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Euro-parlementarisme
: une nouvelle « Quatrième république » ?
La victoire des eurodéputés
face à M. Barroso, nouveau président de la Commission européenne,
est saluée par de nombreux politiciens comme une « victoire
de la démocratie » : il serait plus juste de l’évoquer
comme une forme (pas forcément la plus intéressante) de
la démocratie.
Cette « victoire »
est même inquiétante, ne serait-ce que parce qu’elle
s’est cristallisée autour du cas d’un commissaire (alors
que six semblaient être sur la sellette), Rocco Buttiglione, ce
catholique italien aux propos considérés par les «
eurocorrects » comme peu compatibles avec les « valeurs »
de l’Europe des 25… Il semble ainsi que la liberté
de ton, d’expression et de conviction, ceux-ci fussent-ils dérangeants
ou non selon les idées de chacun, soit placée sous le contrôle
d’un parlement qui se veut, ou se rêve, le véritable
maître de l’Europe.
Faut-il rappeler que les eurodéputés,
s’ils ont la légalité pour eux, ne disposent en fait
que d’une légitimité électorale peu assurée
: les taux d’abstention de la dernière élection qui
ont atteint jusqu’à 70-80% dans certains Etats de l’U.E.
(en particulier les nouveaux entrants), montrent toutes les limites de
cette forme de légitimité ; ce que semblent oublier les
eurodéputés, enivrés de leur succès et de
leur nouvelle importance ? Les voilà se constituant en une «
Europe légale » oublieuse de l’« Europe réelle
», ou plus exactement des réalités de l’Europe,
réalités politiques encore nationales, comme le montre le
débat français sur la Constitution européenne.
A bien y regarder, l’Union
européenne, insensiblement, et la Constitution pouvant renforcer
cette tendance, devient une sorte de vaste « Quatrième république
». Or, l’histoire, qui reste « notre maîtresse
en politique » selon l’expression de Charles Maurras, a montré
que cette forme de parlementarisme ne menait qu’à l’impuissance
face aux grands féodaux, politiques comme économiques, et
à la déconfiture.
Puisque la Commission européenne
(et ses malheurs ne nous font nul chagrin !) est désormais en difficulté,
le Conseil européen se trouve désormais en première
ligne face au Parlement européen. En profitera-t-il pour reprendre,
lui aussi, du pouvoir et réaffirmer l’importance (et la nécessité)
des Etats souverains ? Rien n’est moins sûr dans une Europe
qui s’abandonne au « fatalisme démocratique »…
Quoiqu’il arrive, les Manants
du Roi, avec tous les royalistes français et tous les souverainistes
soucieux de l’indépendance nationale et attachés aux
coopérations libres entre Etats Souverains, ne cesseront de dénoncer
cette nouvelle « Quatrième république » version
européenne.
Cette Europe là condamnerait tous les Etats d’Europe à
l’impuissance politique et diplomatique, et ne pourrait profiter
qu’à ceux qui, eux, ne sacrifient rien de leur souveraineté
nationale, dont les premiers d’entre eux : les Etats-Unis d’Amérique…
Jean-Philippe Chauvin, le samedi
10 novembre,
en ce jour de la Saint-André Avellin, a.d. 2004.
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