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Nous sommes déjà dans un
beau pétrin…
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Et très bientôt, il ne nous restera plus qu’à
nous noyer dans le purin !
Grande est notre administration. En voulez-vous la preuve ?
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L’article 70 de la loi 2006-11
du 5 janvier 2006 qui a pris effet au 1er juillet 2006 interdisait à
tout un chacun de donner la recette séculaire de l’extrait
d’ortie, « purin » bien connu de tous les jardiniers
qui aiment leurs jardins…
L’ « Affaire » a éclaté
sur les ondes de France Inter. Alain Baraton s’en faisait le porte-voix
à la suite d’un chroniqueur horticole courageux qui prévenait
les auditeurs que dorénavant, l’article 70 de la loi sus-citée
l’empêcherait de leurs donner les bonnes vieilles «
recettes » de nos aïeux, recettes qui permettent de traiter
naturellement bien des maux qui frappent nos jardins et jardinières…
Si Alain Baraton a des réflexions un peu courtes sur l’histoire
de Versailles et de ses rois, il est un grand jardinier : on ne règne
pas sur le domaine de Trianon et du parc de Versailles sans talents !
Et puis un homme qui parle en bien de La Quintinie mérite considération
!
Or donc, l’article 70 de la loi 2006-11 du 5 janvier 2006 entrait
en vigueur le 1er juillet et nos jardins allaient devoir porter le deuil
:
Silence obligé sur l’eau chaude qui est un bon désherbant…
Motus et bouche cousue sur les simples feuilles de fougère qui
éloignent les chenilles des choux. (Les cigognes vont faire la
tête de savoir nos petits « bout de choux » pareil à
des pouilleux !)
Les pucerons vont enfin être protégé des effets du
tabac. A la trappe les bonnes infusions et décoctions…
Plus de cendres dans le jardin…
Et les orties de rire à en pleurer!
Déjà en septembre 2002, une action du directeur départemental
de la répression des fraudes du Maine-et-Loire avait eu pour effet
de mettre hors la loi la vente de purin d’orties, mais nous pouvions
encore en communiquer la ou les recettes et en vanter les vertus…
A compter du 1er juillet, le purin d’ortie n’avait d’autre
avenir que d’entrer dans la clandestinité :
« Article 70
Section 1
Dispositions générales
Art. L. 253-1. -
I. - Sont interdites la mise sur le marché, l'utilisation
et la détention par l'utilisateur final des produits phytopharmaceutiques
s'ils ne bénéficient pas d'une autorisation de mise
sur le marché ou d'une autorisation de distribution pour
expérimentation délivrée dans les conditions
prévues au présent chapitre.
L'utilisation des produits mentionnés au premier alinéa
dans des conditions autres que celles prévues dans la décision
d'autorisation est interdite.
II. - Au sens du présent chapitre, on entend par :
1° Produits phytopharmaceutiques : les préparations
contenant une ou plusieurs substances actives et les produits
composés en tout ou partie d'organismes génétiquement
modifiés présentés sous la forme dans laquelle
ils sont livrés à l'utilisateur final, destinés
à :
a) Protéger les végétaux ou produits végétaux
contre tous les organismes nuisibles ou à prévenir
leur action ;
b) Exercer une action sur les processus vitaux des végétaux,
dans la mesure où il ne s'agit pas de substances nutritives
;
c) Assurer la conservation des produits végétaux,
à l'exception des substances et produits faisant l'objet
d'une réglementation communautaire particulière
relative aux agents conservateurs ;
d) Détruire les végétaux indésirables
;
e) Détruire des parties de végétaux, freiner
ou prévenir une croissance indésirable des végétaux
;
Art. L. 253-7. - Toute publicité commerciale et toute
recommandation pour les produits définis à l'article
L. 253-1 ne peuvent porter que sur des produits bénéficiant
d'une autorisation de mise sur le marché et sur les conditions
d'emploi fixées dans ces autorisations.
III. - Le titre V du livre II du même code est ainsi modifié
:
6° Dans le 4° du même I, après le mot : «
publicité », sont insérés les mots
: « ou de recommander l'utilisation »
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Un peu ardu à comprendre ?
Il nous est interdit, il vous est interdit de transmettre toutes recettes
de produits naturels non homologués et le fait de les transmettre
publiquement, gracieusement s’entend, peut vous valoir une condamnation
jusqu’à deux ans de prison et… 75 000 euros d’amende !
Les bons produits de nos aïeux
ne sont pas loin de valoir les armes de destructions massives…
Personne ne croyait vraiment à
l’application d’un tel décret ! Mais tout est
possible dans un pays qui tient du radeau de la Méduse…
Et donc le jeudi 31 août 2006,
les représentants de l’Inspection nationale des enquêtes
de concurrence, de consommation et de répression des fraudes, appuyés
par le Service régional de la protection des végétaux
de l’Ain frappaient un grand coup : Ils rendaient visite à
Eric Petiot, co-auteur avec Bernard Bertrand du livre « Purin
& compagnie » et auraient saisi ses cours destinés
à des stagiaires…
L’Association des « Amis
de l’ortie » était dans tous ses états !
Au-delà de cette sympathique
association, c’est toute l’agriculture biologique qui était
touchée…
«
En effet, 95 à 98% des produits utilisés aujourd’hui
en jardinage et en agriculture biologique sont fabriqués à
partir de produits naturels, sur place, de façon artisanale, et
souvent selon des « recettes de grand-mère », qui n’ont
jamais été le sujet de grandes études de l’Inra… »
Extraits de l’entretien de Bernard Bertrand
dans « Univers-nature » (http://www.univers-nature.com/interviews/bernard-bertrand.html)
Avec l’application d’un
tel décret, les fabricants de produits phytosanitaires de synthèse
peuvent se frotter les mains… et tout un patrimoine pourrait être
condamnée à disparaître !
Heureusement la résistance s’est
organisée et le Ministère de l’Agriculture a fini
par préciser l’interprétation qu’il conviendra
de faire d’une telle loi.
Faisons court :
« Les particuliers ne sont pas
concernés. En conséquence, les préparations effectuées
par un particulier pour une utilisation personnelle, telles que le purin
d’ortie, ne rentrent pas dans le cadre d’une mise sur le marché,
et sont donc autorisées. De même la promotion auprès
des particuliers de procédés naturels ou le fait de donner
la recette de telles préparations ne sont pas interdites. »
Ouf !
Mais pour les professionnels, les choses
sont et seront un peu plus compliquées :
« … si un professionnel a le droit
de préparer et, ensuite, d’utiliser des produits de traitements
pour les plantes, il n’a pas la possibilité de les commercialiser
ou même de les distribuer gratuitement… »
Toute cette affaire a donné des
boutons à tous les amis des jardins ;
Aussi tant que nous ne tombons pas sous le coup de la loi, nous vous offrons
une recette qui devrait calmer les fortes éruptions :
Le cataplasme floral:
« Faites macérer les pétales
de lys dans de l’huile d’olive en suffisance. Y conserver
les pétales jusqu’au moment de leur utilisation. Lors de
l’apparition d’un gros bouton, voire d’un furoncle ou
d’un panaris, prélevez un pétale et appliquez le sur
la partie atteinte. Gardez en place quelques heures avec un sparadrap. »
(http://www.feminin.ch/beauty/produits/produits_divers.htm)
Vous découvrirez que le lys, tout comme l’ortie, est riche
en vertus… Mais il en possède de bien plus grandes encore…
Il devient urgent que vous les connaissiez !
Et merci à notre amie Anne-Lys
toujours vigilante !
Portemont, le 2 octobre 2006
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