vendredi 21 novembre 2008

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Vous avez dit gouvernance ? Je vous réponds : Saint-Benoît !

Pour gouverner un pays au vieux fond "gaulois", qui plus est produisant plusieurs centaines de fromages, plongeant dans des réactions communautaristes étriquées, nos gouvernants qui ne gouvernent plus créent des commissions, des observatoires, des instituts, des cellules de crises et j'en passe...
Fuite en avant et politique de l'autruche !
Comment en sortir ? A cette question essentielle la réponse est simple. Elle nous est donnée dans les propos recueillis par Marie-José Gava, et retranscrit dans " L' Usine Nouvelle" du premier avril 2004. Ce n'est pas un poisson...
Celui qui nous livre la réponse n'est pas un "gourou" de la nouvelle économie, ni un "coach" inspiré. C'est le Père Didier Le Gal, prieur et cellérier de l'Abbaye de Saint-Wandrille, sise en Normandie ! Pour être dans le ton de l'hebdomadaire, on nous précise que prieur et cellerier c'est un peu comme DRH et DAF. Passons !
Le Père Le Gal se prête au jeu et concède que dans son monastère : "l'Abbé, c'est un peu le manager. C'est lui l'interprète et le garant de la Règle de Saint-Benoît, qui, en substance, prône des principes clés d'équilibre de la communauté : l'obéissance, le silence, l'écoute, l'humilité, la tempérance, l'attention portée à chacun… Il doit donc allier indulgence et fermeté."
"Entre tous, il y a donc un subtil équilibre des pouvoirs, garanti par des structures de contrôle puissantes."
Le Père Le Gall nous explique qu'au sein du "Chapitre", les moines qui se sont engagés définitivement, votent régulièrement sur tous les points qui concernent la vie de la communauté.
Le "Chapitre", c'est le lieu d'expression du groupe autour de son abbé. Ce lieu d'expression participe fortement à la stabilité et à la cohésion de la collectivité.
Pour être respecté, l'abbé a le devoir d'écouter et de tenir compte des avis de tous les frères.
Le Père Le Gall nous rappelle la Règle : "si un seul membre de la communauté se sentait exclu, se serait un risque pour l'équilibre du groupe."
Dans la communauté, tout, sauf le murmure ! L'ennemi c'est la rumeur.
A quoi veille-t-on par dessus tout, au sein de la communauté ? A ce que tous puissent s'exprimer !
Le Père de poursuivre : "Ainsi, lorsqu' un moine donne son avis, on ne lui fait pas à priori un procès d'intention, mais on veille, par le dialogue, à ce que sa parole soit libre de tout intérêt propre, voire partisan."
Pas de doute, c'est tout comme dans l’Abbaye élyséenne. Ecoutez l'abbé Chirac, écoutez le frère Sarko. Et le prieur Raffarin ?
Ils appliquent la Règle... Ils la connaissent sur le bout des doigts.
Le Père Le Gal, par ses propos réconfortants nous précise : " ... nous accordons beaucoup d'attention à l'opinion des plus jeunes... Et si certains moines constatent un écart de l'abbé par rapport à la Règle, ils ont le droit de le lui faire remarquer, avec néanmoins beaucoup de respect et sans véhémence."
La vertu de l'exemple impose à l'abbé d'être le premier à obéir à la Règle.
L’abbé c'est le chef. Il lui appartient, après avoir recueilli les avis de la communauté, de décider. Et il explique le pourquoi de sa décision.
Le Père Le Gal de conclure : " Mais comme il vise l'équilibre et la pérennité de la communauté, il ne peut se permettre de blesser ou de perdre un seul frère."
Ne me demandez surtout pas quelle est la durée du mandat de l'abbé...
En marge de ces propos, le Père Didier Le Gal compare la Règle de son monastère à une charte d'entreprise, à condition que le règlement ne soit pas un simple document "marketing"...
Mieux encore, il nous précise que certaines sociétés: "ont posé des principes d'action concrets qui ont un pouvoir structurant. A l'opposé des sociétés qui voient défiler les PDG, leur culture se transmet au fil des ans. C'est un gage de stabilité."
Nous ne sommes pas tous appelés à la vie monastique. Soit.
Mais nous pouvons toutes et tous être de bons ouvriers pour l'entreprise France.
Retenons la leçon du Père Le Gal :
Il nous faut un bon "manager", des structures de contrôle puissantes. Il faut aussi que nous nous engagions définitivement. Nous veillerons à nous exprimer sans esprit partisan. Notre "manager" décidera ensuite. Les plus jeunes seront écoutés. L' équilibre et la pérennité seront le souci premier du "manager" qui veillera à ne blesser personne et à ne perdre une seule de nos soeurs ou un seul de nos frères, mêmes parmi les plus petits, les tous petits, les vraiment petits petits...
Afin de veiller à la pérennité de l'entreprise France, pour conserver son équilibre, nous serons pris toutes et tous d'une lucidité salvatrice. Nous refuserons de nous battre pour la succession du "manager". C'est simple... Nous ferons confiance à son héritier.
Et l'entreprise France pourra tout naturellement redevenir la belle et grande " Maison de France". Elle est là. Elle nous attend !
Cette entreprise ne vous tente-t-elle pas ? Pour les Manantes et les Manants du Roi, c'et tout décidé !

Portemont, le vendredi 28 mai,
en ce jour de la Saint-Augustin de Cantorbery, a.d. 2004.

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