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Le mythe de l’entreprise se lézarde…
Affirmer un tel constat apporterait
de seaux d’eau aux moulins de messieurs Raffarin et Seillière… Appelons un chat un chat : les salariés
de nombre d’entreprises n’en peuvent plus du climat de «
surchauffe » permanent auquel ils sont confrontés, ce qui
est tout autre chose qu’une tendance à la paresse. Le fondateur de l’Institut français contre le stress, Eric Albert, tire la sonnette d’alarme : « Il est impératif d’aboutir à un meilleur équilibre entre l’entreprise et le salarié. » L’auteur de « La Fatigue de soi » (Chez Odile Jacob), Alain Ehrenberg, précise que « La fatigue dépressive a pris le pas sur l’angoisse névrotique ». Et comme chacun sait, « le déprimé est homme en panne ». Il est vrai que le nombre de licenciements pour bons et loyaux services et le manque de reconnaissance auxquels des salariés valeureux sont confrontés, n’incitent guère aux efforts perpétuels…Tous les patrons ne tournent pas le dos à ce problème grandissant. Le Centre des jeunes dirigeants se fait
le héraut du « mieux vivre » au travail, prenant à
son compte le mouvement en faveur de l’éthique et de la responsabilité
sociale. Le Directeur délégué, responsable des ressources humaines chez « Pricewaterhouse Coopers », Yves Nicolas, n’y va pas par quatre chemins : « Nous embauchons beaucoup de jeunes et nous sommes confrontés au besoin de les fidéliser, car la nouvelle génération, même si elle est motivée par la réussite professionnelle, n’est pas prête à travailler quinze heures par jours et à sacrifier sa vie privé sur l’autel de la vie professionnelle. » Et au cas où nous n’aurions pas compris, Yves Nicolas de renchérir : « A la différence de la génération d’avant, le loisir, la vie privée, la convivialité sont des valeurs clés. » Il y a certes des résistants ou de joyeux rêveurs, comme le Directeur général adjoint de Lagardère Média (Jean-Luc Allavena) pour nous dire que : « le travail n’est pas une contrainte. Quand on connaît ses goûts et qu’on a choisi son métier, c’est un plaisir et une merveilleuse voie pour se réaliser. » Jean-Luc Allavena devrait prendre le métro, tôt matin et aux heures de pointe afin de lire sur les visages des voyageurs tout le plaisir du monde…En fait ce sens du travail qui permettrait d’emprunter la voie merveilleuse de l’épanouissement au travail devrait s’apprendre « dès le plus jeune âge ». C’est Allavena le « gourou » qui vous parle. Il n’est pas avare de conseils à la jeunesse. Il lui donne la clef de la réussite : se déclarer « corvéable à merci ». Une voie royale se dessine « Pour ceux qui adoptent cette attitude, il y a des boulevards d’opportunité. » Pour ma part je n’en doute pas … Heureusement que Jean-Luc Allavena ne
brigue pas la succession de Monsieur Séllière au Medef… Ainsi, sur le mode courtois qui convient
à un tel congrès, les points de vue qui se sont échangés
sont annonciateurs d’une réelle prise de conscience de la
crise qui traverse le monde de l’entreprise. Et Corinne Maier, auteur
du décapant « Bonjour paresse » était invitée
non sans humour… Grattez un peu et derrière les
défenseurs de votre repos, vous trouverez toujours un comportementaliste
! Article réalisé grâce à l’excellent dossier de Yan de Kerorguen dans La Tribune du jeudi 31 mars 2005 (www.latribune.fr ) que nous vous conseillons de lire sans tarder. Léon Areva, le 11 avril 2005. |
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