mercredi 08 février 2012

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Une seule solution : il faut les délocaliser. Tous sans exceptions !


Tous les politiciens grimés en mauvais « politiques ».
Qu’est-ce qu’un gouvernement ? En quoi consiste l’acte de gouverner ?
Gouverner, c’est diriger politiquement… En vue de quelles fins ? Pour le profit de qui ?
Gouverner, n’est-ce pas prévoir ?
Les mauvais pantins qui singent le « politique » s’agitent : « Clauses de sauvegarde ! »

Referendum approchant à grands pas, tous mouillent leur chemise face à l’envahissement des chemises « made in china » avec leur assortiment de caleçons, de chaussettes, de jupettes, et tout le fourbi. Pour quatre francs et six sous (pardon : pour quatre euros et six cents…), vous êtes nippés de haut en bas. On voudrait bien crier : enlevez nous tout ça… Au risque de se faire taxer de vieux cochon lequel n’est heureusement pas encore chinois.

Sommes-nous assez sots, naïfs et demeurés pour croire que les chinois nous ont envahi dans la nuit du 31 décembre 2004 au 1er janvier 2005 ?
Dix années se sont écoulées depuis l’adhésion de la Chine à l’Organisation Mondiale du Commerce. Dix années pendant lesquelles nos pantins se sont épuisés dans les luttes pour le pouvoir, dans les fuites en avant.
Vous me direz que ces luttes datent depuis bien longtemps et vous aurez bien raison.

Mais tenons-nous en aux dix ans…
L’entrée en vigueur de la fin des quotas textiles était gravée dans le marbre.
A quoi assistons nous ?

A toujours la même farce du mauvais guignol :
« Les clauses de sauvegarde s’appliqueront dans les dix ou quinze prochains jours ».Promesse de Jacou en date du 14 avril, faisant le beau à la télévision.
Et Michel Barnier de barrir le 25 avril : « La protection de l’emploi ne peut pas attendre. »

Toujours lumineux, le ministre délégué à l’Industrie, Patrick Devedjan, plaidait : « Avec le textile, on voit bien que c’est seulement avec l’Europe qu’on peut répondre. » Sur Europe 1, comme il se doit !
Et tous de prendre d’assaut la Commission… Je vous épargne les procédures de consultation et d’enquête…

Nicolas Schmit, luxembourgeois bon teint – Le Luxembourg occupe la présidence de l’U.E. – prévient : « Les décisions doivent être des décisions qui ne peuvent être attaquées par la Chine ». Prudent !
Jacou pérore, menace du menton et Bruxelles décide de lancer la pré-procédure de sauvegarde… Difficile de brûler les étapes : En 2001, l’Europe a approuvé les derniers accords - O.M.C. – Chine –
Jacou aurait bien aimé profiter de « mesures de sauvegarde » avant la fête des Mamans…

En attendant espérons qu’il a débranché le sonotone qui le relie à son cher ami Schroëder. Du côté de « la Teutonie », le pragmatisme est de mise dans la bouche de Silvia Jungbauer, responsable du commerce extérieur et de la politique européenne à la Confédération allemande du textile et de l’habillement : « S’il y a réellement des distorsions, il est évident que nous sommes pour l’application des clauses de sauvegarde. Mais, pour l’instant, les statistiques ne sont pas suffisamment fiables pour que l’on prenne le risque de se lancer dans une guerre commerciale avec la Chine. »
Et pour cause : une grande partie de la production textile européenne, est déjà délocalisée en Chine…

En Allemagne, 95% de la production des confectionneurs est réalisée à l’étranger.
La fédération allemande du prêt-à-porter a porté sur les fonts baptismaux, avec pour parrains et marraines les Tchèques, les Hongrois et les Néerlandais, un beau bébé : « L’alliance textile Chine-Europe ». Quand ? Début avril ! Où ? A Shanghai. Nom du bébé : « Smatchninatex »… Vous dire au passage que Bruxelles n’a pas été trop pingre pour les subventions !

Chez nous, il n’y a pas de quoi pavoiser. Le président de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (Jérôme Bédier) annonce la couleur : « La mondialisation va dans le bon sens, mais elle doit s’effectuer à un rythme acceptable même si le secteur du textile est depuis longtemps mondialisé. » Précisons que la grande distribution et les grandes enseignes se frottent les mains et que les marges n’ont jamais été aussi confortables…
Alors on nous sort l’arme chic et choc : Nike Sarko bis ! (La Tribune du 25 avril).
Guillaume Sarkozy. Un Pro nous parle : « Le sujet est grave pour nos entreprises, nos industries, nos emplois. Il devient même politiquement explosif. » Et en fin connaisseur, il clame : « On nous mène en bateau ! » Bravo ! Cent fois bravo !

Guillaume Sarkozy est président de l’Union des industries textiles, et accessoirement candidat à la présidence du Medef, ticket avec Monsieur Francis Mer… Le Sarko qui veut réconcilier l’entreprise et le citoyen (Les Echos du 19 avril)…
Il ne peut ignorer que les mammouths de la grande distribution, ceux là même qui écrasent et cassent les prix pèsent pour plus de 70% du marché, en France.
Il est parfaitement informé des nouvelles pratiques du libre-échange : « Les enchères inversées » :
« Il suffit d’un clic pour envoyer une demande de produit à plus de mille producteurs disséminés aux coins de la planète. » Au cas où nous n’aurions pas compris, Gildas Minvielle économiste à l’Institut français de la mode nous précise la suite : « C’est celui qui propose le prix le plus bas qui remporte la mise. La généralisation des enchères inversées se traduit par la primauté du prix sur la qualité… » (Libération du 26 avril)

Et entre nous, dans le creux de l’oreille, le consommateur, quels sont ses états d’âme ?
Il s’en f… ! Et ce d’autant plus que, depuis trois ans, l’Europe lui a préparé le chemin : Il n’y a plus d’obligation de mentionner le pays de fabrication et la composition des matières… (Le Parisien du 27 avril)

Alors allons-y tous ensemble un bon coup : délocalisons, délocalisons tous les pantins et pantins bis qui nous mènent en bateau !

Le dimanche 29 mai 2005 doit être le grand jour des délocalisations…

En attendant ce jour où nous embrasserons tendrement nos Mamans, éteignez les radios et les télévisions. Lisez la presse quotidienne, Les Echos, La Tribune, même Libération et le Parisien… La presse est riche de surprises !
Mon ami Léon me souffle qu’il vous prépare un article traitant d’« un Medef qui soit au cœur de la société, porteur des valeurs du travail… » paroles de Guillaume Sarkozy !


Portemont, le 30 avril 2005.

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