vendredi 09 janvier 2009

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Il faudrait un ou une volontaire…

Nous avons le cœur bien accroché. Il fallait bien cela pour entendre sans ciller, Monsieur Chirac clamer sans fausse note : « Le bonheur de la nation tout entière ».

C’est ainsi que le fossoyeur de la nation nous a annoncé la libération de Mademoiselle Florence Aubenas et de Monsieur Hussein Hanoun.
C’est très bien que la journaliste de Libération et son « guide chauffeur interprète » aient recouvré la liberté. Nous sommes contents pour eux et pour leur famille.

Mais il faut avoir le cœur bien accroché pour assister au battage médiatique, à toutes les récupérations qui s’en suivent.

Cet événement est l’événement « type » qui réunit tous les bons ingrédients. La liberté de la presse, le droit de savoir, un soutien infaillible de tout un pays et une politicaillerie qui s’érige en gardienne des vertus.

C’est dans un concert de louanges que Mademoiselle Florence Aubenas est accueillie à son retour. L’otage est nécessairement une personne bien. Bon camarade, beau caractère, ayant foi dans sa mission, l’otage parfait est journaliste. Lui seul est paré des vertus antiques. Ses vertus sont à la hauteur de sa mission : Nous dire la vérité. Avez-vous entendu parler d’otages civils « Lamda » séquestrés pendant des mois ?

Le journaliste parfait est journaliste à Libération. Pour preuve, Monsieur July a sa place dans les avions officiels. C’est une aimable façon de le remercier pour son vain engagement pour le « oui ».

Au risque de vous choquer, Mademoiselle Florence Aubenas connaissait les risques de son métier. Nous ne geignons pas et nous ne dissertons pas sur la mort du soldat, la disparition en mer du marin- pêcheur…

La libération de Mademoiselle Florence Aubenas frise le non-événement. Au risque de vous choquer. Je le répète, nous sommes content de sa libération, pour elle et les siens.

Mais tout le reste n’est que pitrerie. L’indécence du « chômeur » Barnier qui ne s’en remet toujours pas d’avoir été viré du Quai d’Orsay est tout un symbole… Et Monsieur Serge July qui fait que tous les paons ressemblent à des moineaux mouillés… Et toute la presse si méprisante à l’égard des peuples du « Non » qui tente de récupérer à son profit « l’effet Florence ». Florence est « sympa », c’est une chic fille, Florence est journaliste, tous les journalistes sont « sympa »…

Et toutes ses voix qui nous rassurent : nous veillerons à faire la vérité sur les conditions de la libération… Commission d’enquête parlementaire… Rançon ou pas rançon ?

Je vais vous choquer : Florence n’est pas ma copine. Je ne lui souhaite aucun mal. Et je ne veux pas savoir, je ne veux pas avoir à vouloir savoir !

Je voudrais simplement avoir confiance. La marque des grands gouvernements, c’est la confiance qu’ils inspirent. Mais c’est une autre affaire…

En attendant, les compteurs sont remis à zéro, les grands portraits sont descendus. Nous n’entendrons plus des voix mouillées nous seriner : Florence nous manque. Il y a un grand vide…

Vite, il nous faudrait un ou une volontaire…
Il nous faut de nouveaux otages !

Portemont, le 17 juin 2005.

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