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Heureux
qui comme Ulysse…
En ce matin du Lundi 16 août 2004,
Lourdes fait sa toilette. Tous nos amis ont regagné leur province
et pour certains, la capitale. Qui reprend son travail, qui s’affaire
pour renouer avec les vacances ou la préparation d’un camp
où d’autres amis se retrouveront. Il nous reste Athènes.
Athènes, lundi 16 août
2004
Avant de suivre, par écrans interposés, la vie qui se poursuit
à Athènes, il faut lire la première de couverture
de « France Soir » :
« La Femme est l’avenir de l’Homme
». La jeune Laure Manaudou provoque dans la presse des intuitions
que ne désavouerait pas notre Très Saint Père…
Tout est toujours possible…
Le Judo français est au plus bas…
Pour nous consoler, nous avons des compagnies de Mousquetaires des deux
sexes…
Ce lundi 16 est un jour que n’oublieront pas les Italiens !
Le fleuret, arme d’étude et d’estoc, permet depuis
des décennies de nous affronter aux Italiens. C’est une vieille
querelle d’école, une lutte entre les Classiques et les Extravagants.
Fidèles au classicisme, les fleurettistes français maintiennent
la tradition qu’honorait déjà Christian d’Oriola
(4 médailles d’or…)
Brice Guyart a obtenu raison contre Andrea Cassarà, géant
de 1 mètre 92 et Salvatore Sanzo.
Sa médaille d’or devrait vous combler.
Les Italiens avaient bousculé les traditions et disons le, l’élégance
du fleuret, en 1976, par le bras de Fabio Dal Zotto qui remportait l’or
à Montréal .
Tous les fleurettistes ont les oreilles emplies de ces mots mille fois
répétés par leurs maîtres : « Bras tendu
! » Les bras raccourcis à l’Italienne, les moulinets
et les gesticulations sont envoyés dans les poubelles de l’histoire
de l’escrime. Pour vous résumer l’enjeu- qui est de
taille-- , le fleuret à l’Italienne, est au fleuret ce que
Monsieur Berlusconi est à la politique…
Souhaitons que l’affaire soit entendue une fois pour toute et félicitons
sans réserve Fabrice Guyart.
Athènes, mardi 17 août
2004
Une belle journée. L’escrime et l’équitation
retiennent toute notre attention. Le plaisir d’entendre Boisse «
père » commenter nos épéistes et donc l’épée
de son fils Eric. Les dessins de Chenez détendent l’atmosphère
sur l’écran de télévision. Nous retrouvons
les beaux gestes et le beau « mental » de tout escrimeur qui
se respecte…
Le résultat ne sera pas à la hauteur de notre plaisir. Les
escrimeurs de cette journée n’ont pas failli, Russe, Suisse,
Cubain ou Français ont été superbes. Il n’y
avait pas d’Italien…
« Galan de Sauvagère » et « Espoir de la mare
». Parlez en à Jean Rochefort.
Commentateur inattendu et combien bienvenu, Jean Rochefort nous commente
les épreuves du Complet. Il n’est pas nécessaire d’être
une vieille baderne passée par Saumur pour chevaucher dans un océan
de plaisirs.
Il nous faut encore attendre…demain peut-être, des médailles…Mais
qu’importe ! Aujourd’hui, sous le soleil qui baignait le site
de Markopoulo, le hongre gris « Galan de Sauvagère »
encouragé par la chaude voix de Jean Rochefort et monté
par Nicolas Touzaint était le Centaure victorieux. Avec Jean Teulère,
Didier Courrèges et Nicolas Touzaint, je rêve pour la France
d’une médaille d’or au Complet. Pensez aux montures
de nos cavaliers : Dressage, course de fond et saut d’obstacles.
Mercredi nous aurons la réponse.
Dans Athènes, de sombres rumeurs circulent. Les autorités
grecques se fendent d’un communiqué qui peut se traduire
ainsi : « nous n’avons pas l’intention
d’acheter des billets pour remplir les stades. » Il
paraîtrait que les gradins présentent des grands vides…
Derrière ces inquiétudes, vous vous en doutez, il y a des
histoires de gros sous…
J’imagine tous les soins dont nos chevaux vont être entourés
quand un sourire m’arrache aux odeurs d’écurie.
C’est le sourire de notre nouvelle championne : Solenne Figues,
de Toulouse !
Elle vient de remporter une médaille d’argent en natation
au 200 mètres nage libre. Son sourire est contagieux. Que va-t-elle
faire maintenant ?
« Je vais m’occuper de mon petit
mari »
Il est vrai que, depuis trois ans, son quotidien est soumis à dure
épreuve avec une épouse graine de championne…
Je suis sûr, avant d’éteindre les écrans de
télévision, que le Très Saint Père serait
content de l’entendre parler ainsi, avec un tel sourire !
Pour me conduire vers le sommeil, j’ouvre un exemplaire de la collection
« Les cahiers verts » de la librairie Grasset : « La
musique intérieure » de Charles Maurras, et lis à
haute voix :
«
Dis-nous ton plus beau jour, Ulysse, je te prie
Quand, revenu mourir en ta belle patrie,
Tu gravis, appuyé sur ta crosse à clous d’or,
La tribune de marbre à la pointe du port :
Là tu t’assieds, afin que les sujets d’Ulysse
En retour de l’impôt reçoivent la justice,
Tu les accueilles tous, aucun n’est rebuté,
L’existence a mûri ton amère bonté. »
A suivre…
Portemont, le mardi 17 août,
en ce jour de la Saint-Hyacinthe, a.d. 2004.
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