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Vous avez dit « Doha » ?
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Toutes les institutions sérieuses, la Banque mondiale, Carnegie, CEPII, sont formelles : Le cycle de Doha ne profitera en rien aux pays les plus pauvres…
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Moisson dans l'Idaho (USA) et agriculteurs Somaliens |
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Nous oublions que la moitié de la population mondiale vit d’une activité agricole.
Et cette moitié de la population mondiale est faite de familles pauvres, rurales, vivant dans des pays dits « en développement »…
Tous ces petits producteurs sont privés des moyens qui les protégeraient contre les risques inhérents à la libéralisation de tous les marchés. Libéralisation toute relative…
Le cycle de Doha a été défini autour d’un gros mensonge : Croire que c’était la protection de l’agriculture qui était la principale cause de la pauvreté…
Il n’est pas ici question de nier les bienfaits d’un commerce international qui participe au progrès économique, mais le cycle de Doha engendre un déséquilibre alimentaire mondial.
Et les pays pauvres glissent vers une dépendance alimentaire qui les fragilise encore plus…
Il faut reconnaître que l’Union européenne n’a pas le plus mauvais rôle dans ce débat essentiel.
En effet, comme le rappelle très justement Luc Guyau, président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture dans un article paru dans Le Monde du 14 février 2007 :
« … l’UE est le premier importateur de produits agricoles au monde et, grâce à de nombreuses concessions, 70% de ces importations proviennent de pays en développement. »
L’Europe a choisi, non sans grincements de dents, une voie qui permet encore à une agriculture diversifiée de s’exprimer sur nos territoires… Cette agriculture maintient – pour combien de temps ? - nos « paysages »…
Face à l’inquiétude grandissante des populations de notre « Vieux monde », une réglementation contraignante et parfois excessive nous permet d’avoir accès à une alimentation sûre. Les productions sont soumises à des normes d’hygiène strictes, la traçabilité nous éclaire tant bien que mal sur la provenance des viandes que nous consommons et se dessine une réelle volonté de respecter l’environnement. Tout est loin d’être parfait…
Des grands groupes s’affrontent et nous devons faire preuve de toujours plus de vigilance.
Et l’organisation de la mondialisation qui avance à grands pas avec la baisse de la protection douanière de plus de 60%, pour nombre de produits alimentaires, tourne le dos à un développement raisonnable et maîtrisé…
Avec raison, Luc Guyau peut attirer notre attention :
« Nous savons combien il est difficile aujourd’hui d’obtenir des garanties strictes des aliments produits à des milliers de kilomètres… »
Léon
Areva, le 1er mars 2007
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