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Pourquoi une rubrique consacrée à l'Ecologie
chez les Manants du Roi ?
Parce que le développement durable
est dans la nature profonde de la royauté, et qu'il n'existe
pas de régime plus naturel qu'elle lorsqu'elle place la naissance
à l'origine du pouvoir.
Parce que les correspondances entre
écologie et royauté dynastique sont une source (peu
utilisée) de raisons en faveur de celle-ci. Source propre
à rafraîchir ses justifications traditionnelles.
Parce que l'écologie, trop souvent
dévoyée par l'agitation gauchiste et les récupérations
commerciales, a besoin d'un enracinement politique sain dans un
humus historique compatible qui en favorise l'épanouissement
Enfin parce que les premiers à se soucier des ravages
commis par l'industrialisation forcenée furent souvent
des nôtres ou des proches, tel le grand Jacques (Perret)
et qu'il serait sot de ne pas faire connaître et fructifier
cet héritage.
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L'industrie occupe un rôle majeur
dans l'émission de dioxyde de carbone. |
Deux Critères de Sauvegarde
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Il est trop facile d'affirmer que le
meilleur des régimes politiques à maints égards
et principalement à celui de la sauvegarde des conditions
de survie de l'espèce humaine, c'est la royauté. Encore
faut-il le démontrer à partir de critères solides,
fondés.
Proposons-en deux, essentiels et qui permettent, sinon des mesures
précises, au moins des évaluations appréciables.
Premier critère: la longueur de pensée.
Second critère: le sentiment d'appartenance.
La longueur de pensée
:
Michel Serre l'explique avec clarté.
Lors d'une conférence internationale sur les dérèglements
atmosphériques (en Mars 1989 à Paris), après
avoir dénoncé la tendance technocratique aux décisions
"de courte vue formulées par des hommes du court terme",
il annonçait :
"Il existe une pollution matérielle, certes, technique
et industrielle, qui met en danger le temps au sens climatique de
la pluie et du vent; mais il en existe une deuxième, invisible,
qui met en danger le temps qui passe et coule, pollution culturelle
que nous avons fait subir aux pensées longues, ces gardiennes
de la terre, des hommes et des choses elles-mêmes". Sans
lutter contre la seconde, nous échouerons dans le combat
contre la première!".
Pour Michel Serre la pollution matérielle
provient d'une perversion culturelle préalable.
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L'absence de sens du long terme est, constat incontestable,
surproducteur d'aberrations de toutes sortes, politiques
comme écologiques.
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| Près
de la décharge d'Etressen dans les Bouches du Rhône |
Le sentiment d'appartenance
:
Le sentiment d'appartenance à l'environnement détermine
des attitudes respectueuses des éléments (terre,
eau, air) et des autres espèces, ainsi que des pratiques
économes des ressources naturelles.
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| Parc
naturel du Queyras |
A l'opposé le sentiment d'être
au-dessus, à part, sans attache, absolument libre, tend à
faire de l'Homme un maître totalitaire de la planète,
un propriétaire abusif, inconséquent, dispendieux.
Appliquons ces deux critères-repères, longueur de
pensée, sentiment d'appartenance, à quelques systèmes
idéologiques, religieux, politiques, afin d'évaluer
leur compatibilité avec la préservation, non pas de
la planète qui n'est pas en péril, mais des équilibres
compliqués et fragiles qui permirent l'apparition et permettent
la perpétuation des mammifères que, dotés d'âmes
ou pas, de toutes façons nous sommes.
L'Animisme intégré
:
Les civilisations animistes cultivent
en général des traditions garantes de stabilité
dans le temps et un fort sentiment d'appartenance. Ainsi ces paroles
d'un chef indien : " Le lakota était empli
d'amour pour la nature ... S'asseoir ou s'allonger à même
le sol lui permettait de contempler avec une plus grande clarté
les mystères de la vie, et de se sentir plus proche de toutes
les forces vivantes qui l'entouraient".
Il ne s'agit pas de tomber dans le mythe
du bon sauvage. Simplement, l'animiste ne s'abstrayant pas de la
biosphère la ménage. Intégré à
l'immense ensemble qui le nourrit et le constitue, il prend soin
de n'en pas déranger l'ordonnance et entretient avec lui
des relations attentives, subtiles. Ne séparant guère
création et créateur, matière et esprit, l'animiste
sacralise les oeuvres de la divinité, et vit dans le respect
des esprits des arbres, des fontaines, des rochers, des monts, des
vents.
Sa finalité n'est pas le progrès
mais l'harmonie. On comprend qu'il soit en voie de disparition.
La Chrétienté
réfrénée :
La chrétienté qui ne
manque pas, Dieu sait, de pensée longue, affirme par ailleurs
à la suite de la Bible une distinction radicale entre l'Homme
et le reste de la création, entre l'Homme avec un grand H
et l'animal de même qu'entre l'âme et la chair, l'esprit
et la matière.
Distinction radicale, imbue d'une extrême
supériorité, qui fait de l'homme une créature
à l'image du Créateur! Excusez du peu !...
Une telle distinction ne pouvait qu'induire une domination illimitée,
démesurée, sur toutes choses, une réduction
en esclavage des autres espèces, ou leur systématique
anéantissement.
Toutefois des reliquats d'animisme dans
les monothéismes, très visibles dans le catholicisme,
modérèrent longtemps les abus humains. Et la soumission
à un Dieu créateur de l'Univers freinait l'ambition
prométhéenne de transformer Sa Création à
notre gré.
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La Guyane Française |
La Révolution effrénée
:
La Révolution jette cette ultime
limitation "obscurantiste" par-dessus les étoiles.
Vive Prométhée! Un certain respect pour un ordre divin
va disparaître au nom du dieu Progrès et, sans rire,
dans le dessein d'une régénération de l'Humanité
elle-même.
André Fontaine définissait
un jour, dans les colonnes du Monde, la Révolution française
comme issue d'une logique de rupture, de la Raison sur l’expérience,
du Progrès sur l'ordre existant, du Bonheur terrestre sur
le Para¬dis. L'équation Raison-Progrès-Bonheur
faisait naître la société parfaite sur la table
rase de l'Ancien régime.
Hélas, la rigueur scientifique
qui eut dû remplacer les sagesses, expériences, limitations
ci-devantes n'a eu, en dépit du culte rendue à la
Science et à la Raison, ni le pouvoir ni le droit de s'appliquer
à la régulation des délires industrialistes.
Chercheurs, savants, ingénieurs ont cédé à
la techno-frénésie sans s'occuper le moins du monde,
comme des nigauds jouant avec des allumettes, des conséquences
à moyen et long termes.
Révolution et Ecologie
seraient-elles incompatibles ?
On nous le serine assez, que le Monde
actuel et ses progrès sont enfants de la révolution
française ! Soit, mais alors il faut admettre que les pollutions
gigantesques, la croissance des probabilités de catastrophes,
l'atteinte à l'espérance de vie de la biosphère,
sont aussi des descendants de cette révolution.
Avec elle on quitte pensée longue
et sentiment d'appartenance au profit d'une logique de rupture,
coûte que coûte, vis-à-vis du Temps et de la
Nature.
Certaines conséquences, la mode
écervelée de la Modernité, l'obsession du changement
pour le changement, le « bougisme » sont carrément
contraires au développement durable.
Capitalisme et communisme, mêmes dégâts
!
Ce n'est pas que tous les capitalistes
soient à courte vue et que toutes leurs réalisations
soient à courte vie, mais l'inclination avérée
du systè¬me est : le plus de profits possibles le plus
vite possible.
Le capitalisme n'a cure des traditions des porteurs de cultures
longues. La société de consommation qu'il promeut
les détruit plus sûrement qu'une révolution
culturelle à la Mao.
Quant au sentiment d'appartenance, la frénésie de
l'appropriation le remplace totalement.
En principe a-écologiste, mais anti en pratique, le capitalisme
ne s'occupe de l'avenir qu'à la Bourse.
Le communisme lui ne manque pas de longueur de pensée, mais
si univoque, si rigide qu'il ne supporte pas la complexité
de ce qui vit. Et son révolutionnarisme l'entraîne
à tout bouleverser knout que knout.
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Son productivisme mégalomaniaque a produit des records
de pollution, de la Caspienne à Tchernobyl.
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| Site
de Tchernobyl
après l'explosion |
Ailleurs, en Chine, au Vietnam, au Cambodge surtout, la
politique de la "dés appartenance", de
l'arrachage des racines culturelles jusque dans les têtes
a conduit aux pires massacres et à la destruction
de patrimoines précieux.
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| Nappe
de benzène s'acoulant dans la ville chinoise de Harbin,
privant plus de 4 millions d'habitants d'eau potable. |
La Démocratie polluée :
En théorie rien n'empêche
les dirigeants d'une démocratie d'entretenir des pensées
longues et un vif sentiment d'appartenance à la biosphère.
Hélas, leur soumission aux jeux électoraux réduit
leur vision aux prochaines élections. De plus la précarité
de leur position les rend, pour être élus et réélus,
hyper-dépendants d'oligarchies financières, donc de
capitalistes, donc ... relire le passage ci-dessus.
Ce n'est pas un hasard si les quelques rares démocraties
tout de même un peu écologistes sont (Suisse exceptée)
des démocraties couronnées.
Un Régime bio :
C’est que la monarchie dynastique
est championne en développement durable. Son mode de transmission
du Pouvoir lui assure une maîtrise relative du temps
qui coule. En tout cas aucun régime n'a au cours de notre
histoire prouvé un tel sens du long terme! Seule une patience,
une persévérance, un soin d'alchimiste pouvait parvenir
à réaliser ce grand œuvre: La France.
Quant au sentiment d'appartenance, la
royauté en est l'expression politique par essence.
Régime analogique plutôt
qu'idéologique, biologique plus que seulement logique, il
reproduit au sommet de l'Etat les grands moments communs de l'existence,
de la naissance à la mort, dépassée aussitôt
par le cri magi¬que: le roi est mort, vive le roi!
Enraciné par sa lignée
dans le passé et promis par elle au futur, évoluant
donc sans table rase d'avenir en avenir, le Souverain épouse
et le Temps et le Territoire.
Aucun régime ne s'inspire autant
de faits de nature. Sa légitimité il ne la tient pas
de l'isoloir, mais de l'alcôve. Quel régime plus incarné,
plus sexué que le royal? Il n'en est pas de plus habile dans
l'art d'entrelacer le spirituel et le charnel. D'où son charme,
d'où sa poésie. La royauté est une artiste.
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Existe-t'il plus beau logo écolo que les armoiries
de la Maison de France ? Fleurs de lys sur champ d'azur!
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Les Armes de la Maison de France |
A moins qu'on lui préfère l'image si populaire
du dauphin... Mot qui désigne à la fois le
successeur par filiation du souverain français et
un mammifère marin sympathique, perçu comme
un intermédiaire entre l'animal et l'homme.
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Le
Prince Jean Duc de Vendôme, et... un petit cétacé
de la famille des delphinidés. |
Pour autant l'écologie, sagesse
autant que science, n'est pas liée à un régime
politique. Mais la royauté, elle a une si intime et manifeste
vocation à la cultiver qu'il est dans la nature des choses
que les manants donnent un coup de main à l'une comme à
l'autre.
Bernard Lhôte, le 16 avril 2006
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