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Vous avez dit
gouvernance ? Je vous réponds :
Saint-Benoît !
Pour gouverner un pays au vieux fond
"gaulois", qui plus est produisant plusieurs centaines de fromages,
plongeant dans des réactions communautaristes étriquées,
nos gouvernants qui ne gouvernent plus créent des commissions,
des observatoires, des instituts, des cellules de crises et j'en passe...
Fuite en avant et politique de l'autruche !
Comment en sortir ? A cette question essentielle la réponse est
simple. Elle nous est donnée dans les propos recueillis par Marie-José
Gava, et retranscrit dans " L' Usine Nouvelle" du premier avril
2004. Ce n'est pas un poisson...
Celui qui nous livre la réponse n'est pas un "gourou"
de la nouvelle économie, ni un "coach" inspiré.
C'est le Père Didier Le Gal, prieur et cellérier de l'Abbaye
de Saint-Wandrille, sise en Normandie ! Pour être dans le ton de
l'hebdomadaire, on nous précise que prieur et cellerier c'est un
peu comme DRH et DAF. Passons !
Le Père Le Gal se prête au jeu et concède que dans
son monastère : "l'Abbé,
c'est un peu le manager. C'est lui l'interprète et le garant de
la Règle de Saint-Benoît, qui, en substance, prône
des principes clés d'équilibre de la communauté :
l'obéissance, le silence, l'écoute, l'humilité, la
tempérance, l'attention portée à chacun… Il
doit donc allier indulgence et fermeté."
"Entre tous, il y a donc un subtil équilibre
des pouvoirs, garanti par des structures de contrôle puissantes."
Le Père Le Gall nous explique qu'au sein du "Chapitre",
les moines qui se sont engagés définitivement, votent régulièrement
sur tous les points qui concernent la vie de la communauté.
Le "Chapitre", c'est le lieu d'expression du groupe autour de
son abbé. Ce lieu d'expression participe fortement à la
stabilité et à la cohésion de la collectivité.
Pour être respecté, l'abbé a le devoir d'écouter
et de tenir compte des avis de tous les frères.
Le Père Le Gall nous rappelle la Règle :
"si un seul membre de la communauté se sentait exclu, se serait
un risque pour l'équilibre du groupe."
Dans la communauté, tout, sauf le murmure ! L'ennemi c'est la rumeur.
A quoi veille-t-on par dessus tout, au sein de la communauté ?
A ce que tous puissent s'exprimer !
Le Père de poursuivre : "Ainsi,
lorsqu' un moine donne son avis, on ne lui fait pas à priori un
procès d'intention, mais on veille, par le dialogue, à ce
que sa parole soit libre de tout intérêt propre, voire partisan."
Pas de doute, c'est tout comme dans l’Abbaye élyséenne.
Ecoutez l'abbé Chirac, écoutez le frère Sarko. Et
le prieur Raffarin ?
Ils appliquent la Règle... Ils la connaissent sur le bout des doigts.
Le Père Le Gal, par ses propos réconfortants nous précise
: " ... nous accordons beaucoup d'attention
à l'opinion des plus jeunes... Et si certains moines constatent
un écart de l'abbé par rapport à la Règle,
ils ont le droit de le lui faire remarquer, avec néanmoins beaucoup
de respect et sans véhémence."
La vertu de l'exemple impose à l'abbé d'être le premier
à obéir à la Règle.
L’abbé c'est le chef. Il lui appartient, après avoir
recueilli les avis de la communauté, de décider. Et il explique
le pourquoi de sa décision.
Le Père Le Gal de conclure : "
Mais comme il vise l'équilibre et la pérennité de
la communauté, il ne peut se permettre de blesser ou de perdre
un seul frère."
Ne me demandez surtout pas quelle est la durée du mandat de l'abbé...
En marge de ces propos, le Père Didier Le Gal compare la Règle
de son monastère à une charte d'entreprise, à condition
que le règlement ne soit pas un simple document "marketing"...
Mieux encore, il nous précise que certaines sociétés:
"ont posé des principes d'action concrets qui ont un pouvoir
structurant. A l'opposé des sociétés qui voient défiler
les PDG, leur culture se transmet au fil des ans. C'est un gage de stabilité."
Nous ne sommes pas tous appelés à la vie monastique. Soit.
Mais nous pouvons toutes et tous être de bons ouvriers pour l'entreprise
France.
Retenons la leçon du Père Le Gal :
Il nous faut un bon "manager", des structures de contrôle
puissantes. Il faut aussi que nous nous engagions définitivement.
Nous veillerons à nous exprimer sans esprit partisan. Notre "manager"
décidera ensuite. Les plus jeunes seront écoutés.
L' équilibre et la pérennité seront le souci premier
du "manager" qui veillera à ne blesser personne et à
ne perdre une seule de nos soeurs ou un seul de nos frères, mêmes
parmi les plus petits, les tous petits, les vraiment petits petits...
Afin de veiller à la pérennité de l'entreprise France,
pour conserver son équilibre, nous serons pris toutes et tous d'une
lucidité salvatrice. Nous refuserons de nous battre pour la succession
du "manager". C'est simple... Nous ferons confiance à
son héritier.
Et l'entreprise France pourra tout naturellement redevenir la belle et
grande " Maison de France". Elle est là.
Elle nous attend !
Cette entreprise ne vous tente-t-elle pas ? Pour les Manantes et les Manants
du Roi, c'et tout décidé !
Portemont, le vendredi
28 mai,
en ce jour de la Saint-Augustin de Cantorbery, a.d. 2004.
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