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Heureux qui comme Ulysse...

L'Ortégal est à quai. Le jeune Maurras caresse des yeux sa Jérusalem. Il a embrassé " Notre Mer".
Il a osé se livrer et nous faire partager ses émotions. Le jeune Maurras chante la Grèce éternelle: "...ainsi le veulent la nature, et la raison, et la justice."
Athènes l'accueille. Il est chez lui. Il entend déjà au pied de l'Acropole, le rire tonitruant de Renan...
Pour notre plus grand bonheur, il a résisté au perfide chant des sirènes:
"Qu'un tel peuple, le plus sensible, le plus léger, le plus inquiet, le plus vivant, le plus misérable de tous les peuples, ait été justement celui qui vit naître Pallas et opéra l'antique découverte de la Raison, cela est naturel, mais n'en est pas moins admirable. On comprend comme à force d'éprouver toute vie et toute passion, les Athéniens ont dû en chercher la mesure autre part que dans la vie et dans la passion. Le sentiment agitait toute leur conduite, et c'est la raison qu'ils mirent sur leur autel. L'événement est le plus grand de l'histoire du monde."
Charles Maurras journaliste sportif ? Ce sont les Jeux d'Athènes du mois d'avril 1896 !
Découvrez le sans tarder, un beau cadeau nous a été fait. Ouvrez les "Lettres des Jeux olympiques" présentées par Axel Tisserand (G.F Flammarion). Un sang hellène coule dans les veines du jeune homme de Martigues. Il nous donne tout son miel dans " Anthinea". Tel un berger grec, Axel Tisserand nous guide d'une main ferme. Vous relirez et relirez encore sa remarquable introduction à la Troisième Lettre: " Refusant ce qu'il nommera plus tard " la métaphysique religieuse du sol et du sang", il rejette depuis toujours toute conception reposant sur l'inégalité des races humaines... Ni race grecque ni race latine, donc. Des civilisations. Et ce refus de créditer la race-au sens tristement célèbre du XXème siècle- de quelque pertinence que ce soit est même à ses yeux, la pierre de touche de sa conception de l'humanité, opposée à celle des Germains..."
Et Charles Maurras de nous faire part des charmes des Athéniennes:"Les vraies Grecques, quel feu, quel esprit pétillant, quel charme dans le sourire et dans le regard!" ou encore : "C'est le foncé qui domine, comme il convient. Deux visages des plus délicats montrent la couleur de l'olive parfaitement mûre, on leur redirait volontiers l'épigramme d'Asclépiade à cette belle Didymé, fleur de l'Anthologie:"Elle est noire et qu'importe? Les charbons aussi sont noirs, mais quand ils sont en feu, ils sont brillants comme des calices de roses." Et les beaux yeux! Vifs et mouillés, aigus et tendres, on ne nous parle pas assez des beaux yeux de l'Athénienne.
Ces yeux m'ont mis en grand retard. Le courrier va partir."

Nous héritons de ce retard et nous nous en réjouissons!

Athènes, 13 août 2004, en soirée.
Après avoir cyniquement regardé le grand chantier de la nouvelle Grèce olympique, tous les commentateurs s'accordent à reconnaître l'exploit: Ils ont réussi!
Les Grecs ont travaillé jours et nuits. Tout est fin prêt. Les travailleurs turcs peuvent bomber le torse.
La déesse "Technique" se farde du bleu de la mer Egée et nous dévoile son spectacle. Une tête cycladique accouche dans les airs de Kouros. En dessous, Centaure se meut avec lenteur et Eros s'efforce de voler. La Grèce, en quelques minutes, s’égrène telle une bande dessinée animée...
L'Avenir ? Une jeune femme enceinte pointe et dévoile un ventre lumineux. Eros volette...
Provocation? Thanatos, absent du tableau dans une Europe qui avorte, ricane... Mais personne ne l'entend.

Athènes, 14 août 2004, en matinée.
La première médaille d'or est gagnée par une jeune Chinoise. Tir à la carabine à air comprimé, à 10 mètres.
Vous imaginez aisément les commentaires... Quel signe?
Les épreuves se succèdent... Les pronostiques vont bon train. Une ombre de taille au tableau : un couple d’Athlètes grecs à pris la poudre d’escampette afin d’échapper à un contrôle anti-dopage. Du haut de l’Olympe, le berger marathonien Louys Spiro, qui ne connaissait en son temps que l’ouzo, maintenant condamné pour l’éternité à l’hydromel, rit aux éclats.

Lourdes, 14 août 2004, fin de matinée.
Nous sommes sous un autre ciel. Le Très Saint Père arrive à Tarbes. Le Vieil Homme en blanc, pèlerin parmi les pèlerins est accueilli par le Président de la République. Mots d'accueil. Un catalogue de banalités, semblant sortir de la bibliothèque d'une Loge, est récité par un Président Chirac incorrigible : les faibles, les pauvres, la nature, tout est à protéger. Nous connaissons tous la chanson...
La réponse du Très Saint Père :" Je bénis le Seigneur qui me permet encore une fois... sur cette terre bien aimée de France... Par une démarche personnelle, je désire m'unir aux milliers de pèlerins... demander son aide et son intercession... Je me tourne avec confiance...". La Très Sainte Vierge Marie est présente. C'est Elle qui tient le texte que lit le Vieil Homme en blanc. Nous ne la voyons pas, mais nous savons qu'Elle est là !
Dans le calme et sous un beau soleil, tout le monde attend à Lourdes. Il arrive et Se rend à la Grotte. Les pèlerins et tous les peuples fidèles ne peuvent voir le Très Saint Père, quitter son fauteuil et s'agenouiller chancelant, devant la Grotte. Ce n'est pas l'Eros ridicule d'Athènes qui le soutien, mais la Dame en blanc qui lui tient la main.
Et tout alentour, nos seigneurs les malades... Le Très Saint Père est chez lui. Bernadette et Marie sourient complices, Thanatos ne ricane plus, il s'est enfui tout honteux.
Demain, dimanche 15 août 2004, Athènes vous paraîtra bien triste.

Portemont, le samedi 14 août,
en ce jour de la Vigile de l'Assomption, a.d. 2004.

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