Alors que les Pays-Bas sont remués par des débats agités,
une terrible invasion a déjà réussi.
Les « allochtones » non occidentaux, c’est-à-dire
les Turcs, les Marocains posent de gros problèmes d’intégration
au royaume batave. Gens de concertations, les Bataves en débattent
tous les jours…
Pendant ce temps, le royaume est touché par un envahisseur de
poids.
Les chiffres sont là pour le désigner :
« … ce sont les Américains
qui figurent parmi les plus grands demandeurs de titres de séjour.
Avec 2000 permis de travail délivrés en 2004, ils ont
été les plus nombreux à vouloir s’installer
au royaume batave après les Polonais et les Chinois. Au total,
pas moins de 30 000 citoyens américains travaillent aux Pays-Bas.
». Le verdict publié dans « La Tribune »
du vendredi 21 octobre 2005 est sans appel.
Je vous vois lever les bras au ciel… Ces immigrés-là
créent des richesses et tout et tout… Soit !
Vous me direz que c’est un juste retour des choses. New-York ne
s’appelait-elle pas la « Nouvelle-Amsterdam » ?.
L’usage de l’ « anglais » est fort répandu
(87% de la population parlent anglais…24% en France) et la position
centrale (en Europe) du plat pays sont alléchants pour les entrepreneurs
étatsuniens.
Un rapport d’ « Ernst & Young », commandé
par le ministère néerlandais de l’Economie, fait
valoir que la Hollande présente un climat économique particulièrement
attractif – juste après la Suisse- pour les sièges
des grandes sociétés non européennes lesquelles
sont à 80% étatsuniennes… Ces entreprises, il est
vrai, emploient 150 000 néerlandais, directement, et 500 000
indirectement.
L’envahisseur est si présent, que son fer de lance, la
Chambre américaine de commerce (AmCham) fait un « forcing
» afin que tout impôt sur le capital soit supprimé…
Et de militer en faveur d’une réforme de l’Etat providence
néerlandais… Objectif : « Une Hollande encore plus
libérale, à l’image du modèle américain.
»
La « Belle Batave » est pourtant parée de beaux
atours : « 80% des profits réalisés par les sièges
européens de firmes étrangères sont exonérés
de toute taxe ». Ajoutons que la législation néerlandaise
est favorable à nombre d’industries de pointe comme la
chimie ou les biotechnologies : «
La souplesse de la législation néerlandaise en matière
d’essais cliniques nous permet de gagner beaucoup de temps. »
Dixit Marcus Ballas directeur de l’unité de pharmacologie
clinique de « Kendle International », sise à
Utrecht. Le temps, c’est bien connu, c’est de l’argent
! Et ne croyez pas qu’il en rajoute : «
Là où une autorisation prendrait des mois aux Etats-Unis,
elle est une affaire de quelques semaines aux Pays-Bas. »
Mais tout cela risque de ne pas être suffisant…
La recherche permanente de la maximisation des profits risque bien de
conduire certaines entreprises étatsuniennes à aller installer
leurs pénates en Europe « plus centrale »…
Un des motifs est pudiquement avoué par Paul Garland, de «
Bruce Food » :
« Notre plus gros problème
ici est le même que partout ailleurs en Europe… Quand vous
voulez vous débarrasser d’un employé qui ne travaille
pas bien, c’est aussi long, difficile et cher qu’en France,
en Italie ou au Danemark. »
In fine, tout est peut-être de la faute des employés qui
ne travaillent pas bien…
Portemont, le 20 novembre 2005.
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