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France, ta liberté est dans ton
non !
Autour du « Forum pour la France
», nombreux sont les amis qui ont retroussé leurs manches…
Le combat pour le « NON » à la constitution européenne
est notre combat à tous. C’est avec plaisir et sans tarder
que nous diffusons et que nous vous demandons à toutes et tous
de diffuser l’argumentaire pour le « NON » à
la « constitution européenne ».
Bravo à la Commission « argumentaires et tracts »
du FPF et à tous les mouvements et associations qui ont œuvré
pour la réalisation de ce document indispensable.
Et un grand merci à Albert Salon qui a su fédérer
toutes les bouillantes énergies… A travers lui, tous sont
remerciés.
Argumentaire
pour le « NON » à la « constitution européenne»
Français,
le salut est en votre NON !
La
Patrie en danger par cette « constitution »-escroquerie:
1.-
ON VOUS DEROBE LA FRANCE ! en une dernière étape de l'asservissement
des Nations de l’Union à une bureaucratie irresponsable:
On vous dit que le traité constitutionnel
ne fait qu'établir une Fédération d'États-nations,
le principe de subsidiarité protégeant la liberté
des nations, et que la France, par exemple, garderait sa constitution..
En réalité, on établit
bel et bien une « constitution ». Pour un « peuple européen
» qui n’existe pas, dans l’hypocrisie d’une «
subsidiarité à l’envers », où tout va
au centre.
Dans ce super-Etat, qui reçoit
la personnalité juridique (article I 7), la souveraineté
inaliénable qui appartient au peuple français serait abolie.
Les compétences et pouvoirs seraient transférés en
quasi-totalité des États nationaux vers l'Union, soit immédiatement
et totalement, soit au fur et à mesure des caprices de l'Union
qui se les approprierait en fonction de la volonté de ses fonctionnaires
non élus.
La France deviendrait en Europe ce qu'une
région est chez elle, et le Président de la République
l’équivalent d’un simple président de Conseil
régional.
En effet, le traité donne à
l’Union de très importantes compétences exclusives
enlevées aux États. Et, à propos de celles des compétences
non-exclusives, mais faussement dites « partagées »:
« les États membres exercent leur compétence dans
la mesure où l'Union n'a pas exercé la sienne ou a décidé
de cesser de l'exercer » (article I-12, § 2). Ils doivent donc
accommoder les restes.
Alors que même aux États-Unis
et en Allemagne, les États fédérés et Länder
gardent des pouvoirs étendus et intouchables ! Cette conception
du super-État va même au-delà du fédéralisme
dont on n’ose même pas prononcer le nom, pour ne pas vous
effaroucher.
Cette « constitution » et
le droit européen, directives de fonctionnaires comprises, domineraient
tout notre droit, y compris notre Constitution.
En effet : « La Constitution et le droit adopté par les institutions
de l'Union, dans l'exercice des compétences qui sont attribuées
à celle-ci, priment le droit des États membres. »
(article I-6). Point crucial.
En janvier 2005, à l’Assemblée,
le député J. Myard, pouvait citer le Président du
Conseil Constitutionnel : « La Constitution française ne
devrait pas seulement être révisée, mais abrogée
! »
Par des votes à la majorité
qualifiée, et par les pouvoirs conférés aux juges
de la quasi-Cour suprême européenne, qui utilise toujours
dans le même sens « communautaire » son monopole d’interprétation
du droit européen, la France minoritaire pourrait se voir imposer
des décisions et mesures totalement contraires à ses principes
fondateurs, sa culture, ses traditions et ses intérêts essentiels,
y compris dans les domaines de la laïcité et de l’immigration.
La révision du traité
étant extrêmement difficile (art. IV 443), nous ne pourrions
corriger ces mesures.
La France n’aurait alors aucun
droit de veto, ni aucun vrai recours sauf la sortie de l’Union,
effectivement prévue, mais tellement coûteuse qu’elle
en devient illusoire.
Europe-carcan et piège des peuples dépouillés de
leurs pouvoirs les plus sacrés.
Une génération peut-elle,
en matière d’orientations politiques et économiques,
assujettir à une loi aussi contraignante, et a priori immuable,
les générations futures ?
2. On
vous propose en échange un LEURRE : une « Europe-puissance
» virtuelle, en fait étouffante et IMPUISSANTE.
Une Europe sans les peuples, dissous
dans les COMMUNAUTARISMES.
Le peuple européen n’existant pas, la démarche pour
le construire « hors sol » manque à la fois de vrais
chefs qui y croient et la conduisent, d’une vision et d’une
ambition haute qui soient communes et enthousiasmantes, et même
de grands projets économiques, industriels, sociaux et culturels.
Il s’agit d’un leurre. L’Union et son armée de
fonctionnaires s’attachent en fait à de petites choses, à
une réglementation foisonnante et étouffante, pour maintenir
couchés les géants nationaux, comme les Lilliputiens fixaient
au sol, un par un, les cheveux de Gulliver pendant son sommeil, pour l’empêcher
de se relever.
L’Union s’occupe de tout,
surtout des détails qui peuvent uniformiser les comportements et
faire croire que les Européens forment un même peuple. D’où
l’interdiction du beurre jaune, des fromages au lait cru, du foie
gras, des courses de taureaux, de la chasse à certaines périodes
et de certaines espèces, de formes et quantités de la pêche.
D’où les réglementations uniformes sur les OGM, les
plaques d’immatriculation des voitures, les passeports - en anglais
langue commune – pour les animaux… Ses directives –envoyées
de plus en plus en anglais uniquement - et divers textes à introduire
dans les législations nationales représentent déjà
près des trois quarts du travail de nos administrations centrales.
L’Union poursuit aujourd’hui
avec acharnement le rêve fou dénoncé par Brecht de
« dissoudre les peuples », pour façonner un nouveau
peuple docile à ses maîtres.
Elle commence par occulter le passé,
par exemple en évitant, dans le préambule du traité,
de faire référence aux racines chrétiennes de l’Europe,
que beaucoup de laïques ne songent pas à nier, puisque la
laïcité doit beaucoup au « rendre à César
ce qui est à César » ignoré de l’Islam,
et que la Révolution française, dirigée en grande
partie contre les abus de puissance de l’Église catholique,
emprunte à celle-ci nombre de ses schémas mentaux.
Puis on estompe, voire efface, les frontières.
On ne sait même plus où sont les frontières extérieures
de l’Union (à l’est de la Turquie ?), qui n’ont
pas de protection sérieuse contre l’immigration clandestine,
par les carences des accords de Schengen, ni de tarif douanier commun
digne de ce nom. Les frontières intérieures sont en pointillés
et peuvent être déplacées grâce à la
politique de l’Union favorable aux régions, contre les États,
et grâce au développement des coopérations transfrontalières
financées par la Commission… Des cartes de l’Europe
des régions circulent dans les milieux bruxellois, fort inquiétantes
pour l’unité des grands États européens hormis
l’Allemagne ; elles rappellent par bien des points les projets nazis
de 1942 qui faisaient éclater la Grande Bretagne, l’Espagne,
la Belgique, la France, en régions ethniques.
L’Union rabote les grandes différences
nationales et les repères identitaires les plus forts, et tente
d’en faire un « cocktail » à l’américaine.
Ainsi, la libre circulation et le libre établissement des personnes,
des entreprises avec leurs « protections » sociales des pays
d’origine (Bolkestein…), à l’intérieur
de l’Union, l’immigration extérieure et le métissage
encouragés, sous le prétexte de « combler le déficit
démographique » et même de main d’œuvre
de nos pays, tendent à briser l’unité et le ressort
de chaque peuple, de le miter d’isolats qui échappent aux
lois des pays d’accueil.
Ainsi, les attaques contre la laïcité
si étroitement liée à l’identité française,
rejoignent - paradoxe seulement apparent ! - le souci d’occulter
les racines chrétiennes.
Selon l’Élysée,
«les racines de l'Europe sont autant musulmanes que chrétiennes».
Notre loi Fillon du 15 mars 2004 interdisant le voile et autres insignes
religieux dans les lieux publics deviendrait inconstitutionnelle au regard
de la charte des droits fondamentaux intégrée dans le traité
proposé à vos suffrages. Selon cette charte: «Toute
personne (.) a la liberté de manifester sa religion ou sa conviction
individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par
le culte, l'enseignement, les pratiques et l'accomplissement des rites.»
C’est la même politique
que celle d’Ottawa dans les provinces du Canada, particulièrement
au Québec.
C’est dissoudre ce qui peut résister, c’est toujours
« diviser pour régner ».
Mais aussi, en Europe, régner pour ne rien faire. Le nombre, croissant
sans cesse, des Etats membres, leur absence de consensus sur la plupart
des grands sujets, et leurs intérêts opposés, combinés
avec la lourdeur des procédures de décision, empêchent
des politiques communes dans les domaines linguistiques et culturels,
sociaux, de grands programmes d’infrastructures, de projets industriels
ambitieux, de coopérations renforcées. En politique étrangère,
l’Union ne peut parler d’une seule voix que pour ne rien dire.
Manteaux d’Arlequin, pays mités
d’implantations des « communautés » les plus
diverses : c’est sans doute là l’idée-force
de ce projet de traité. Il s’agit en effet, par les communautarismes,
l’élargissement à tout-va, l’admission forcée
de la Turquie, l’impuissance organisée d’un super-État
obèse et impotent : de rendre impossibles à la fois la permanence
de nations fortes, et l’émergence d’une véritable
Union-puissance, qui pourraient gêner le règne du marché
et l’hégémonisme de l’Empire.
3. Et
une Europe non-européenne, féodale, sans Défense
indépendante, VASSALE, par Bruxelles, des États-Unis.
On vous a dit qu'adopter la constitution, c'est créer une Europe
diplomatiquement forte et indépendante des puissances dominantes
de la planète. Leurre !
En réalité, la constitution institutionnaliserait une dépendance
permanente de l'Europe à l'égard de l'OTAN et des États-Unis
qui dominent cette organisation.
« Europe féodale » selon le Député Brunhes.
Voyez en effet le texte sur la politique
de sécurité et de défense commune (PESC) de l’Union
: Elle « est compatible avec la politique commune de sécurité
et de défense arrêtée » dans le cadre de l'OTAN
(article I-41-2).
L'expression "indépendance
de l'Union", qui figure encore dans le traité de Nice actuellement
en vigueur, disparaît dans celui de la prétendue "constitution".
Qui dit compatible, veut-dire que la politique arrêtée dans
le cadre de l'OTAN est la référence et que l'Union s'interdit
de mener une politique qui serait "incompatible" avec celle
qui est déterminée par l'OTAN, c'est-à-dire par les
États-Unis. Il y a donc bien une mise de l'Europe sous la tutelle
de Washington.
Une lecture rapide et superficielle du traité nous laisse croire
que les décisions seront prises, dans ce domaine, à l'unanimité.
Mais à y regarder de plus près, il apparaît que le
projet ouvre déjà la voie à un régime de majorité
qualifiée (art.III-300, §3). Nous pouvons donc être
contraints d'obéir à une disposition contraire à
nos choix et incompatible avec notre propre politique : d’immigration,
d’aménagement du territoire, industrielle, etc. Mais il y
a plus grave. Que se passerait-il en cas de désaccord ?. La réponse
est donnée par les articles suivants :
"L'État membre concerné
s'abstient de toute action susceptible d'entrer en conflit avec l'action
de l'Union...ou d'y faire obstacle" (Art III-300-1)
"Les États membres coordonnent
leur action au sein des organisations internationales et lors des conférences
internationales. Ils défendent dans ces enceintes la position de
l'Union." (Art. 305-1-alinéa 1). "Au sein des organisations
internationales... ceux qui y participent défendent les positions
de l'Union" (Art. 305-1-alinéa 2). "Les États
membres qui sont membres du Conseil de Sécurité [de l'O.N.U.]
défendent, dans l'exercice de leurs fonctions, les positions et
les intérêts de l'Union." (Art. III-305-2-alinéa
2). Les États membres qui siègent demandent que le ministre
des affaires étrangères de l'Union soit invité à
"présenter la position de l'Union." (Art. 305-2 alinéa
3).
Songez à l'Irak… Si ce
traité avait été en application lors de la guerre,
nous eussions été mis en minorité. A la majorité
qualifiée, l'Europe eût soutenu l'aventure irakienne. Peut-être
même eussions-nous dû envoyer des troupes en Irak !
M. de Villepin eût été
réduit au silence. M. Solana fût monté à la
tribune pour soutenir la politique américaine et y associer la
« vieille Europe » comme la « nouvelle » !
Rien n’est dit de notre force
de frappe, ni de notre siège au Conseil de Sécurité
des Nations-Unies…Mais il est permis de s’interroger, dans
ce contexte, sur leur pérennité.
Le vote à la majorité,
c’est l’assurance pour l’Empire de la fin du veto français
sur ses guerres.
Le Député Jacques Myard parle du « règne de
l’inanité sonore et de la paralysie », c’est-à-dire
des vaines palabres à Bruxelles, quand des décisions urgentes
s’imposent..
Nous n’en sommes plus à l’Europe des débuts,
celle de la réconciliation franco-allemande et de la paix sur le
continent. On veut nous faire entrer dans le carcan d’un nouveau
Saint-Empire qui porte la guerre comme la nuée porte l’orage.
Enfin, cet enfermement dans l’Europe otanienne nous coupe, à
terme rapproché, de notre grand large, de nos collectivités
d’Outre-Mer, et de la Communauté francophone.
Alors que l’on voit mal la Grande Bretagne abandonner le Commonwealth
et …elle-même.
Français, chaque fois que, dans
son histoire, la France a concentré sa politique étrangère
sur l'Europe et oublié son "grand large", elle a été
réduite : Louis XV, l'Inde et les " quelques arpents de neige
au Canada"; Napoléon et la vente de l'immense Louisiane d'alors...
On vous refait un peu le même coup aujourd'hui face aux mêmes
« partenaires ».
N'oubliez pas que la France n'est pas
seulement européenne. Elle est mondiale. Elle l'est par ses territoires
d’Outre-Mer sur tous les continents. Elle l’est
encore par sa langue. Elle l'est par une Communauté francophone
de plus de 50 pays membres, qui ne sont que pour moitié de ses
anciennes colonies. Cette Francophonie a soutenu la voix propre de la
France, sa conception d'un universalisme humaniste, fondamentalement distinct
de l'universalisme sûr de lui et dominateur de "peuple élu"
des États-Unis d'Amérique, et sa lutte, avec le Québec,
pour la sauvegarde de l'"exception" ou "diversité"
culturelle dans le monde. Cette Francophonie qui est laboratoire de dialogue
des cultures, à l'opposé de la conception de Huntington
sur le "choc des civilisations", à l'opposé de
l'Empire et des guerres dans lesquelles il veut nous entraîner,
on veut la dissoudre.
Le traité proposé achèverait
d’empêcher la politique étrangère de la France
de "marcher sur les deux jambes", en nous amputant de notre
grand large et nous condamnant à une seule prothèse européenne
mal articulée. La mort de la Francophonie et de la voix originale
de la France y est inscrite en filigrane assez visible.
4. Vous
perdez votre CITOYENNETE actuelle, réelle, pour un titre illusoire
de « citoyen de l’Union », d’une machine
non-démocratique. Constatez le TOTALITARISME d’une pensée
unique.
On vous a dit : « Il est bien
normal que l'Europe ait, elle aussi, sa constitution pour établir
son organisation et définir son fonctionnement. »
En réalité, l'Union, qui n'a pas attendu ce traité
pour avoir ses règles, veut aller beaucoup plus loin par sa «
constitution » et par la charte des droits fondamentaux, qu’elle
intègre et qui s’imposerait au préambule de la Constitution
française inspiré de la Déclaration des droits de
l’homme et du citoyen. Les promoteurs du traité veulent,
en fait, que l’Union ait ses propres citoyens, et définisse
leurs relations avec elle. Ils veulent, aussi et surtout, graver dans
le marbre, pour longtemps sans doute si l’on tient compte de la
difficulté de réviser la « constitution », les
orientations politiques fondamentales qui s’imposeront à
tous, en matière de défense, d’actions extérieures,
de politique économique, et de politique sociale. En ce sens, il
s’agit de bien plus qu’une constitution, qui ne contient pas,
d’ordinaire, des orientations politiques, mais d’un traité
à la fois de libre échange, d’alliance, de défense,
et de culture hors sol d’un nouveau peuple.
Ce que ce traité contient, en effet, est bien loin de se borner
à des règles de fonctionnement. C'est surtout, dans sa partie
III, la définition des politiques, à laquelle sont consacrés
322 articles sur un total de 448, soit 72 % du total, et peu débattus
en Convention !
La constitution française tient
sur 16 pages. Le traité prend 474 pages au JO de l’Union.
Alors qu’un des objectifs de l'exercice d'élaboration d'une
constitution européenne était la simplification des traités
existants. On est loin du compte!
Si vous n'êtes pas d'accord avec
tel des nombreux articles de la politique de l’Union, vous êtes
hors la loi. C'est la pensée unique obligatoire…
Vous êtes aujourd’hui encore
citoyens d’une République, d’un État vaille
que vaille démocratique. Vous pouvez encore, par votre vote, votre
presse, vos livres, vos manifestations, vos grèves, voire vos contacts
personnels, peser sur des gouvernants relativement proches. Demain, on
vous donnerait la « citoyenneté de l’Union »,
mais vous seriez, en fait, privés de vos droits de citoyen. Vos
gouvernants nationaux n’auraient plus de pouvoirs, transférés
aux organes lointains et étrangers, non élus ni renversables
par vous, de l’Union. Dans une machine totalitaire, non démocratique.
Le vide démocratique est en effet
vertigineux.
Dans cette « constitution »
presque impossible à réviser une fois adoptée, on
ne trouve pas de véritable séparation des pouvoirs. Et c’est
une Commission très bureaucratique qui s’arroge l’essentiel
des pouvoirs, sans sanctions ni contre-pouvoirs réels. Les pouvoirs
du Parlement européen, dont on vous dit qu’ils sont renforcés,
l’ont certes été, au moins en apparence, mais surtout
face à la Commission, et plutôt au détriment du Conseil,
donc des Etats. Quant aux pouvoirs des Parlements nationaux, ils sont
réduits, vis-à-vis de l’Union à un «
droit de pétition », de remontrance ou de supplique en quelque
sorte, adressée à un Roi bien lointain, comme sous l’Ancien
Régime. Une farce ; et une régression.
Dans son livre « Rappel au règlement
», M. Pierre Mazeaud, aujourd’hui Président du Conseil
Constitutionnel, écrivait il y a quelques années à
ce propos : « C’est insupportable, inadmissible, inacceptable.
»
Et que dire des organes très
importants de décision qui échappent totalement à
tout contrôle, tant des gouvernements, parlements et citoyens nationaux,
que des institutions principales de l’Union elles-mêmes ?
C’est le cas de la BCE (Banque centrale européenne), (Article
III 188). Vous avez entendu M. Trichet à Strasbourg : « I
am not a Frenchman ».
Vous savez déjà ce qu’il risque d’advenir de
notre laïcité. Eh bien ! Un autre pilier constitutionnel de
votre citoyenneté, l’égalité de tous devant
la loi, perd beaucoup de sa force dans le projet de traité. A la
place de l’Égalité qui n’admettait de distinction
que fondée sur « l’utilité commune »,
les « vertus » ou les « talents » des individus,
le traité consacre la discrimination positive en faveur des minorités
culturelles, religieuses et sexuelles (article II-83 de la charte).
Du passé table rase, éradication, « devoir de mémoire
» à rebours : devoir d’oubli et de déracinement
: déboussolage et décervelage deviennent les deux mamelles
de l’Union.
5. Le traité «
voleur d’âmes » renforce la dépossession, jusqu’ici
insidieuse, des cultures et des LANGUES européennes, au profit
de l’anglais.
On vous a dit que la constitution européenne
respecterait l'identité des nations et que la « diversité
culturelle » et linguistique serait sauvegardée.
En réalité, notre « exception culturelle » serait
abolie comme d’autres.
Selon le traité, les actions de soutien à la culture seraient
prises à la majorité : d’autres membres, aisément
coalisés, pourraient imposer l'action culturelle à mener
en France (article III-280). Fin, entre autres, du cinéma français
jusqu’ici protégé par nos quotas : voyez : on ne vous
traduit déjà plus les affiches des films américains...
Les garanties négociées en matière d’exception
culturelle – édulcorée en « diversité
culturelle » - sont très en retrait par rapport à
celles obtenues par l’Angleterre sur l’Europe sociale : la
France (pour ne citer qu’elle, mais c’est elle d’abord
qui est en pointe et en butte dans ces domaines…) devra établir
la preuve que telle décision majoritaire menace ses intérêts,
puis rassembler des alliés pour obtenir un vote à l’unanimité,
bien problématique. En cas de désaccord avec la Commission,
ce sera à la Cour européenne de justice de trancher, à
elle qui a généralement tranché dans le sens «
communautaire » et sera peut-être portée à le
faire encore plus sur la base de ce traité.
Par une véritable « ex-sanguino-transfusion », jusqu’ici
lente et subreptice, mais accélérée au grand jour
si le traité est ratifié, on substitue l’anglo-américain,
langue du maître, aux langues continentales, notamment au français.
L’affaire est déjà très avancée à
Bruxelles. Mais elle l’est aussi chez vous et aboutirait avec la
« constitution ». Les congrès scientifiques en France
sont de plus en plus en anglais, à l’avantage énorme
des anglophones maternels. Dans nos grandes entreprises « mondialisées
», on vous demandera de ne parler qu’anglais si vous voulez
y être employés, y rester, et y être promus aux échelons
de décision. Il se passera ensuite ce qui se passe déjà
à Bruxelles : une discrimination ethnique, presque raciale : les
anglophones maternels parlant décidément mieux anglais que
les autres, quelles que soient leurs compétences par ailleurs et
les sommes importantes englouties dans l’apprentissage de l’anglais
dans les prospères officines anglaises, les employeurs préfèreront
toujours les originaux aux copies. Vous serez remplacés par des
Anglais, des Irlandais, au besoin par des Hollandais ou Scandinaves plus
proches que vous du modèle humain supérieur.
Savez-vous que la « directive Bolkestein » (voir plus loin)
est déjà partiellement appliquée chez nous, par anticipation,
grâce à une astuce de la réglementation européenne
? Dans nos plus belles stations de sports d’hiver, des Anglais acquièrent
des hôtels où il font venir le personnel, et même les
moniteurs de ski, de divers pays, aux conditions « sociales »
bien moins généreuses de la Grande-Bretagne, et que tout
s’y déroule en anglais, y compris les menus ? Vous vous entendez
dire « Sorry, we don’t speak French !…comme aux beaux
temps du « speak white ! » au Québec)
En outre, au mépris de vos lois actuelles et du principe de précaution,
Bruxelles réussira enfin à éliminer l’obstacle
à la libre circulation et au marché sans frontières
qu’est la traduction en français des étiquettes, des
modes d’emploi, des notices de composition, de tous produits qui
circulent dans le commerce, y compris les produits alimentaires et pharmaceutiques.
La Cour, déjà, l’avait exigé. Tant pis pour
ceux qui ne savent pas lire l’anglais. On leur fera, à la
rigueur, des petits dessins.
Français, on ne vous ménage plus, on vous manage comme des
esprits déjà conquis, des colonisés qui ne doivent
plus s'encombrer de leur langue de vaincus!
C'est implicite dans le projet qui pose l'absolue primauté du droit
européen sur les droits nationaux, y compris constitutionnels.
Il ne faudra que très peu de temps, si vous ratifiez cet abandon
suprême, pour voir vider de leur substance la "loi Toubon"
et même l'article de notre Constitution : « la langue de la
République est le français »!
6.- Cherchez la dimension SOCIALE
: elle est INTROUVABLE.
On vous a dit : « Pour la première
fois, un traité européen apporte une avancée substantielle
en matière sociale »
En réalité, ces affirmations ne sont guère étayées
dans le texte, sinon par une formule bien ambiguë empruntée
à l’Allemagne : « économie sociale de marché
» dont on ajoute qu’elle doit être « hautement
compétitive », dans un marché intérieur où
« la concurrence est libre et non faussée ». Non faussée
par les services publics, notamment ?
Dans le traité, au chapitre social, on ne trouve qu’un décalque
des dispositions bien peu contraignantes en vigueur actuellement.
Le choix idéologique du libéralisme (voyez le point 7 ci-dessous)
annonce l’effacement de ce qui était naguère le modèle
social de la vieille Europe, fondé sur les droits collectifs, des
biens communs, une protection sociale, l’intérêt général,
des services publics, un code du travail.
La charte transforme l’actuel « droit au travail » en
simples « droit de travailler et liberté de chercher un emploi
» (art.II-75). Où est le progrès social ?
Notez que pour les règles libérales du traité, le
social et la fiscalité, la règle de l’unanimité
est maintenue. La « dimension sociale » est donc réduite
pour longtemps, jusqu’à ce que tous les signataires du traité
se mettent d’accord pour lui donner un peu plus de consistance…Le
politique et le social sont subordonnés durablement à l’économie.
Quant aux services publics, voyez le point 7 ci-après, notamment
sur les aspects sociaux de la directive Bolkestein.
7.-Le traité renforce l’entreprise communautaire
de DÉPRESSION ÉCONOMIQUE des États fondateurs :
- Il traduit une idéologie d’ultra-libéralisme
économique, destructrice des protections :
Selon le député Brunhes, dans le traité on ne trouve
nulle part les mots « fraternité, laïcité »,
« souveraineté nationale », mais 88 fois « marché
», 29 fois « concurrence », 23 fois « capitaux
».
On vous a dit : « L'Union fait la force. La force de l’économie
» (de qui ?)…
En réalité, depuis trente ans, l'Europe et la France se
désindustrialisent. Notre Prix Nobel Maurice ALLAIS vous le dit.
Les performances économiques de l'eurozone sont constamment inférieures
à celles des États membres hors euro (croissance plus faible,
hausse des prix et chômage plus forts). Cela à cause de l'ultra
libéralisme hostile aux protections de l'économie européenne.
Or le traité officialise cette idéologie. Il démonte
les colbertismes nationaux et empêche tout volontarisme au niveau
de l’Union.
Lisez le traité : « L'Union contribue …à la
suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux
et aux investissements étrangers directs, ainsi qu'à la
réduction des barrières douanières et autres »
(article III-314).
Les États ne peuvent reprendre la main. Voyez les verrouillages
:
Ils sont pris dans un pacte de stabilité (stupide aux dires de
M. Prodi lui-même).
La politique de la concurrence et les négociations commerciales
internationales relèvent de la Commission, hors de contrôle.
La Cour de Justice est le gendarme qui garantit cette compétence
quasi exclusive. La BCE applique une politique libérale et monétariste
plus intransigeante que celle de la Banque fédérale américaine.
Et même les « coopérations renforcées »
que plusieurs États pourraient décider de mener ensemble,
sont assorties de tant de garde-fous qu’elles en deviennent très
improbables. Lit de Procuste…
Cela de peur qu’elles n’échappent à la Commission,
ne laissent de côté tel ou tel État, ou ne déplaisent
au maître.
On l’a bien vu récemment avec le projet Galileo (échappant
pourtant en bonne partie à la Commission), qui permet de se libérer
de la dépendance du GPS américain. Après d’interminables
négociations bruxelloises (une dizaine d’années !…),
sa construction a été finalement décidée,
mais sous réserve que ce projet qui fait de l’ombre aux Américains
n’aura pas d’application militaire !
- Les SERVICES PUBLICS sont abandonnés aux caprices de l'Union
:
On vous a dit : « le traité va enfin respecter les services
publics à la française. »
En réalité, c'est le contraire : le traité ne connaît
ni les « services publics », ni les « services d’intérêt
général », mais seulement des « services d’intérêt
économique général » dont le sort serait livré
aux caprices de la législation européenne.
En effet, la loi européenne en fixe « les principes et les
conditions de fonctionnement » (article III-122).tout en spécifiant
bien que les entreprises chargées de leur gestion sont «
soumises aux règles de la concurrence » (art.III-166)
On voit bien, à l’exemple récent de la proposition
de « directive Bolkestein », où pourrait aller la «
loi européenne ». Cette directive prévoit, sous couvert
de libéralisation des services, le démantèlement
de tout notre modèle économique et social. Cette directive
équivaut à une révolution aux multiples conséquences
juridiques, fiscales, économiques et sociales, quand on sait que
plus de 70% de nos emplois relèvent du secteur des services. C¹est
toute la vie quotidienne des Français qui en serait bouleversée
: baisse des salaires, nivellement par le bas de la protection sociale,
concurrence déloyale pour nos PME, insécurité juridique,
multiplication des délocalisations. Il y a grande urgence à
s¹opposer à cette directive qui consacre l¹ultra libéralisme.
A titre d¹exemple, une entreprise d¹intérim polonaise
(ou turque ?) pourra exercer en France tout en étant soumise au
droit du travail polonais : salaires polonais, protection sociale polonaise,
réglementation du travail polonaise, normes de sécurité
polonaises, règles de qualité polonaises...C¹est la
fin programmée du modèle de protection sociale français.
Le seul moyen de rejeter la directive Bolkestein, c¹est de voter
Non au projet de « constitution européenne » : en effet,
après son adoption, il sera trop tard, car tout le droit européen
s¹imposera définitivement à tous les droits nationaux.
- L’aménagement du territoire est confisqué par l'Union.
On vous a dit que le traité confirmerait les « fonds structurels
», servant à aider les États membres et les régions
défavorisées. Bonne chose en principe pour la solidarité.
En réalité, le système est critiquable, non dans
sa finalité, mais dans ses modalités. Une fraction importante
des ressources financières des fonds structurels ne fait que revenir
aux mêmes pays qui les ont fournies en contribuant au budget européen.
Mais toute la "gloire" de l'opération en revient à
la Commission européenne.
Bien qu'elle ait pris les sous dans la poche droite de Jacques ou de Paul
pour les glisser dans sa poche gauche.
Le hic est que les régions s’adressent de plus en plus directement
à Bruxelles, qui tend à en profiter pour mettre en œuvre
sa politique régionaliste et anti-États.
Aides énormes, alors que les aides nationales aux entreprises sont
pour la plupart interdites au nom de la concurrence. Et alors même
que Bruxelles a été jusqu’ici totalement incapable
de définir et mettre en œuvre de véritables politiques
industrielles, de grands travaux et de grandes infrastructures, qui sont
les meilleurs facteurs d’aménagement du territoire.
Voyez le traité (Fonds structurels: articles III-220 à III-224.
Interdiction des aides d'État: article III-167).
L’agriculture française est sacrifiée à l’idéologie
:
On vous a dit que la politique agricole commune était un modèle
de politique totalement intégrée.
En réalité, si cela a été assez vrai dans
le passé, ce ne l'est plus du tout. Avec l'ouverture des frontières,
les prix européens ont rejoint le niveau profondément déprimé
des prix mondiaux, ruinant une proportion croissante des exploitations
agricoles. Cela n'a pas ému les Lamy et Fischler, ex-Commissaires
chargés des négociations commerciales et de l'agriculture.
Le traité, par son idéologie ultra-libérale et libre-échangiste,
donne sa bénédiction à la poursuite de la même
politique.
- Personne ne vous parle du budget européen.
On vous a même dit que les États tels la France, la Grande
Bretagne et l’Allemagne s’opposent à son augmentation.
Ne soyez pas rassurés pour autant. En effet, l’accumulation
des compétences transférées à l’Union
par la « constitution » serait telle qu’il lui faudrait
beaucoup d’argent pour couvrir les dépenses qui en découleraient
nécessairement. Avec sa personnalité de super-État,
l’Union pourrait lever directement sur « ses citoyens »
d’importants impôts directs et indirects s’ajoutant
à ceux que vous payez aux communes, départements, régions,
État. Cette superposition de l’impôt européen
est la conséquence la plus soigneusement occultée de l’actuelle
« construction communautaire ». A vos poches !
8.- Voyez la « turquerie
» dans l’admission enclenchée de la TURQUIE.
On vous a dit : constitution proposée
et éventuelle adhésion de la Turquie sont deux questions
indépendantes qui ne doivent surtout pas interférer.
En réalité, ces questions sont liées. Si on fait
entrer la Turquie dans l'Union européenne, vu son poids démographique
(70 millions d’habitants, 100 en 2025), on lui livre l'Union. Si,
conformément au projet de traité, on livre à l'Union
tous les pouvoirs, alors on livre à la Turquie tous les pouvoirs!
Pour complaire à tous ceux (d’abord aux États-Unis)
qui veulent l’entrée de la Turquie, on a besoin d’une
« constitution » qui donne à l’Union la personnalité
juridique, en fait un État supérieur qui lève l’impôt
directement et alimente ainsi, notamment, les énormes « fonds
structurels » nécessaires au rattrapage économique
d’une Turquie encore très arriérée dans le
développement de ses régions. Le traité est déjà
tourné vers cette perspective. La référence aux racines
chrétiennes a été ôtée du préambule
surtout pour ne pas froisser les Turcs.
Du reste, le Premier Ministre turc fut, à Rome, invité à
signer le texte du Traité, comme s’il eût été
hors de doute que la Turquie serait admise !…Alors qu’elle
pratique le négationnisme sur le génocide arménien
et occupe militairement un pays membre de l’Union (Chypre) qu’elle
refuse même de reconnaître! Qui dicte les conditions d’adhésion
? La Constitution, qui s'engage à respecter les minorités
et les diversités culturelles et religieuses, renonce de ce fait
à intégrer l'islam dans le modèle européen
et à consolider une communauté de destin. Ce n'est pas rien.
La Constitution, lue dans la perspective d'une adhésion de la Turquie,
se prête à ce pari osé visant, au nom du pacifisme
et du respect de l'autre, à laisser islamiser en catimini une Europe
laïque. Idée reprise dans les discours officiels des actuels
dirigeants européens, qui vantent les bienfaits d'une Europe culturellement
métissée et économiquement libre-échangiste,
et qui réécrivent l'histoire des invasions et terribles
oppressions ottomanes.
9. Sachez-le : il y a une VIE
APRES le « NON» : les coopérations à la carte
entre États souverains, pour des Airbus et Ariane - et surtout
une civilisation de la diversité - impossibles sous Bruxelles.
C’est le « oui », seul, qui mène au grand saut
dans le vide et à la chute dans le chaos.
On vous prédit une catastrophe
épouvantable si la France dit « non » (comme peut-être
la Grande Bretagne après elle) : fin de l’espoir européen
de réconciliation et de paix, du rêve de puissance, déclin;
isolement, punition du pays traître à sa propre idée,
à Victor Hugo, voire à de Gaulle !…
Faux ! L’idée française sur l’Europe n’a
jamais été d’effacer les nations et de les soumettre
à une commission américaine, mais de les faire travailler
ensemble à la paix et à des œuvres communes librement
décidées.
Si le traité est rejeté par le peuple français, avant
d’autres, qui oserait le « punir» ? Alors que beaucoup
d’Européens en seraient soulagés? Même les Etats-Unis
ne l’oseraient pas.
Ce ne serait pas le vide : le traité de Nice existe. Mauvais, certes,
selon ses propres négociateurs. Mais quelle idée saugrenue
d’écarter un mauvais traité pour le remplacer par
un bien pire ! Il reste en vigueur jusqu’en 2009. L’Europe
ne s’arrêtera donc pas de tourner.
Les États européens auront alors tout loisir de remettre
tout d’aplomb et de négocier entre eux une autre Europe,
Union libre d’États-Nations souverains, en coopération
intense, mais à la carte, et sans la Commission de Bruxelles sur
le dos.
Remettre tout d’aplomb, c’est faire abroger les traités
de Maëstricht et postérieurs, et repartir d’un bon pied,
sur la base du traité de Rome (1957). C’est le « oui
» qui est un saut dans le vide.
10. En somme : Un NON qui est
un oui pour refaire une Europe des Nations, en gardant la France.
L'Union européenne était
la fille de nations déjà en paix. Depuis vingt ans, elle
en est devenue la marâtre. Mélange d’ancienne Union
soviétique et de Saint Empire romain germanique.
Sa "constitution" ne laisse plus de marge aux États et
vide de sens leurs futures élections nationales. Il vous offre
un aller simple hors de la démocratie et de la France. Il achève
de transformer nos peuples en juxtapositions de « communautés
» ethniques, religieuses, sexuelles…, en foules de consommateurs
et robots dociles, aux langues et cultures abâtardies, décitoyennées,
dénoyautées, , décervelées, livrées
au marché et aux multinationales.
Et bien mal consolées de leur énucléation par le
sexe et de pauvres jeux de ballon…
Elle porte en germe sur le continent de nouveaux conflits que l'on soupçonne
déjà, notamment avec la pré-adhésion de la
Turquie dont on reporte les lourds effets sur les générations
futures.
Ratifié, ce traité ouvrirait en Europe une ère totalitaire
au nom d'une idéologie supranationale d'un autre âge, en
ce début de siècle où il faudrait au contraire une
Europe de la souplesse, de la géométrie variable et de la
démocratie, notamment en mettant les parlements nationaux au cœur
du processus législatif.
Nos 25 (puis 30, 35…) pays ne veulent pas se fondre en un super
État fédéral non-démocratique, un "empire
de la norme d’Occident", elles veulent s'associer librement
pour mener à la carte des actions communes telles Airbus et Ariane,
en étant plus efficaces.
La France ne retrouve aucune de ses
conceptions originales, qu’elle croyait universelles : de la Nation,
de la République, de l’État, de la citoyenneté
et de la démocratie, de la vie en société et même
de sa laïcité, dans cette « Euraméricanie »
qui l’efface et la nie.
En 1420, le traité de Troyes,
signé – déjà ! - dans l’indifférence
par la régente Isabeau de Bavière, a précédé
de peu le remarquable sursaut du peuple et du Royaume avec Jeanne d’Arc.
En 1954, le rejet du traité C.E.D a permis à la République
de redonner à l'Europe des bases assainies et de signer dès
1957 le Traité de Rome, bien adopté en 1958 par le Général
de Gaulle.
En 2005, un "non" français au 3ème traité
donnerait une nouvelle chance à l'Europe vraie, celle de la diversité
et de la liberté.
Ce sera l’honneur de la
France d’être la première à le « porter
haut et fier », car son nom rime avec Résistance.
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