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ANRU : la première convention régionale est signée dans le Nord-Pas-de-Calais


Le 5 avril dernier, la première convention entre l'Etat, une région et l'ANRU a été signée à Lille, en présence de Jean-Louis Borloo, ministre de l'Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale et de Marc-Philippe Daubresse. Jean Aribaut, Préfet de la région Nord-Pas-de-Calais a ainsi signé avec Daniel Percheron, président de la Région et Philippe Van de Maele, directeur général de l'Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine (ANRU), une « convention cadre de partenariat régional en faveur de la rénovation urbaine » qui implique l'engagement d'un euro versé par la région pour trois versés par l'Etat. Cette convention régionale, une première en France, pourra conduire à mobiliser jusqu'à 1 milliard d'euros de subventions cumulées, sur la période 2005-2011, soit 250 millions d'euros pour la région Nord-Pas-de-Calais et 750 millions d'euros par l'ANRU. Un comité de pilotage Etat-ANRU-Région sera prochainement mis en place afin de déterminer des priorités d'actions et favoriser la qualité et la cohérence des projets retenus.

Bien entendu, cette convention vise surtout à l’amélioration et reconstruction des logements, des espaces publics et devrait avoir un impact induit sur l’emploi. On ne peut que se féliciter d’une telle initiative, cependant est-il permis de penser qu’il y a quelques quarante ans (déjà), c’est aussi à coup de milliards, et dans une certaines précipitation également, qu’avaient été édifiées triomphalement les cités d’urgence qui font aujourd’hui la honte des urbanistes.

Plus les politiques urbaines sont à grande échelle et plus il est à craindre qu’elles ne desservent les micro-sociétés que sont les familles et les communautés de vie (hameaux, quartiers et villages étant supprimés). A l’heure où l’on tente de développer la notion intéressante de « pays », micro-portion de territoire censée s’inscrire dans un développement harmonieux, on continue à demander aux urbanistes les plus « déjantés » de répondre à des projets qui par nécessité ne s’inscrivent ni dans le temps ni dans la proximité, quelles que soient les bonnes intentions affichées.

Comment du reste un ministre aussi doué soit il, pourrait -il envisager des projets à long terme, pressé par les échéances électorales qui l’acculeront à des effets d’annonce.

Sans être spécialiste, on sait que trop de volontarisme dans le domaine de l’urbanisme conduit le plus souvent à des résultats peu en rapport avec les réels besoins des gens. Cela concerne trop la vie pour être décidé précipitamment (time is money) dans un cabinet d’expert.

L’échec des banlieues (étymologiquement : lieu de bannissement) devrait faire réfléchir avant d’en remettre une couche.

Perceval, le samedi 23 avril 2005.

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