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Il faudrait un ou une volontaire…
Nous avons le cœur bien accroché.
Il fallait bien cela pour entendre sans ciller, Monsieur Chirac clamer
sans fausse note : « Le bonheur de la
nation tout entière ».
C’est ainsi que le fossoyeur de
la nation nous a annoncé la libération de Mademoiselle Florence
Aubenas et de Monsieur Hussein Hanoun.
C’est très bien que la journaliste de Libération et
son « guide chauffeur interprète » aient recouvré
la liberté. Nous sommes contents pour eux et pour leur famille.
Mais il faut avoir le cœur bien
accroché pour assister au battage médiatique, à toutes
les récupérations qui s’en suivent.
Cet événement est l’événement
« type » qui réunit tous les bons ingrédients.
La liberté de la presse, le droit de savoir, un soutien infaillible
de tout un pays et une politicaillerie qui s’érige en gardienne
des vertus.
C’est dans un concert de louanges
que Mademoiselle Florence Aubenas est accueillie à son retour.
L’otage est nécessairement une personne bien. Bon camarade,
beau caractère, ayant foi dans sa mission, l’otage parfait
est journaliste. Lui seul est paré des vertus antiques. Ses vertus
sont à la hauteur de sa mission : Nous dire la vérité.
Avez-vous entendu parler d’otages civils « Lamda »
séquestrés pendant des mois ?
Le journaliste parfait est journaliste
à Libération. Pour preuve, Monsieur July a sa place dans
les avions officiels. C’est une aimable façon de le remercier
pour son vain engagement pour le « oui ».
Au risque de vous choquer, Mademoiselle
Florence Aubenas connaissait les risques de son métier. Nous ne
geignons pas et nous ne dissertons pas sur la mort du soldat, la disparition
en mer du marin- pêcheur…
La libération de Mademoiselle
Florence Aubenas frise le non-événement. Au risque de vous
choquer. Je le répète, nous sommes content de sa libération,
pour elle et les siens.
Mais tout le reste n’est que pitrerie.
L’indécence du « chômeur » Barnier qui
ne s’en remet toujours pas d’avoir été viré
du Quai d’Orsay est tout un symbole… Et Monsieur Serge July
qui fait que tous les paons ressemblent à des moineaux mouillés…
Et toute la presse si méprisante à l’égard
des peuples du « Non » qui tente de récupérer
à son profit « l’effet Florence ».
Florence est « sympa », c’est une chic fille,
Florence est journaliste, tous les journalistes sont « sympa »…
Et toutes ses voix qui nous rassurent
: nous veillerons à faire la vérité sur les conditions
de la libération… Commission d’enquête parlementaire…
Rançon ou pas rançon ?
Je vais vous choquer : Florence n’est
pas ma copine. Je ne lui souhaite aucun mal. Et je ne veux pas savoir,
je ne veux pas avoir à vouloir savoir !
Je voudrais simplement avoir confiance.
La marque des grands gouvernements, c’est la confiance qu’ils
inspirent. Mais c’est une autre affaire…
En attendant, les compteurs sont remis
à zéro, les grands portraits sont descendus. Nous n’entendrons
plus des voix mouillées nous seriner : Florence nous manque. Il
y a un grand vide…
Vite, il nous faudrait un ou une volontaire…
Il nous faut de nouveaux otages !
Portemont, le 17 juin 2005.
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