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Heureux qui comme
Ulysse…
Athènes, mercredi 18
août 2004
Un mercredi d’émotions…
L’école française de canoë-kayak est à
l’honneur.
Dans les vallées pyrénéennes, l’écho
a renvoyé les cris de joie et les bérets ont volé
haut…
Tony Estanguet a arraché l’or à coups de pagaie.
Terres bénies et patrie des gaves et des torrents, le Béarn
et la Bigorre sont en fête, de Pau à Saint-Pé-de-Bigorre,
sans oublier la capitale de Phoebus : Orthez !
La médaille d’or de Sydney est confortée à
Athènes.
La pagaie devrait figurer dans les armoiries parlantes de la famille Estanguet !
Estanguet « père » était médaillé
en 1977 et 1979, son frère Fabrice nous offrait une médaille
de bronze à Atlanta en 1996. N’oublions pas le frère
Aldric…
L’école française s’exporte et c’est un
Français qui entraîne l’équipe chinoise…
Le sport de haut niveau est souvent une affaire de laborieuse dynastie
. La leçon est à méditer…
Le canoë-kayak est une discipline de fer, l’adversaire c’est
la rivière et ses bouillons.
Tony la lit comme pas un.
Sa victoire est une victoire de grande valeur contre le Slovaque Martinak
qui n’a pas démérité.
Monsieur Jean Rochefort s’est liquéfié et nous avec
lui. Tout n’est pas fini… La France devrait être médaille
d’or par équipe en concours complet. En individuel, il convient
de saluer l’Allemande Bettina Hoy. Rien à redire. Nous attendrons
la réponse du Tribunal arbitral du Sport…
Athènes, jeudi 19 août
2004
Les Dieux de l’Olympe sont attentifs. Ils sont tous autour du tatami,
regardant le combat entre la Française Cécile Lebrun et
la Brésilienne Da Silva, hermaphrodite opéré…
Les Dieux de l’Olympe en ont vu d’autres !
Tous les sabreurs de France étaient debout. Les sabreurs de toute
notre belle histoire, sans oublier les sabreurs de l’Empire.
Demi-finale à plus de 20 de tension : France contre Etats-Unis.
C’est une leçon à l’état pur. Malgré
l’arrogance, l’agressivité et les passages en force,
malgré un public états-unien délirant, Gaël
Touya, Damien Touya et Julien Pillet ont donné une grande leçon
à l’équipe du Bushland. Le sport doit être au-dessus
de nos différends, c’est entendu. Mais les Etats-Unis transportent
dans tous les sports leur manière d’être…
Nous pardonnerons à Damien, blessé à la droite avant
le dernier assaut,
d’avoir transformé quelque peu son sabre en « mitraillette
» à l ‘annonce de sa victoire…
Je sais que la tension et les pressions sont immenses et terribles, mais
ne cédons pas, de grâce, à ces débordements.
L’ équipe italienne était enchevêtrée,
en mêlée- tombée , à l’annonce de sa
qualification pour la finale… Ce soir nous assisterons à
une finale de tous les débordements…
Athènes, jeudi 19 août 2004 en soirée
Exemplaire ! Une équipe française exemplaire ! Les moustaches
de Porthos, Athos, Aramis et d’Artagnan, se sont dressées
vers le ciel… Certes ils tiraient l’épée, mais
soyons sûrs que nos sabreurs ne les ont pas laissés indifférents.
Cet or est le trophée d’une équipe et n’oublions
pas Boris… Nous avons pu enfin voir un ministre heureux.
Dans Athènes sous très haute surveillance, nos champions
ont pu s’endormir heureux du travail accompli. Dure journée
pour votre serviteur qui, par sympathie, est envahi de contractures…En
attendant les bras de Morphée, relisons :
« Il y a quatre-vingt-dix ans, lorsque
Chateaubriand pénétra dans Athènes, c’était
une malheureuse bourgade turque. Quelques centaines de maisons couvraient
la pente septentrionale de l’Acropole.Un petit mur semblable à
la clôture d’un jardin tenait lieu d’enceinte ; ville
et muraille étaient la propriété du chef des eunuques
noirs de Constantinople. »…
« Mais du seuil de la ville, il faut
sentir qu’elle fut faite avec amour.Ses habitants n’ont rien
épargné pour qu’elle fût belle. Ils avaient
leurs ressources et les richesses de leurs compatriotes, les banquiers
grecs dispersés dans tout l’univers. Ils se rappelèrent
que leurs ancêtres possédaient des carrières de plusieurs
sortes de marbre, le pentélique doré, le paros d’un
blanc délicat dont on est ébloui, l’hymette gris et
bleu, l’éleusien noirâtre. Ces veines perdues furent
rouvertes. On revêtit de marbre tous les édifices publics.
Cette précieuse pierre n’est pas absente des maisons particulières
; elle les recouvre du haut au bas ou elle erre au long des corniches,
rehausse le pourtour des baies et des issues, les marches des perrons,
souligne la saillie des étages et verse partout une idée
d’opulence et de propreté lumineuse. »…
« Le quartier populeux présente
une physionomie archaïque : ce qui n’est pas américain,
c’est-à-dire en avant de plusieurs années sur le siècle,
est d’une vétusté magique ; ce qui n’avance
point sur nos habitudes de vie en retarde de septante ans. Par le style
de certains meubles ou de certains costumes, on est tout à coup
transporté au plus profond de nos plus fidèles provinces...
Telle pièce que l’on reléguerait dans quelques annexes
du musée de Cluny est ici en plein exercice…Des processions
de chèvres sillonnent les rues à pas lents ; de distance
en distance, le berger les arrête pour traire la plus lourde au
bord du trottoir, au-devant de ménagères qui l’apostrophent.
Ces chèvres sont parfois suivies d’une bande de petits ânes,
couverts de feuilles de laurier pour sauver du soleil un faix de citron
et d’orange. J ‘ai même vu des ânes qui n’avaient
sur leur bât que de grandes bottes de thym. »
Charles Maurras. La ville moderne in les « Lettres des
Jeux olympiques »
Les couleurs, les bruits et les senteurs
vous accompagnent dans le sommeil mérité : ne vous en privez
pas !
Portemont, le 25 août,
en ce jour de la Saint-Louis, Roi de France, a.d. 2004.
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