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Et que ça
saute !
C'est un fait de société.
Il faut des fêtes, des manifestations, des Paris-plages, des Nuits
blanches (en évitant des nuits de longs-couteaux…). Les grandes
manifestations politiques se terminent par des fêtes. La fête
pour la fête.
Pour se « retrouver » ensemble, ou faire semblant. Ce n'est
pas un travers de la modernité. C'est inscrit dans les mœurs
sociales. De tout temps, les femmes et les hommes ont eu besoin de resserrer
leurs liens par la fête. Voltaire se plaignait du trop de fêtes…
Ainsi les manants disposaient de trop de jours pour ne pas travailler,
c'était avant les 35 heures!
Au Moyen-Âge, à Provins, les soirs de marché, les
sergents parcouraient la ville à la lumière de torches,
accompagnés de jongleurs-musiciens ; la foule se pressaient en
famille. Dans la capitale, les parisiens se moquaient, à l'occasion
de spectacles, des bretons fabricants de balais, qui "baragouinaient"…
De grandes fêtes publiques célébraient les victoires
militaires, les mariages, les naissances des Princes. Le Roi visitait-il
ses « bonnes villes » ? Fêtes ! Encore des fêtes
!
Le théâtre était partout à l'honneur. D'abord
liturgique, il gagna avec le temps en divertissements. Vinrent alors la
Morale puis la Farce. Le peuple était rieur, malgré les
déboires et les malheurs du temps.
A Romans, en 1509, en trois jours de fête, il y eut 13957 entrées
au théâtre. A Mons, en 1511, au cours de huit jours de fêtes,
les ecclésiastiques demandèrent à leurs supérieurs
l'autorisation de pouvoir assister « aux mystères ».
Les prêtres raffolaient des spectacles… Mais ceux-ci devenaient
par trop profane... A Metz, en 1485, les femmes étaient nombreuses
avec leurs enfants, attendant les spectacles. Le Peuple aimait la fête
!
De solides barrières ou des fossés plein d'eau séparaient
la scène des spectateurs. Pour pallier aux accidents, la ville
de Mons interdit en 1501, l'entrée aux petits enfants de moins
de dix ans.
Les divertissements se poursuivaient la nuit, la musique battait son plein.
Tous les spectacles n'étaient pas toujours du meilleur goût.
Le peuple était rude et égrillard. Il se pressait avec le
même entrain au « spectacle » des exécutions
publiques.
Au cours de l'année, les fêtes correspondaient principalement
au calendrier religieux. Douze jours de Noël à l'Epiphanie…
Période de repos de la terre ! Carnaval était le temps fort,
celui du monde à l'envers. Les fous, les « dérangés
», étaient du cortège. Bien sûr les hommes d'église
critiquaient vivement « ces temps de ripailles, d'ivrognerie et
de débauches »…
Mardi « gras » portait bien son nom. Il fallait bien chasser
La Mort qui rodait partout…
Le cycle de la Semaine Sainte et de Pâques n'excluait pas la fête.
Les travaux des champs étaient aussi de belles occasions de "fêter".
Les fêtes des Saints Patrons des métiers n'étaient
pas en reste. De la Pentecôte à Noël, les fêtes
religieuses ne se comptaient plus… La Saint-Martin d'hiver, le 11
novembre, était fêtée avec éclats… Un
prêtre, qui y avait dansé avec des chaussures rouges et la
tête ceinte d'un chapeau de fleurs, fût poursuivi par les
autorités à la fin du XVième siècle !
Les évènements familiaux étaient aussi l'occasion
de belles fêtes : dîners de gésine, mariages, baptêmes,
et les dîners mortuaires n'étaient pas les moindres. Nos
campagnes conservent encore ces belles et saines traditions !
Les temps ont changé. Ces dernières années nous avons
eu à subir "Halloween". La résistance s'est organisée.
Les nouvelles sont bonnes. Nos amis du F.L.C (ceux du Front de Libération
des Cucurbitacés) gagnent des victoires. « Halloween »
s'essouffle et se dégonfle. Nos citrouilles peuvent respirer. Bientôt,
elles vont pouvoir sereinement regagner les cuisines, pour finir en bons
ragoûts, tartes ou veloutés ! Mais restons sur la brêche…
Pour nous conforter dans ce début de victoire, nous avons maintenant
« Francine ».
Dame « Francine », en la personne de Catherine Dazzi-Rivière,
directrice du marquetinge et du développement de France Farine,
société qui a créé la marque en 1966, est
de la bataille.
Depuis 7 ans, « Francine » se bat pour relancer la Chandeleur.
Les crêpes sont remises à l'honneur, le 2 février.
Catherine Dazzi-Rivière, dans sa lancée, poursuit le combat.
Elle a créé un deuxième évènement appelé
« Cuisines en fête », et ce en compagnie de partenaires
tel que la Maison Nicolas (qui étanche la soif). A l'occasion d'un
sondage T.N.S/ Sofres, il est ressorti que 80% des français seraient
globalement favorables à la création d'une fête «
au cours de laquelle on inciterait les gens à faire de la cuisine
».
Voilà qui met du beurre - pardon du baume - au coeur des Manants
( la ligne téléphonique des Manantes, comme par hasard était
couverte de « friture », j'attends donc la réponse).
Tout n'est pas encore " foutu" au royaume de France !
Nous invitons donc toutes les Manantes et les Manants, à faire
sauter des crêpes, pour la Chandeleur, en famille, avec tous les
enfants de leur voisinage, les personnes âgées délaissées,
et tous les résistants-protecteurs des cucurbitacés.
Pour ce faire, je ne manquerais pas de vous faire connaître quelques
bonnes recettes… à la rubrique La Table (Civilisation).
Portemont, le 27 novembre
2003,
en ce jour de la Saint-Maxime.
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