vendredi 21 novembre 2008

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Et que ça saute !

C'est un fait de société. Il faut des fêtes, des manifestations, des Paris-plages, des Nuits blanches (en évitant des nuits de longs-couteaux…). Les grandes manifestations politiques se terminent par des fêtes. La fête pour la fête.
Pour se « retrouver » ensemble, ou faire semblant. Ce n'est pas un travers de la modernité. C'est inscrit dans les mœurs sociales. De tout temps, les femmes et les hommes ont eu besoin de resserrer leurs liens par la fête. Voltaire se plaignait du trop de fêtes… Ainsi les manants disposaient de trop de jours pour ne pas travailler, c'était avant les 35 heures!
Au Moyen-Âge, à Provins, les soirs de marché, les sergents parcouraient la ville à la lumière de torches, accompagnés de jongleurs-musiciens ; la foule se pressaient en famille. Dans la capitale, les parisiens se moquaient, à l'occasion de spectacles, des bretons fabricants de balais, qui "baragouinaient"… De grandes fêtes publiques célébraient les victoires militaires, les mariages, les naissances des Princes. Le Roi visitait-il ses « bonnes villes » ? Fêtes ! Encore des fêtes !
Le théâtre était partout à l'honneur. D'abord liturgique, il gagna avec le temps en divertissements. Vinrent alors la Morale puis la Farce. Le peuple était rieur, malgré les déboires et les malheurs du temps.
A Romans, en 1509, en trois jours de fête, il y eut 13957 entrées au théâtre. A Mons, en 1511, au cours de huit jours de fêtes, les ecclésiastiques demandèrent à leurs supérieurs l'autorisation de pouvoir assister « aux mystères ». Les prêtres raffolaient des spectacles… Mais ceux-ci devenaient par trop profane... A Metz, en 1485, les femmes étaient nombreuses avec leurs enfants, attendant les spectacles. Le Peuple aimait la fête !
De solides barrières ou des fossés plein d'eau séparaient la scène des spectateurs. Pour pallier aux accidents, la ville de Mons interdit en 1501, l'entrée aux petits enfants de moins de dix ans.
Les divertissements se poursuivaient la nuit, la musique battait son plein. Tous les spectacles n'étaient pas toujours du meilleur goût. Le peuple était rude et égrillard. Il se pressait avec le même entrain au « spectacle » des exécutions publiques.
Au cours de l'année, les fêtes correspondaient principalement au calendrier religieux. Douze jours de Noël à l'Epiphanie… Période de repos de la terre ! Carnaval était le temps fort, celui du monde à l'envers. Les fous, les « dérangés », étaient du cortège. Bien sûr les hommes d'église critiquaient vivement « ces temps de ripailles, d'ivrognerie et de débauches »…
Mardi « gras » portait bien son nom. Il fallait bien chasser La Mort qui rodait partout…
Le cycle de la Semaine Sainte et de Pâques n'excluait pas la fête.
Les travaux des champs étaient aussi de belles occasions de "fêter". Les fêtes des Saints Patrons des métiers n'étaient pas en reste. De la Pentecôte à Noël, les fêtes religieuses ne se comptaient plus… La Saint-Martin d'hiver, le 11 novembre, était fêtée avec éclats… Un prêtre, qui y avait dansé avec des chaussures rouges et la tête ceinte d'un chapeau de fleurs, fût poursuivi par les autorités à la fin du XVième siècle !
Les évènements familiaux étaient aussi l'occasion de belles fêtes : dîners de gésine, mariages, baptêmes, et les dîners mortuaires n'étaient pas les moindres. Nos campagnes conservent encore ces belles et saines traditions !
Les temps ont changé. Ces dernières années nous avons eu à subir "Halloween". La résistance s'est organisée. Les nouvelles sont bonnes. Nos amis du F.L.C (ceux du Front de Libération des Cucurbitacés) gagnent des victoires. « Halloween » s'essouffle et se dégonfle. Nos citrouilles peuvent respirer. Bientôt, elles vont pouvoir sereinement regagner les cuisines, pour finir en bons ragoûts, tartes ou veloutés ! Mais restons sur la brêche…
Pour nous conforter dans ce début de victoire, nous avons maintenant « Francine ».
Dame « Francine », en la personne de Catherine Dazzi-Rivière, directrice du marquetinge et du développement de France Farine, société qui a créé la marque en 1966, est de la bataille.
Depuis 7 ans, « Francine » se bat pour relancer la Chandeleur. Les crêpes sont remises à l'honneur, le 2 février.
Catherine Dazzi-Rivière, dans sa lancée, poursuit le combat. Elle a créé un deuxième évènement appelé « Cuisines en fête », et ce en compagnie de partenaires tel que la Maison Nicolas (qui étanche la soif). A l'occasion d'un sondage T.N.S/ Sofres, il est ressorti que 80% des français seraient globalement favorables à la création d'une fête
« au cours de laquelle on inciterait les gens à faire de la cuisine ».
Voilà qui met du beurre - pardon du baume - au coeur des Manants ( la ligne téléphonique des Manantes, comme par hasard était couverte de « friture », j'attends donc la réponse).
Tout n'est pas encore " foutu" au royaume de France !
Nous invitons donc toutes les Manantes et les Manants, à faire sauter des crêpes, pour la Chandeleur, en famille, avec tous les enfants de leur voisinage, les personnes âgées délaissées, et tous les résistants-protecteurs des cucurbitacés.
Pour ce faire, je ne manquerais pas de vous faire connaître quelques bonnes recettes… à la rubrique La Table (Civilisation).

Portemont, le 27 novembre 2003,
en ce jour de la Saint-Maxime.

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