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Une seule question, simple comme «
bonjour » !
Une seule réponse…
La France doit-elle disparaître ?
Notre ami Charles Saint-Prot nous donne
la réponse. Une seule réponse est possible. C’est
affaire de bon sens !
Et un grand merci à Charles Saint-Prot. Qu’il soit assuré
que nous partageons avec lui sa réponse…
La France doit-elle disparaître?
par Charles Saint-Prot
Tout au long de la campagne référendaire, il est notable
que, à de trop rares exceptions, les hommes politiques n’ont
pratiquement jamais parlé de la France. Pourtant, l’enjeu
du scrutin concerne en premier chef l’avenir de la France en tant
que nation indépendante et souveraine puisqu’il est question
de l’adoption ou du rejet d’un traité à caractère
constitutionnel visant à renforcer les structures d’un super-Etat
européen au détriment des prérogatives des Etats-nations.
En effet, le traité constitutionnel vise à se livrer à
un tour de passe-passe en créant pour « un peuple européen
» virtuel un nouvel Etat, en réalité la bureaucratie
bruxelloise, qui recevra la personnalité juridique (article I-7),
imposera un droit supérieur aux droits des Etats (article I-6)
et reprendra à son compte les compétences des Etats nationaux.
Longtemps, la construction européenne s’était avancée
masquée, ses sectateur affirmant qu’il ne s’agissait
que de créer une « Europe des nations ». Désormais
le masque est tombé et il est clair que l’objectif est de
créer un Etat européen, ce qui signifie, tout simplement,
la fin programmée des Etats-nations. Par conséquent, la
fin des nations.
Ce qui est proposé aux Français
est un marché de dupe, il s’agit de lâcher la proie
pour l’ombre en leur faisant miroiter l’idée d’une
Europe puissance, capable d’équilibrer les Etats-Unis d’Amérique.
Or, cette construction européenne s’inscrit dans l’idéologie
ultra-libérale des Etats-Unis, elle tend à l’effacement
du modèle social de nombreux pays européens, notamment la
France, fondé sur la prise en compte du bien commun, la prédominance
de l’intérêt général sur les intérêts
particuliers ou féodaux, le rôle des services public, la
justice sociale.
Construite sur le modèle états-unien cette Europe ne sera
pas une puissance indépendante. Bien au contraire, elle affichera
un véritable alignement sur les Etats-Unis puisqu’elle devrait
conduire une « politique commune de sécurité et de
défense » arrêtée dans le cadre de l'OTAN (article
I-41-2), c'est-à-dire de l’organisation militaire qui est
le bras armé de l’hégémonie états-unienne.
Le Général De Gaulle ne s’y trompait pas lorsqu’il
s’opposait à la construction d’une Europe fédérale,
dans laquelle il ne voyait, qu’une «Europe sous commandement
américain». Il est d’ailleurs notable que George Bush
s’est prononcé en faveur du traité constitutionnel.
A cet égard, il est significatif que le candidat pressenti au poste
de ministre des affaires étrangères de l’Union européenne
soit l’ancien secrétaire général de l’OTAN.
Dans ces conditions, la France perdrait sa faculté de conduire
une diplomatie indépendante, laquelle est fort appréciée
des peuples du monde, comme cela a été démontré
lorsqu’elle a refusé la guerre contre l’Irak et que
le ministre des affaires étrangères français a été
applaudi par l’Assemblée générale des Nations
unies.
Moins protégé car livré aux excès de l’ultralibéralisme
qui multiplie les chômeurs, moins Français puisque noyé
dans une sorte de sous-empire artificiel où la voix de la France
ne se fera plus entendre, le peuple français sera également
moins libre. En effet, les Français perdront leur citoyenneté
réelle au profit d’une fausse citoyenneté européenne
(article I-10) qui leur conférera ni plus ni moins que l’ancien
statut des assujettis de l’empire romain ou de l’empire ottoman.
A terme, ils seront même menacés de perdre leur langue, tant
il est vrai que le super-Etat tendra vers un idiome unique dont nous savons
bien qu’il sera l’anglo-américain.
De fait, ce qui est proposé
est la constitution d’un empire, artificiel et totalitaire comme
l’ont toujours été les empires. Le refrain est connu,
il s’agirait de former un vaste ensemble qui serait plus fort et
plus dynamique. C’est l’obsession du quantitatif qui anime
les zélateurs de l’Etat européen nouveau, lesquels
oublient que l’une des plus grandes civilisations de l’humanité
est née et a prospéré autour des petits Etats grecs.
Au faîte de sa puissance, Athènes ne s’étendit
jamais sur plus de 3000 km2 et pourtant elle a donné au monde la
perfection. Le général de Gaulle a démontré
que la France est infiniment plus grande qu’elle-même lorsqu’elle
parle aux peuples du monde et fait entendre la voix de la dignité
et de l’indépendance face aux vieux rêves d’empire.
A vrai dire, la France n’est jamais seule lorsqu’elle reste
fidèle à une certaine idée de sa mission universelle.
L’actuelle construction européenne
n’est pas le commencement d’une « grande aventure »,
mais tout simplement l’accélération d’un processus
de dissolution des nations et des peuples pour façonner autre chose.
On l’aura compris, l’enjeu du referendum n’est pas de
se prononcer pour ou contre le gouvernement, pour ou contre le lundi de
Pentecôte, sur l’avenir du parti socialiste ou celui de tel
ou tel candidat à la présidence de la République,
sur la recomposition du paysage politique français ou encore sur
les intérêts catégoriels des uns ou des autres. La
seule question à laquelle les Français doivent répondre
est la suivante : la France doit-elle disparaître ? Et cette question
n’appelle qu’une seule réponse : NON.
Charles Saint-Prot, essayiste et géopoliticien,
est l’auteur de « la pensée française, pour
une nouvelle Résistance » Editions L’Age d’homme.
A lire d’urgence si ce n’est déjà fait…
Portemont, le 26 mai 2005.
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