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Je tourne mes pensées vers Albert Camus… Ne disait-il pas préférer
une injustice plutôt que d’abandonner sa Mère ? La provocation sacrilège d’Act’up
est toute tactique. La stratégie, elle, est posée depuis
longtemps. Prendre la mesure non pas de l’adversaire mais de l’ennemi.
Sonder ses capacités de résistance et de contre-attaques.
Enfermer l’ennemi dans une logique communautariste dans le sens
le plus réducteur et le plus étranger à sa nature.
L’ennemi, c’est l’Eglise catholique : Notre
Sainte Mère l’Eglise. Les complices sont légions. Au cœur de la Cité, de l’Etat, et des médias…Et parfois au sein même de la maison de Notre Mère. L’air du temps enivre parfois des crosses et des mitres. Nous en avons eu un dernier exemple dans un tout autre domaine : le Traité constitutionnel… Nous allons devoir prendre sur nous
afin de ne pas rentrer dans le cercle infernal des provocations. Notre
ami Gérard Leclerc nous aide par sa réflexion. Les temps sont difficiles, ce sont nos temps ! Portemont, le 8 juin 2005.
« Une cinquantaine de militants d'Act'up s'introduisaient dans la cathédrale Notre-Dame de Paris pour provoquer le scandale. Il s'agissait pour eux de célébrer le premier anniversaire du pseudo mariage homosexuel de Bègles, d'une façon spectaculaire afin de frapper l'opinion. En l'espèce, c'est à une parodie de mariage religieux entre deux lesbiennes qu'ils voulaient procéder. L'affaire avait été soigneusement montée avec la complicité objective de la chaîne de télévision de service public France 3. En effet, une équipe de cette chaîne était présente sur place dans le but de transmettre les images aux journaux télévisés du jour. Prévenu de cette intrusion, Mgr Patrick Jacquin, recteur de la cathédrale, priait instamment les manifestants de quitter le sanctuaire. Le service d'ordre de Notre-Dame reconduisait donc le groupe perturbateur jusqu'au parvis. Mais à ce moment, Mgr Jacquin fut vivement frappé, précipité à terre et victime d'un évanouissement. Une plainte a été déposée par lui contre Act'up et contre France 3. Au-delà de l'intention provocatrice qui vise à créer un réflexe des catholiques contre les homosexuels, il faut reconnaître aussi une volonté d'atteindre l'ordre symbolique. Une frange extrémiste, non reconnue (loin de là) par l'ensemble des personnes à tendance homosexuelle, voudrait dépasser le cadre purement juridique et transgresser les normes morales qui interdisent la notion de mariage entre individus d'un même sexe. C'est pourquoi la cible choisie est l'Eglise catholique en tant que gardienne de la morale et de l'héritage symbolique. L'obstacle que constitue cette institution sur la voie d'une légitimation de l'union homosexuelle se trouve ainsi spectaculairement dénoncé, avec un appel à l'opinion pour condamner ce que l'on considère comme la source essentielle de "l'homophobie". Face à une telle provocation, il importe de définir une réponse claire, d'autant qu'il est vraisemblable que l'offensive se poursuivra. En premier lieu, il est hors de question d'entrer dans la logique d'une organisation qui recherche le conflit direct à tout prix. Les homosexuels ne sont pas des ennemis pour les chrétiens. En tant que baptisés ils ont droit à la même sollicitude que les autres, en tant qu'êtres humains ils ont droit au respect. Nous n'entrerons donc pas dans le piège où on veut nous faire entrer. Non seulement, nous ne confondrons pas les provocateurs avec ceux dont ils se déclarent abusivement les porte-parole, mais nous veillerons soigneusement à n'entretenir aucun front de combat, fut-ce avec Act'up. Cela n'empêche pas que nous maintenions fermement les principes. Le mariage, a fortiori en tant que sacrement, est l'union d'un homme et d'une femme, et sa finalité directe est l'accueil de l'enfant qui, pour son développement, a besoin de son père et de sa mère. En témoignant de ces principes, les catholiques sont fidèles à leurs convictions propres mais ils sont également conscients de partager avec les hommes et les femmes de bonne volonté le respect d'une institution indispensable à l'équilibre de notre société. » Gérard LECLERC. |
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