Une seule solution : il faut les délocaliser.
Tous sans exceptions !
Tous les politiciens grimés en mauvais « politiques ».
Qu’est-ce qu’un gouvernement ? En quoi consiste l’acte
de gouverner ?
Gouverner, c’est diriger politiquement… En vue de quelles
fins ? Pour le profit de qui ?
Gouverner, n’est-ce pas prévoir ?
Les mauvais pantins qui singent le « politique »
s’agitent : « Clauses
de sauvegarde ! »
Referendum approchant à grands
pas, tous mouillent leur chemise face à l’envahissement des
chemises « made in china » avec leur assortiment
de caleçons, de chaussettes, de jupettes, et tout le fourbi. Pour
quatre francs et six sous (pardon : pour quatre euros et six cents…),
vous êtes nippés de haut en bas. On voudrait bien crier :
enlevez nous tout ça… Au risque de se faire taxer de vieux
cochon lequel n’est heureusement pas encore chinois.
Sommes-nous assez sots, naïfs et
demeurés pour croire que les chinois nous ont envahi dans la nuit
du 31 décembre 2004 au 1er janvier 2005 ?
Dix années se sont écoulées depuis l’adhésion
de la Chine à l’Organisation Mondiale du Commerce. Dix années
pendant lesquelles nos pantins se sont épuisés dans les
luttes pour le pouvoir, dans les fuites en avant.
Vous me direz que ces luttes datent depuis bien longtemps et vous aurez
bien raison.
Mais tenons-nous en aux dix ans…
L’entrée en vigueur de la fin des quotas textiles était
gravée dans le marbre.
A quoi assistons nous ?
A toujours la même farce du mauvais
guignol :
« Les clauses de sauvegarde s’appliqueront
dans les dix ou quinze prochains jours ».Promesse de
Jacou en date du 14 avril, faisant le beau à la télévision.
Et Michel Barnier de barrir le 25 avril : « La
protection de l’emploi ne peut pas attendre. »
Toujours lumineux, le ministre délégué
à l’Industrie, Patrick Devedjan, plaidait : « Avec
le textile, on voit bien que c’est seulement avec l’Europe
qu’on peut répondre. » Sur Europe 1, comme
il se doit !
Et tous de prendre d’assaut la Commission… Je vous épargne
les procédures de consultation et d’enquête…
Nicolas Schmit, luxembourgeois bon teint – Le
Luxembourg occupe la présidence de l’U.E. – prévient : « Les
décisions doivent être des décisions qui ne peuvent
être attaquées par la Chine ». Prudent !
Jacou pérore, menace du menton et Bruxelles décide de lancer
la pré-procédure de sauvegarde… Difficile de brûler
les étapes : En 2001, l’Europe a approuvé les derniers
accords - O.M.C. – Chine –
Jacou aurait bien aimé profiter de « mesures de sauvegarde »
avant la fête des Mamans…
En attendant espérons qu’il
a débranché le sonotone qui le relie à son cher ami
Schroëder. Du côté de « la Teutonie »,
le pragmatisme est de mise dans la bouche de Silvia Jungbauer, responsable
du commerce extérieur et de la politique européenne à
la Confédération allemande du textile et de l’habillement
: « S’il y a réellement
des distorsions, il est évident que nous sommes pour l’application
des clauses de sauvegarde. Mais, pour l’instant, les statistiques
ne sont pas suffisamment fiables pour que l’on prenne le risque
de se lancer dans une guerre commerciale avec la Chine. »
Et pour cause : une grande partie de la production textile européenne,
est déjà délocalisée en Chine…
En Allemagne, 95% de la production des
confectionneurs est réalisée à l’étranger.
La fédération allemande du prêt-à-porter a
porté sur les fonts baptismaux, avec pour parrains et marraines
les Tchèques, les Hongrois et les Néerlandais, un beau bébé
: « L’alliance textile Chine-Europe ». Quand ?
Début avril ! Où ? A Shanghai. Nom du bébé
: « Smatchninatex »… Vous dire au passage
que Bruxelles n’a pas été trop pingre pour les subventions !
Chez nous, il n’y a pas de quoi
pavoiser. Le président de la Fédération des entreprises
du commerce et de la distribution (Jérôme Bédier)
annonce la couleur : « La mondialisation
va dans le bon sens, mais elle doit s’effectuer à un rythme
acceptable même si le secteur du textile est depuis longtemps mondialisé. »
Précisons que la grande distribution et les grandes enseignes
se frottent les mains et que les marges n’ont jamais été
aussi confortables…
Alors on nous sort l’arme chic et choc : Nike Sarko bis ! (La
Tribune du 25 avril).
Guillaume Sarkozy. Un Pro nous parle : « Le
sujet est grave pour nos entreprises, nos industries, nos emplois. Il
devient même politiquement explosif. » Et en fin
connaisseur, il clame : « On nous
mène en bateau ! » Bravo ! Cent fois
bravo !
Guillaume Sarkozy est président
de l’Union des industries textiles, et accessoirement candidat à
la présidence du Medef, ticket avec Monsieur Francis Mer…
Le Sarko qui veut réconcilier l’entreprise et le citoyen
(Les Echos du 19 avril)…
Il ne peut ignorer que les mammouths de la grande distribution, ceux là
même qui écrasent et cassent les prix pèsent pour
plus de 70% du marché, en France.
Il est parfaitement informé des nouvelles pratiques du libre-échange : « Les
enchères inversées » :
« Il suffit d’un clic pour
envoyer une demande de produit à plus de mille producteurs disséminés
aux coins de la planète. » Au cas où nous
n’aurions pas compris, Gildas Minvielle économiste à
l’Institut français de la mode nous précise la suite : « C’est
celui qui propose le prix le plus bas qui remporte la mise. La généralisation
des enchères inversées se traduit par la primauté
du prix sur la qualité… » (Libération
du 26 avril)
Et entre nous, dans le creux de l’oreille,
le consommateur, quels sont ses états d’âme ?
Il s’en f… ! Et ce d’autant plus que, depuis trois
ans, l’Europe lui a préparé le chemin : Il n’y
a plus d’obligation de mentionner le pays de fabrication et la composition
des matières… (Le Parisien du 27 avril)
Alors allons-y tous ensemble un bon
coup : délocalisons, délocalisons tous les pantins et pantins
bis qui nous mènent en bateau !
Le dimanche 29 mai 2005 doit être
le grand jour des délocalisations…
En attendant ce jour où nous
embrasserons tendrement nos Mamans, éteignez les radios et les
télévisions. Lisez la presse quotidienne, Les Echos, La
Tribune, même Libération et le Parisien… La presse
est riche de surprises !
Mon ami Léon me souffle qu’il vous prépare un article
traitant d’« un Medef qui soit au cœur de la société,
porteur des valeurs du travail… » paroles de Guillaume
Sarkozy !
Portemont, le 30 avril 2005.
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