Massacre d’une infirmière
et d’une aide-soignante à Pau !
Qui n’a pas connu les longues
nuits de garde dans les corridors déserts ne peut mesurer avec
quelle joie on voit poindre le jour… Pour l’infirmière
et l’aide-soignante de Pau, le jour ne se lèvera plus…
Ce drame particulièrement
révoltant nous oblige à nous interroger sur ce qui depuis
plusieurs années maintenant manifeste l’indifférence
au « sanctuaire ». Car si la violence est toujours mal perçue,
elle nous atteint d’autant plus qu’elle s’exerce contre
ce qui relève du « sacré » : Si la violence
trouve une certaine résonance en nous-mêmes, l’agression
envers l’enfance ou toute personne incarnant un dévouement
n’en trouve aucune. Devrons-nous nous habituer comme nous nous habituons
déjà à la violation des bâtiments (écoles,
édifices religieux) ? Pourrons nous prochainement, comme dans «
Brazil », continuer notre repas derrière un paravent après
l’explosion d’une bombe ?
Michel MICHEL et Jean-François
THIRION tentent de répondre à ces questions dans « Faire
face à la violence dans les institutions de santé »
aux Editions Lamarre).
Ils introduisent leur propos par
un rappel de ce qui fonde notre notion du sanctuaire : « En
Occident, l’hôpital comme l’école est une institution
d’origine cléricale. En chrétienté, les institutions
cléricales jouissaient d’un droit particulier : seuls les
tribunaux ecclésiastiques pouvaient juger un clerc ; une personne
poursuivie par la justice pouvait trouver asile dans un monastère
ou même dans une église, d’où l’idée
fort répandue mais erronée que la police ne peut pénétrer
dans les universités et les hôpitaux sans autorisation ».
Cet ouvrage, fruit d’une
longue expérience d’interventions de formation en milieu
hospitalier pourrait sans aucun doute alimenter la réflexion qui
doit s’ouvrir après le drame de Pau. M. Michel et JF Thirion,
dont le livre et sorti début 2004 espèrent «
que jamais dans la réalité, on ne trouvera d’établissement
qui concentre dans une même institution toutes les difficultés
».
Ils n’avaient pas imaginé
que la réalité dépasserait leurs craintes…
Hildegarde, le 22 décembre,
en ce jour de la Saint- François-Xavier, a.d. 2004
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