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Jamais, sous notre rubrique « Quelle
société », le Cœur du problème n’a
été aussi clairement abordé…
Nous mettons en ligne la lettre de
Philippe Baslé, lettre adressée au Président de la
République Française, le 18 juin 2005.
Nous le remercions chaleureusement de nous y avoir autorisé et
qu’il veuille bien être assuré de toute notre reconnaissance
et gratitude. La rigueur de cette correspondance ne vous échappera
pas…
Portemont
A l’attention de Monsieur Jacques CHIRAC
Président de la République Française
Palais de l’Elysée 55, rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 PARIS
2004-2005 : année Eucharistique
Viroflay, samedi 18 juin 2005
Monsieur le Président,
C’est avec le plus grand respect
que je vous adresse ce courrier, vous qui, en tant que chef d’Etat,
êtes l’actuel souverain de la France.
Vous êtes, assurément, grâce aux moyens dont vous disposez,
l’homme le mieux informé de France. Mais pour opérer
sur l’essentiel vous ne pouvez être informé de tout,
ni sur tout. Or, parfois, il peut vous être profitable d’être
informé sur de petits faits (si chers au savant Claude
Bernard), pour mieux apprécier, soit la santé économique,
soit la santé politique, soit la santé morale, intellectuelle
et spirituelle du pays. Il y a, en effet, dans certaines situations, des
petits faits très révélateurs. Et c’est sur
certains d’entre eux dont j’ai été le témoin
que je voudrais, un court instant, attirer votre attention.
V oici le premier fait. Chaque jour
je prie pour la France, et, heureusement, je ne pense pas être le
seul. Or durant le mois de juin j’ai intensifié cette prière
pour notre pays en me rendant, de temps à autre, sur la colline
de Montmartre à la basilique du Sacré-Cœur pour me
recueillir à cette intention. Or, hier, accomplissant une nouvelle
fois cette démarche, et empruntant mon itinéraire habituel,
j’ai vu que la porte sise au 11 de la rue Yvonne Le Tac - qui relie
la station de métro Abbesses au pied de la Butte - était
exceptionnellement ouverte. Je suis entré car c’est là
que se situe un des hauts lieux historique et religieux de Paris. A cet
endroit, en effet, se trouve la crypte du Martyrium de saint Denys. C’est
aussi en ce lieu que, le 15 août 1534, Ignace de Loyola et ses premiers
compagnons prononcèrent leurs vœux de religion fondant ainsi
la très célèbre Compagnie de Jésus. Il s’agit
donc d’un site, si modeste soit-il, prestigieux tant d’un
point de vue historique que religieux, et pour la France et pour le monde.
Or qu’ai-je trouvé ? Non pas un lieu simplement désaffecté
mais un lieu doublement défiguré, d’une part, par
un grand désordre contraire à l’héritage historique
et religieux que je viens d’évoquer, et, d’autre part,
par l’attitude indigne de certaines personnes présentes sur
ce site et appartenant à un groupe, apparemment autorisé
par la Ville de Paris, propriétaire actuel de cette crypte. Ces
personnes étaient assises sur l’autel demeuré à
sa place dans le chœur de la crypte. Autrement dit, et crûment,
les fesses sur l’autel là où pendant des siècles
a été célébré le SAINT SACRIFICE DE
LA MESSE, c’est, au sens strict, UN SACRILÈGE, "l’abomination
de la désolation" selon les paroles du prophète
Daniel (ch. 9/27). Il s’agit d’une profanation intolérable
de ce qui est SACRÉ, expression de la présence du divin
dans nos vies, pour le croyant comme pour l’incroyant. Car, même
si ce dernier ne se sent pas concerné, il respecte traditionnellement
la dignité des lieux de culte. C’est un minimum.
De tels comportements sont donc littéralement
INTOLÉRABLES, non pas seulement pour le croyant que je suis, mais
pour vous aussi, Monsieur le Président, qui êtes le protecteur
non pas seulement des lettres et des arts, mais aussi des cultes et notamment
de la religion qui a fait et fait encore la trame de l’histoire
de notre pays, en particulier le catholicisme auquel plus de soixante
pour cent de nos concitoyens reconnaissent encore aujourd’hui appartenir.
Ce sont nos vraies racines. Même si elles ne sont pas les seules,
elles sont essentielles à notre survie comme nation. C’est
d’ailleurs dans cette perspective que, le 20 janvier 1996, reçu
en visite d’État à la Cité du Vatican - en
préparation du voyage du Pape pour le mille cinq centième
anniversaire du baptême de Clovis, en septembre de la même
année - vous faisiez la déclaration ci-dessous, d’une
belle noblesse de cœur et d’une magnifique hauteur de vue :
« Très Saint-Père,
(...) j'ai souhaité resserrer nos liens millénaires, témoigner
de la fidélité de la France à son héritage
chrétien et manifester mon respectueux attachement à Votre
personne. Très Saint-Père, en septembre prochain, nous célébrerons,
en Votre présence, le 1500ème anniversaire du Baptême
de Clovis qui a été sans doute l'un des actes fondateurs
de la France. Cet événement marquera la force et la richesse
du lien tissé au long des siècles entre la France et le
Trône de Pierre. "Fille aînée de l'Église",
la France l'a été par sa fidélité catholique,
par son dynamisme missionnaire et aussi pour reprendre l'expression de
Sa Sainteté Jean XXIII par "l'admirable lignée des
Saints" issus de notre sol. Une grande part de notre patrimoine est
d'abord l'illustration d'une ferveur religieuse. (...) C'est notamment
auprès de l'Église, de Son message et de Son guide, dans
le secours de la foi, que beaucoup d'hommes cherchent une raison d'espérer,
la force de surmonter leurs souffrances. Et c'est auprès de la
France que beaucoup de peuples cherchent conseil et assistance. A l'occasion,
Très Saint-Père, de Votre première visite pastorale
dans mon pays, Vous lanciez à ceux des miens nourris de la foi
catholique : "France, éducatrice des peuples, es-tu fidèle
à ton alliance avec la sagesse éternelle ?"
Oui, Très Saint-Père,
la France, sur laquelle comptent tant d'hommes et de femmes de part le
monde, veut être fidèle à son héritage, à
sa vocation spirituelle et humaine. (...) Très Saint-Père,
Dans quelques mois, Vous foulerez une nouvelle fois le sol de France.
(...) Vous y mesurerez la vitalité, l'ardeur de l'Église
de France, mais aussi l'attachement de l'ensemble des Français
à Votre personne. Beaucoup de jeunes Vous accueilleront en "Champion
de Dieu" comme disait le cardinal Marty, avec chaleur et enthousiasme.
Profondément encouragé, dans la tâche difficile que
m'ont confiée les Français, par l'accueil toujours bienveillant
de Votre sainteté, je forme les vœux les plus fervents pour
Sa personne, pour le succès de sa prochaine visite en France et
pour l'accomplissement des desseins de son pontificat ».
Monsieur le Président une telle
déclaration vous honore et certainement les catholiques de France
vous ont su gré de l’avoir prononcé avec cet élan
venu du cœur. Le philosophe russe Vladimir Soloviev a écrit
"Une nation n’est pas ce qu’elle pense d’elle-même
dans le temps, mais ce que Dieu pense d’elle dans l’éternité".
Ainsi comme vous l’avez dit, si nettement, au Vatican, le baptême
de Clovis est "l’un des actes fondateurs de la France"
si ce n’est SON ACTE FONDATEUR et, pour reprendre une expression
à la mode aujourd’hui, au baptême de Clovis la France
a en même temps reçu sa "feuille de route"
sur laquelle sont inscrits à la fois le DÉCALOGUE et les
ÉVANGILES. Hors de cette feuille de route, elle s’égare,
elle déchoie, elle se perd, dans l’orgueil, la suffisance
loin de sa vocation spirituelle et humaine d’humble servante de
la Vérité et de l’Humanité. C’est en
référence à cette déclaration que je souhaite
que vous puissiez exercer votre haute autorité pour restaurer dans
sa destination première ce Martyrium de Saint Denys, ne serait-ce
que comme musée à l’image de la Sainte Chapelle.
Voici le deuxième fait. Il
s’agit de la veillée de prière et de la procession
du Très Saint Sacrement qui se sont déroulé à
Paris dans la nuit du 28 au 29 mai dernier. Mgr André VINGT-TROIS,
archevêque de Paris, a voulu, en effet, pour marquer solennellement
l’ANNÉE EUCHARISTIQUE décidée par le très
regretté Jean-Paul II, faire précéder la fête
du TRÈS SAINT SACREMENT - du dimanche 29 mai - d’une veillée
de prière à Notre-Dame de Paris suivie d’une procession
du Très Saint Sacrement à travers les rues de Paris s’achevant
en la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre. Pour y avoir
personnellement participé je peux vous affirmer, Monsieur le Président,
que cette procession - autorisée tardivement, mais autorisée
tout de même par les pouvoirs publics concernés - n’a
pas eu l’accompagnement policier qu’il convenait de lui adjoindre.
Alors qu’au bas des jardins de la butte un service d’ordre
suffisant filtrait normalement les entrées, en haut de la montée
le cortège a dû "affronter" une foule de badauds
qui encombraient les marches de leur présence intempestive et surtout
en laissant sous les pas du cortège les débris de leurs
bouteilles de verre sans que la police, insuffisante en nombre, intervienne.
C’était tout à fait INDIGNE de voir l’archevêque
de Paris portant le SAINT SACREMENT obligé de se frayer son chemin
au milieu de ces badauds parfois hostiles et de poser ses pas au milieu
de ces bris de verre. Ce fut INDIGNE, et il convient de le dire c’est
aussi INTOLÉRABLE. Je veux vous dire très courtoisement,
mais aussi très résolument, Monsieur le président,
ce que j’ai alors ressenti : la religion, et particulièrement
la religion catholique, malgré son importance historique et actuelle,
apparemment reconnue, n’aurait pas, en fait, le droit de se manifester
ouvertement en bénéficiant du
service d’ordre qu’exige toute manifestation publique autorisée.
Les seuls actes admis de manifestations publiques ne devraient plus être
alors que d’ordre politique, syndical ou associatif, le religieux
restant cantonné à un domaine strictement privé !
L’ATHÉISME deviendrait
la seule profession de foi autorisée. Ce n’est pas admissible.
DIEU, en effet, n’est PAS FACULTATIF, surtout quand il s’agit
de la France, la Fille aînée de l’Eglise catholique,
éducatrice des peuples… Chacun, certes, s’il le veut,
en tant qu’individu, peut s’abstraire de la tutelle de DIEU,
mais les autorités politiques ne peuvent ni ignorer, ni mépriser,
la dimension religieuse de la société civile. A cet égard
l’envoi d’une lettre ouverte de protestation de la part de
monsieur Bernard BRANDMEYER pour vous faire part de « l’indignation
de tous les Francs-maçons du Grand Orient de France devant l’érection
provisoire d’une croix de dix-sept mètres de haut sur le
parvis de la cathédrale Notre-Dame dans le cadre de l’opération
"Paris Toussaint 2004" organisée par l’Archevêché
de Paris » est surtout l’expression d’un "bluff
politique" ridicule. Y a-t-il un "peuple maçonnique"
opposable au "peuple chrétien" ? Il faut savoir garder
l’objectivité des chiffres - surtout dans une démocratie
- pour être un porte-parole crédible. Pour ne pas allonger
inconsidérément mon propos j’ai souhaité vous
offrir, très simplement, le très pertinent ouvrage ci-joint,
intitulé Lettres à Mikhaïl Gorbatchev (1986 1991).
Vous pourrez lire - à la page vingt-trois - cette phrase surprenante
: "Dieu aime la Russie et tous ses peuples, mais actuellement la
Russie et ses dirigeants n’aiment pas Dieu…". Une telle
phrase semble aujourd’hui devoir s’appliquer à la France.
Or la France éternelle appartient à Dieu, non pas seulement
à cause du baptême de Clovis, mais parce qu’avant cela,
dès le premier siècle de notre ère, les intimes de
Jésus, les Lazare, Joseph d’Arimathie, Marthe et Marie-Madeleine
ont débarqué en Provence pour y répandre les paroles
de Vie de l’Evangile et faire de la France, dès cet instant,
une terre de prédilection divine. Et depuis la Providence divine
n’a cessé de manifester sa tendresse jusqu’en ce XXème
qui a vu une France particulièrement éprouvée par
deux guerres mondiales. Dans ce contexte je ne peux m’empêcher
de vous rappeler ce fait très intéressant de la Première
guerre mondiale concernant le Maréchal Foch en tant qu’homme
de foi résolu.
« En 1918, Clemenceau arrive
à l’improviste au quartier général de Bonbon
(près de Melun) et demande le généralissime. On lui
répond qu’il est à la messe mais va être prévenu.
Clemenceau répond : "Ne le dérangez pas,
cela lui a trop bien réussi. J’attendrai !"
L’abbé Paul Noyer, curé de Bonbon, écrit le
8 juillet 1918 une lettre à Foch : "Mon Généralissime,
avant de quitter bientôt peut-être ma paroisse, veuillez,
je vous prie, agenouillé devant une statue du Sacré-Coeur
de Jésus, Roi de France, lui consacrer toutes vos armées
françaises. Demandez-lui avec supplication une prochaine et décisive
victoire et que la France reste triomphante tant et surtout par ses Traités
que par ses glorieux succès. Veuillez agréer, mon Généralissime,
les très humbles sentiments de votre serviteur entièrement
dévoué, Paul Noyer, Curé de Bonbon". La
lettre est remise le jour même. Le 16 juillet, Foch rend visite
au curé : "Monsieur le Curé, je viens vous remercier,
j’ai fait tout ce que vous m’avez demandé et même
plus". Le 17 octobre, Foch fait ses adieux à son curé,
lui explique qu’il a consacré les armées au Sacré-Coeur,
avec deux ou trois personnes devant la grande statue du Sacré-Cœur,
près du maître-autel, au fond de l’église à
droite.
Plus tard lors de sa visite
à la cathédrale de Strasbourg Foch confiera au chanoine
Schenékelé : "Cette victoire nous la devons à
Dieu et c’est pour le remercier que je suis venu ici"
.
Ainsi Dieu n’abandonne jamais,
car, pour reprendre une parole de l’Ecriture "ses dons sont
sans repentance". L’effondrement du Mur de Berlin en a été
la preuve, car il marqua tout à la fois l’effondrement du
matérialisme athée, un temps triomphant, et le retour du
religieux que les prophètes de la "mort de Dieu" avaient
voulu reléguer aux oubliettes de l’Histoire... L’autorité
que Dieu exerce n’apparaît pas toujours évidente pour
les esprits forts, mais malgré tout et malgré les apparences
Il est l’autorité ultime sur laquelle repose toute autorité.
Le 14 juillet dernier, lors d’une interview accordée à
la presse, vous n’avez pas hésité à exprimer
l’inviolabilité de votre autorité, en tant que chef
de l’Etat, par ce raccourci saisissant marquant votre relation avec
l’un de vos ministres : "J’ordonne, il exécute
!" C’est une parole inspirée… Dieu ne peut prétendre
à moins concernant SA terre de France.
Enfin troisième et dernier
fait. L’intrusion des membres de l’association Act
up dans la cathédrale Notre-Dame, à Paris, le 5
juin dernier. Le communiqué publié par l’archevêché
de Paris donne une version résumé et implacable de cette
provocation exécutée dans le plus pur style de la tradition
révolutionnaire trotskyste (provoquer/récupérer)
:
« Hier, dimanche 5 juin 2005,
après la messe célébrée par l'archevêque
de Paris à Notre-Dame devant des milliers de fidèles portugais
à l'occasion de leur fête nationale, un groupe de militants
d'ACT UP a parodié, au cœur de Notre-Dame, la célébration
d'un "mariage" entre deux femmes. Un tel acte est d'une extrême
gravité puisqu'il porte atteinte d'une manière intolérable
au caractère sacré du lieu et qu'il ridiculise et tourne
en dérision la foi de millions de Français. Les auteurs
de ce "coup médiatique", secondés par la télévision
et la radio publiques, visent à imposer leurs opinions
par des voies de faits. Une église est un lieu de culte
et ne peut en aucune manière être ainsi utilisée.
Les lois de la République postulent le principe fondamental de
la liberté du culte et de son exercice. Le recteur affectataire
de la cathédrale, agressé, a porté plainte pour violences
volontaires en réunion. Il appartiendra à l'enquête
d'établir les faits et de dénoncer les allégations
mensongères.
Beaucoup se sont légitimement émus de cette situation et
ont manifesté leur soutien et leur prière à Mgr Patrick
Jacquin. Qu'ils en soient ici remerciés, et qu'ils soient assurés
que le diocèse de Paris – sans tomber dans la surenchère
médiatique – est déterminé à ce que
soit respecté la foi des catholiques ».
Monsieur le Président, COMMENT
NE PAS ÊTRE RÉVOLTÉ par une telle opération
perpétrée avec l’assistance programmée des
médias officiels de la télévision et de la radio
et dans un site religieux aussi prestigieux que Notre-Dame de Paris ?
Monsieur le Président, COMMENT NE PAS ÊTRE CONSTERNÉ
par le SILENCE ASSOURDISSANT DES POUVOIRS PUBLICS pour reprendre une expression
tout à fait pertinente, si prompts habituellement à dénoncer
d’autres méfaits tout aussi méprisables ? POURQUOI
CE SILENCE des plus hautes autorités policières ? POURQUOI
CE SILENCE du Garde des Sceaux ? POURQUOI laisser à penser qu’en
matière d’ordre et de loi il y a DEUX POIDS, DEUX MESURES
? Le respect des normes concernant l’ORDRE PUBLIC et l’application
stricte des LOIS s’imposent à tous les citoyens et leur violation
doit être dénoncée haut et fort par les autorités
compétentes ou alors c’est à nouveau MAI 68 et le
règne de l’INTERDIT D’INTERDIRE, c’est-à-dire
la CHIENLIT dénoncé, en son temps, par le Général
de Gaulle !!! N’y a-t-il rien d’autre qu’un incompréhensible
silence à opposer à de telles provocations aussi abjectes
qu’insupportables (il faut y ajouter le "blasphème"
- et non pas seulement l’esclandre - de monsieur Thierry Ardisson
faisant clamer à la comédienne Mélanie Doutey/Clara
Sheller "Gloire à Satan" dans
son émission Tout le monde en parle dans la soirée du 28
mai 2005, sur France 2, média public) ?
Ces faits dont je viens vous entretenir,
Monsieur le Président, sont significatifs d’une dégradation
des comportements vis-à-vis du fait religieux en général
et de la religion catholique en particulier. Ces comportements se trouvent
confortés, sinon encouragés par une impunité qui
tend à devenir systématique, comme si la devise de la France
était LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ,
IMPUNITÉ ! Il n’est pas sain, il n’est pas juste, il
n’est pas profitable que de tels comportements persistent. Il y
va de la crédibilité même de l’État.
Le 8 novembre 1906, presque un an après la loi sur la séparation
de l’Église et de l’État, le flamboyant et funeste
député socialiste René VIVIANI - il deviendra plus
tard président du Conseil et entraînera, à ce poste,
la France dans la Première guerre mondiale - s’écriait
à la Chambre des députés : «Ensemble, d'un
geste magnifique, nous avons éteint dans le ciel des étoiles
qu'on ne rallumera plus». Il avait grandement et grossièrement
tort, comme l’histoire l’a montré. Quasiment un siècle
plus tard Mgr Jean-Louis Tauran, alors Secrétaire pour les Relations
du Saint-Siège avec les Etats pouvait répondre avec beaucoup
de pertinence : « En condamnant la séparation, le Saint-Siège
entendait maintenir la doctrine maintes fois rappelée par les Souverains
Pontifes, selon laquelle il convenait certes de distinguer les deux pouvoirs
temporel et spirituel, mais non point de les séparer en laissant
croire que l’un d’eux pouvait s’affranchir de leur source
commune et de leur commune soumission à la loi naturelle…
» Il intervenait à l’invitation de l’Académie
des Sciences Morales et Politiques pour célébrer le centenaire
de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. C’était
le 12 novembre 2001 et il avait intitulé sa conférence "Les
relations Église-État en France : de la séparation
imposée à l’apaisement négocié".
Oui, il faut vraiment chercher l’apaisement, sans cependant lui
sacrifier la vérité et la justice. Car un siècle
après la loi de séparation imposée de façon
unilatérale à un peuple catholique majoritaire à
plus de quatre-vingt-dix pour cent, paisible et désemparé,
les conséquences de cette séparation peuvent s’analyser
à partir des faits bruts incontournables suivants : deux guerres
mondiales laïques et idéologiques, des millions de morts décimant
plusieurs générations de jeunes français, une décolonisation
subie et douloureuse aboutissant à tous les désastres -
il suffit de se reporter à l’ouvrage de Mgr Tchidimbo, ancien
archevêque de Conakry, intitulé Noviciat d’un évêque
- et aujourd’hui une France rétrécie, au rayonnement
moral et intellectuel fortement contesté et donc de plus en plus
réduit, au milieu d’un monde désorienté, incapable
de résoudre ses conflits et de trouver une paix véritable
au grand malheur de l’humanité. Un bilan pas du tout encourageant.
Voilà, Monsieur le Président,
ce que je voulais vous confier au-delà d’un "penser-correct"
qui dévoie les idées et pervertit les sensibilités.
En vous quittant, Monsieur le Président, je veux vous exprimer
mes sentiments les plus respectueux en priant Dieu qu’il sauve la
France,
Ph. Baslé,
Copies adressées à
:
Mgr André VINGT-TROIS, archevêque
de Paris - 8, rue La Ville l’Evêque - 75008 PARIS
Mgr Fortunato BALDELLI, nonce apostolique
- 10, avenue du Président Wilson - 75016 PARIS
Monsieur Bertrand DELANOE, maire de
Paris -
T.R.P. Peter Hans KOLVENBACH, Préposé
général de la Compagnie de Jésus - Borgo Santo Spirito
4 - C.P. 6139 I - 00195 - ROMA
__________
Philippe BASLÉ
courriel : Gabriel.Abels@Wanadoo.fr
Le 28 juin 2005.
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