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Un vrai sujet de réflexion !

Nos faiblesses nous aveuglent. Plus nous jetons nos grands principes (ou ce qu'il en reste...) à la face du monde musulman et plus nous révélons nos impuissances.
En totale connivence, les médias du politiquement correct et la "gens" politique agitent tout un arsenal de chiffons rouges afin d'attiser nos peurs voire de réveiller de vieux fantasmes.
Qui nous informe vraiment de la finance islamique? Personne.
Il est pourtant urgent de s'interroger sur les principes du système bancaire islamique.
Quatre principes majeurs régissent ce système bancaire qui se veut conforme aux préceptes du Coran et respectueux de la Charia.
Premier principe: "Murabaha"
Pour l'achat d'un bien, le client ne contracte pas d'emprunt. Sa banque se porte, à sa place, acquéreur du bien et celle ci le lui revendra avec un profit préalablement négocié.
Second principe: "Mucharaka"
Si le financement d'une opération résulte de la participation de la banque et de son client. Tous deux partageront les pertes et les profits selon un ratio toujours pré-établi.
Troisième principe: "Muradaba"
Pour une opération dans laquelle la banque fournit tous les capitaux nécessaires à son client, c'est la banque qui assumera seule les pertes, considérant que son client aura perdu, la valeur de son travail. Si bénéfice il y a, il sera partagé entre la banque et son client, toujours selon un ratio pré-établi.
Quatrième principe: "Ijara"
Il s'agit d'un équivalent au crédit-bail. C'est toujours la banque qui achète un bien et le loue à son client. A un terme d'une durée définie, le client pourra devenir propriétaire.
Ce système est né en Egypte dans les années 1960 et a nécessité la réflexion de banquiers et de docteurs de la foi. Dans chaque banque islamique, un comité de Charia s'assure de la conformité des services proposés à la loi coranique. Rappelons que sont illicites les investissements dans les activités de jeux, de spectacles, et ayant un lien avec l'alcool. D'autre part spéculation et taux d'intérêt sont interdits.
En 1975, l'activité de la "banque islamique" pouvait être évaluée à 75 millions de dollars. Aujourd'hui l'évaluation se situerait entre 200 et 300 milliards de dollars.
Monsieur Mahmoud Abdelwahab responsable de "l'Islamic Banking" au sein de l'Union de banques arabes et françaises nous précise que:" Le financement islamique est loin d'être une activité passagère. Chaque année, de nouveaux produits se développent."
La croissance annuelle de l'activité " banque islamique" est de l'ordre de 10 à 15%...
Des groupes bancaires occidentaux s'intéressent à ce marché. Par exemple, Citigroup est partie prenante dans le premier emprunt islamique qui a été émis, en juillet 2004, par qui ? Je vous le donne en mille: Le Land de Saxe-Anhalt...
Si en août 2004, BNP-Paribas a été choisi par la société de télécommunications des Emirats arabes unis pour un crédit syndiqué, conforme à 100% aux principes islamiques, à hauteur de 2,35 milliards de dollars, ce n'est pas le fruit du hasard. BNP Paribas se penche sur la banque islamique depuis 1985...et a crée l'an dernier à Bahrein son "Islamic Banking Unit", gagnant ainsi en crédibilité auprès des entreprises et des institutions du Golfe persique.
Sans tambour ni trompette, une banque de dépôt islamique, "Islamic Bank of Britain" devait ouvrir ses guichets à Londres en septembre, avec la ferme volonté d'étendre ses services en Europe d'ici 3 ans, cette vieille Europe où vivent près de 15 millions de personnes de confession musulmane...
Les gesticulations de certains politiciens et de certains maîtres- penseurs réclamant haut et fort que les racines chrétiennes de l'Europe soient rappelées dans la Constitution ont de quoi nous faire sourire!
Pouvons nous imaginer ces mêmes pantins s'attaquant aux scandales financiers de Bruxelles, tançant "nos" banquiers et leur suggérant de se pencher sur les Evangiles?
A terme un puissant "communautarisme financier" pourrait bien se développer en Europe, et en France.
Qu'avons nous à proposer?

(Grâce à Robin Charbonnier et à son article paru dans "Les Echos" du 1er septembre 2004, nous sommes tous moins ignare sur ce sujet. Merci.)

Portemont, le samedi 9 octobre,
en ce jour de la Saint Jean-Leonardi, a.d. 2004

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