samedi 04 février 2012

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Nous sommes déjà dans un beau pétrin…

Et très bientôt, il ne nous restera plus qu’à nous noyer dans le purin !
Grande est notre administration. En voulez-vous la preuve ?

Orties et Lys

L’article 70 de la loi 2006-11 du 5 janvier 2006 qui a pris effet au 1er juillet 2006 interdisait à tout un chacun de donner la recette séculaire de l’extrait d’ortie, « purin » bien connu de tous les jardiniers qui aiment leurs jardins…

L’ « Affaire » a éclaté sur les ondes de France Inter. Alain Baraton s’en faisait le porte-voix à la suite d’un chroniqueur horticole courageux qui prévenait les auditeurs que dorénavant, l’article 70 de la loi sus-citée l’empêcherait de leurs donner les bonnes vieilles « recettes » de nos aïeux, recettes qui permettent de traiter naturellement bien des maux qui frappent nos jardins et jardinières… Si Alain Baraton a des réflexions un peu courtes sur l’histoire de Versailles et de ses rois, il est un grand jardinier : on ne règne pas sur le domaine de Trianon et du parc de Versailles sans talents ! Et puis un homme qui parle en bien de La Quintinie mérite considération !
Or donc, l’article 70 de la loi 2006-11 du 5 janvier 2006 entrait en vigueur le 1er juillet et nos jardins allaient devoir porter le deuil :
Silence obligé sur l’eau chaude qui est un bon désherbant…
Motus et bouche cousue sur les simples feuilles de fougère qui éloignent les chenilles des choux. (Les cigognes vont faire la tête de savoir nos petits « bout de choux » pareil à des pouilleux !)
Les pucerons vont enfin être protégé des effets du tabac. A la trappe les bonnes infusions et décoctions…
Plus de cendres dans le jardin…
Et les orties de rire à en pleurer!
Déjà en septembre 2002, une action du directeur départemental de la répression des fraudes du Maine-et-Loire avait eu pour effet de mettre hors la loi la vente de purin d’orties, mais nous pouvions encore en communiquer la ou les recettes et en vanter les vertus…
A compter du 1er juillet, le purin d’ortie n’avait d’autre avenir que d’entrer dans la clandestinité :

« Article 70
Section 1
Dispositions générales
Art. L. 253-1. -

I. - Sont interdites la mise sur le marché, l'utilisation et la détention par l'utilisateur final des produits phytopharmaceutiques s'ils ne bénéficient pas d'une autorisation de mise sur le marché ou d'une autorisation de distribution pour expérimentation délivrée dans les conditions prévues au présent chapitre.
L'utilisation des produits mentionnés au premier alinéa dans des conditions autres que celles prévues dans la décision d'autorisation est interdite.

II. - Au sens du présent chapitre, on entend par :
1° Produits phytopharmaceutiques : les préparations contenant une ou plusieurs substances actives et les produits composés en tout ou partie d'organismes génétiquement modifiés présentés sous la forme dans laquelle ils sont livrés à l'utilisateur final, destinés à :
a) Protéger les végétaux ou produits végétaux contre tous les organismes nuisibles ou à prévenir leur action ;
b) Exercer une action sur les processus vitaux des végétaux, dans la mesure où il ne s'agit pas de substances nutritives ;
c) Assurer la conservation des produits végétaux, à l'exception des substances et produits faisant l'objet d'une réglementation communautaire particulière relative aux agents conservateurs ;
d) Détruire les végétaux indésirables ;
e) Détruire des parties de végétaux, freiner ou prévenir une croissance indésirable des végétaux ;

Art. L. 253-7. - Toute publicité commerciale et toute recommandation pour les produits définis à l'article L. 253-1 ne peuvent porter que sur des produits bénéficiant d'une autorisation de mise sur le marché et sur les conditions d'emploi fixées dans ces autorisations.

III. - Le titre V du livre II du même code est ainsi modifié :
6° Dans le 4° du même I, après le mot : « publicité », sont insérés les mots : « ou de recommander l'utilisation »

Un peu ardu à comprendre ?
Il nous est interdit, il vous est interdit de transmettre toutes recettes de produits naturels non homologués et le fait de les transmettre publiquement, gracieusement s’entend, peut vous valoir une condamnation jusqu’à deux ans de prison et… 75 000 euros d’amende !

Les bons produits de nos aïeux ne sont pas loin de valoir les armes de destructions massives…

Personne ne croyait vraiment à l’application d’un tel décret ! Mais tout est possible dans un pays qui tient du radeau de la Méduse…

Et donc le jeudi 31 août 2006, les représentants de l’Inspection nationale des enquêtes de concurrence, de consommation et de répression des fraudes, appuyés par le Service régional de la protection des végétaux de l’Ain frappaient un grand coup : Ils rendaient visite à Eric Petiot, co-auteur avec Bernard Bertrand du livre « Purin & compagnie » et auraient saisi ses cours destinés à des stagiaires…

L’Association des « Amis de l’ortie » était dans tous ses états !

Au-delà de cette sympathique association, c’est toute l’agriculture biologique qui était touchée…

« En effet, 95 à 98% des produits utilisés aujourd’hui en jardinage et en agriculture biologique sont fabriqués à partir de produits naturels, sur place, de façon artisanale, et souvent selon des « recettes de grand-mère », qui n’ont jamais été le sujet de grandes études de l’Inra… »
Extraits de l’entretien de Bernard Bertrand dans « Univers-nature » (http://www.univers-nature.com/interviews/bernard-bertrand.html)

Avec l’application d’un tel décret, les fabricants de produits phytosanitaires de synthèse peuvent se frotter les mains… et tout un patrimoine pourrait être condamnée à disparaître !

Heureusement la résistance s’est organisée et le Ministère de l’Agriculture a fini par préciser l’interprétation qu’il conviendra de faire d’une telle loi.

Faisons court :
« Les particuliers ne sont pas concernés. En conséquence, les préparations effectuées par un particulier pour une utilisation personnelle, telles que le purin d’ortie, ne rentrent pas dans le cadre d’une mise sur le marché, et sont donc autorisées. De même la promotion auprès des particuliers de procédés naturels ou le fait de donner la recette de telles préparations ne sont pas interdites. » Ouf !

Mais pour les professionnels, les choses sont et seront un peu plus compliquées :
« … si un professionnel a le droit de préparer et, ensuite, d’utiliser des produits de traitements pour les plantes, il n’a pas la possibilité de les commercialiser ou même de les distribuer gratuitement… »

Toute cette affaire a donné des boutons à tous les amis des jardins ;
Aussi tant que nous ne tombons pas sous le coup de la loi, nous vous offrons une recette qui devrait calmer les fortes éruptions :

 Le cataplasme floral:
« Faites macérer les pétales de lys dans de l’huile d’olive en suffisance. Y conserver les pétales jusqu’au moment de leur utilisation. Lors de l’apparition d’un gros bouton, voire d’un furoncle ou d’un panaris, prélevez un pétale et appliquez le sur la partie atteinte. Gardez en place quelques heures avec un sparadrap. » (http://www.feminin.ch/beauty/produits/produits_divers.htm)


Vous découvrirez que le lys, tout comme l’ortie, est riche en vertus… Mais il en possède de bien plus grandes encore…

Il devient urgent que vous les connaissiez !

Et merci à notre amie Anne-Lys toujours vigilante !

Portemont, le 2 octobre 2006

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La Terre Bleue
de Klein

Pourquoi une rubrique consacrée à l'Ecologie chez les Manants du Roi ? Parce que le développement durable est dans la nature profonde de la royauté, et qu'il n'existe pas de régime plus naturel qu'elle lorsqu'elle place la naissance à l'origine du pouvoir.

 

 

 
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