ci
rémunère grassement ses adhérents comme Henry
Kissinger, Bill Clinton, Jimmy Carter, Richard Perle, Zbigniew
Brzezinski, Pat Cox (ancien président du Parlement européen)
etc … afin que ceux-ci exposent leurs points de vue sur
tel ou tel sujet traitant des grandes affaires de ce monde. On
voit difficilement une telle agence embaucher l’ancien chancelier
allemand si ce dernier avait vraiment compliqué les plans
mondialistes concoctés à Washington, à Londres
ou encore à Tel-Aviv. ?
Pierre Hillard, le 1er juin 2006
Pierre Hillard a publié en 2005 La décomposition
des nations européennes aux éditions François-Xavier
de Guibert.
Documents:
Carte publiée dans le New York Times
Carte publiée dans le Spiegel intitulée "Carte
présumée de Saddam pour la défense de Bagdad"
1. Centre de Bagdad
2. Troupe spéciale
3. Feddayin de Saddam (membres des services secrets de la Garde
républicaine)
4.Organisation du parti (troupes de combat du parti Baas)
5. Garde spéciale
Vous pouvez retrouver l’article
avec les cartes sur :
http://www.jeune-france.org/Tribune%20europeenne/dupliciteall.htm
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