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Le temps des états généraux
!
Le malaise couve depuis longtemps.
Tout le monde les loue, elles font partie du paysage de bien des détresses.
Leur profession est pour la grande majorité d’entre elles,
bien plus qu’une profession. C’est une vocation.
Les infirmières libérales se sont réunies jeudi 23
juin à Paris, pour des états généraux.
Près de 53000 infirmières
exercent dans notre pays, en libéral. Ne croyez pas qu’elles
ont choisi cet exercice pour rouler sur l’or. A 2 euros le déplacement,
2,90 euros la piqûre ou 5,80 euros le pansement, l’Eldorado
n’est pas prêt d’être atteint…
Pour donner corps à ses effets
d’annonces de créations d’emplois, tout particulièrement
dans le secteur nommé « les services », le
gouvernement procède à la déréglementation
de cette profession, qui est, nous le rappelons, une vocation.
En effet, depuis la loi du 11 février
relative aux personnes handicapées apparaît dans le paysage
des détresses un nouvel acteur : « l’aidant ».
Celui-ci pourra réaliser des soins « infirmiers » à
domicile. Préalablement, il aura reçu une formation qualifiée
d’apprentissage, d’un professionnel.
Et là, les infirmières voient rouge. Les infirmières
s’insurgent en protestant que leurs actes professionnels ne se limitent
pas qu’à des gestes. Et l’étau se resserre.
La loi de santé publique de 2004
permet aux techniciens de laboratoire d’aller au domicile des patients
pour effectuer des prélèvements sanguins.
Les infirmières pressentent le démantèlement de leur
profession et la baisse de la qualité des soins. Qui plus est,
elles participent activement, sur le terrain, au maintien à domicile
de personnes âgées fortement dépendantes. Elles sont
nombreuses à visiter des patients « lourds », tous
les jours, pendant de longs mois, à apporter des soins et aussi
à les accompagner...
Qu’il faille développer
des « services » à domicile pour des personnes isolées,
seules, en perte d’autonomie, personne et pas même les infirmières
n’en doutent.
Mais nous ne gagnerons rien à
briser ainsi la vocation des infirmières. Le jour où nous
ne trouverons plus dans les magasins de jouets des costumes d’infirmières,
à la veille de Noël, notre monde sera encore bien plus triste.
Portemont, le 30 juin 2005.
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