lundi 13 octobre 2008

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L’écologie ne peut être que royale. Depuis des lustres et je ne sais combien de vendanges, notre ami Bernard Lhote nous fait partager ses convictions…

Le roi est aussi un berger, un conducteur de tramway, un redresseur de loup, un jardinier et bien plus encore. Il est le seul qui puisse tenir tête à tous les faux redresseurs de faux torts.
Pour vous en convaincre, lisez de la :

« Réintroduction de l’ours, du tramway, et… »

Ours brun préparant sa litière

 

« Réintroduction de l’ours, du tramway, et… »

La réintroduction de l'ours dans les Pyrénées est un pavé dans l'Adour. L'ours n'est pas en peluche, il a griffes et dents et trop bon appétit, protestent les adversaires du plantigrade. Sa façon de marcher sur la pointe des pieds n'empêche pas qu'il les mette dans le plat, bouffe nos côtes d'agneau, trouve habitants et randonneurs à son goût.

De plus ce n'est même pas un naturel ! Qu'est-ce que ces écolos dingos qui refusent les manipulations génétiques et qui soutiennent une opération compliquée, coûteuse, artificielle, à commencer par la traque et la capture de pauvres bêtes bien tranquilles en Slovénie ? Qu'est-ce que ces contempteurs de la chasse soudainement convertis ? Soit, le gibier en l'occurrence n’est pas tué, mais on le déporte au mépris des droits de l'homme, on le traite en immigré, on le livre à un milieu étranger, hostile, oursophobe, raciste.

Ce à quoi les oursophiles rétorquent que cet animal sert "d'indicateur environnemental". Tout bien considéré un manant du roi aussi ... Comme l'ours pour l'écosystème, il est un signe positif pour le sociosystème. Un signe de biodiversité.

Quelle prise !

Quant aux menaces sur l'élevage en montagne, elles sont avant tout économiques, disent à juste titre les supporteurs de l'ours.

 

Les ovins sont peu rentables, tandis qu'au contraire leur éventuel prédateur, à l'image de marque attractive, bon produit touristique, fait vendre nos contrées désertées.

Moutons dans les Pyrénées.
Source : http://pyreneisme.free.fr

Qu'en penser? Il nous semble que les plus acharnés adversaires du gros machin velu et goulu n'ont pas tort quand ils gueulent que ce sont des fantasmes de citadins intellos, comme de réintroduire les indiens à Indianapolis. Et, à notre point de vue écologiste, cette histoire de réintroduction forcée d'animaux sauvages redoutés nous paraît desservir la réputation de l'écologie par son aspect outrancier, disproportionné par rapport à la cause en question.

Les cas du loup et du tramway sont assez différents. Le loup s'est, semble t-il, réintroduit en douce de lui-même en provenance d'Italie où, depuis qu'une louve éleva et nourrit les fondateurs de Rome, il est chez lui, plus que chez nous, Pays du lys plus que du loup.

Le tramway, condamné après-guerre, au nom de la Môôôdernité, n'était pas complètement disparu de l'environnement urbain. Depuis une décennie, le tram, pimpant, fait un retour en force au nom de la ... MÔôôdernité. Cette star décrépite en dépit de permanent reliftage.

Le futur tramway parisien, boulevard Brune. Source : www.tramway.paris.fr

Seuls les accrocs du volant - hier enfants chéris de l'Industrie, aujourd'hui pourchassés par la maréchaussée - rouspètent contre ce transport en commun qui les prive d'espace.

En vain, le, tram c'est transe, à la fois archaïque, actuel, futur. Irrésistiblement dans le vent.

Le tramway de Lyon

On en finirait pas de citer des exemples de résurrection de tous les condamnés à mort par le tribunal du Progrès. Des techniques médiévales de jardinage à la revendication d'existence (anti-républicaine) de communautés de toutes sortes, en passant par la réapparition du saumon en Loire.

Alors, la réintroduction du roi ?

Sera t’elle aussi difficile que celle de l'ours, aussi furtive que celle du loup, aussi évidente que celle du tram ?

Le roi n'a pas complètement disparu du paysage français. Son souvenir est partout présent. La République, elle-même, siège au Palais-Bourbon. Sa gendarmerie se pare d'écussons fleurdelysés. Les bistrots baptisés "le Royal" sont beaucoup plus nombreux que ceux qui se réclament de la République.

A ce propos citons un revenant du XVIIIe siècle, Philippe Sollers qui, après avoir malicieusement posé cette question: "Ségolène Royal aurait-elle autant de succès si elle s'appelait Ségolène Buffet?" répondait dans le J.D.D du 29 Janvier 2006:"J'en doute et le mot royal prend ici toute sa dimension subliminale. Le vieux rêve monarchique français refait sourdement surface et Marie-Antoinette n'aura pas perdu sa tête pour rien". Intéressant, non ? Ça les chatouille encore, les gratouille, la royauté, preuve que le rêve est plus vivace que vieux.

C'est excellent, que soit hyper-utilisé l'adjectif "royaliste" pour désigner les partisans de la reine de Monsieur Pays-Bas. La large diffusion du vocable concourt à l'imprégnation des esprits, relâche les réflexes conditionnés hostiles, érode les résistances collectives pavloviennes.
Mais ne nous leurrons pas. Le milieu politicien regorge de bergers prêts à tirer à vue et à piéger leurs mots mielleux avec le verre pilé de la haine, afin de garder sous leur coupe les troupeaux de moutons citoyens qu'à leurs yeux nous sommes tous.

Au contraire de l'environnement pyrénéen, l'environnement politicien manque d'altitude et l'air en est mortellement pollué. Seul un prince qui ne manque pas d'air et de souffle pourra y survivre, y résister, et le volatiliser.

Bernard Lhôte, le 27 mai 2006.

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La Terre Bleue
de Klein

Pourquoi une rubrique consacrée à l'Ecologie chez les Manants du Roi ? Parce que le développement durable est dans la nature profonde de la royauté, et qu'il n'existe pas de régime plus naturel qu'elle lorsqu'elle place la naissance à l'origine du pouvoir.

 

 

 
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