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La
« Presse » ne connaît plus les peuples…
Qu’elle soit quotidienne, hebdomadaire
ou mensuelle, la presse française ne connaît plus les peuples.
Rassurez-vous la presse étrangère n’est pas plus douée…
Vous pourrez m’objecter que les quotidiens n’ont pas le recul
pour décoder ces masses obscures que sont devenus les peuples.
A force de les ignorer, de ségrégations douces, les peuples
vivent et réagissent hors de la perception des médias.
Prenons l’hebdomadaire « Valeurs actuelles » numéro
3511, du 12 au 18 mars 2004.
Sa date de parution est « maudite »… Le 11 mars était
en embuscade à Madrid.
Dans ce numéro, au demeurant de qualité (comme c’est
souvent le cas), en page 30, nous pouvions lire :
« Ces droites qui gagnent : Triomphe sans
partage en Grèce le 7 mars. Victoire attendue en Espagne ce 14
mars. Une droite rajeunie, pleine de projets ou portée par ses
résultats, bouscule l’Europe sociale-démocrate. A
chaque fois, un parti resté uni et un projet cohérent ont
fait la différence. »
Deux pages plus loin, un juste bilan des huit années de gouvernement
« Aznar » égrenait ses réussites : une consommation
des ménages représentant 60% du PIB qui avait augmenté
de 3% en 2003, 4,2 millions d’emplois créés en 8 ans.
Des finances publiques en équilibre, une Sécurité
sociale qui présentait « un bonus historique de 2,5 milliards
d’euros… ».
Tous les chiffres valorisaient la politique volontariste de Monsieur Aznar
: une croissance de 2,4% en 2003, quatre années consécutives
avaient présenté un déficit zéro. Nous l’avons
écrit précédemment, Monsieur Aznar a fortement contribué
à la grandeur retrouvée de l’Espagne.
Le rédacteur de l’article n’occultait pas les contre
coups de cette croissance : hausse de 63% en quatre ans du prix des logements,
surendettement des ménages, triplement de l’immigration depuis
1966, dont 65,3% de populations extérieures à l’U.E.
Un bon article, sans triomphalisme, mais…
La rupture avec les » peuples » espagnols, entamée
sur les cotes basques, était pudiquement passée sous silence.
L’opposition à la participation espagnole à la guerre
« états-unienne » en Irak, fortement exprimée,
était elle aussi ignorée.
Le 11 mars 2004 a balayé les résultats économiques.
Pour les peuples, tout ce qui brille n’est pas d’or. Après
avoir exprimé sa colère, les peuples se sont unis dans la
douleur autour de la Famille Royale. Le Roi silencieux, d’un silence
imposé, a témoigné avec toute la famille royale,
des liens forts qui le liaient aux peuples blessés et meurtris.
Les peuples d’Espagne se sont bien conduits. Il n’y a pas
eu de bouc émissaire basané…
Si, il y a eu un bouc émissaire : Monsieur Aznar.
Les peuples espagnols se sont bien conduits, mais je ne pense pas qu’ils
aient voté au mieux pour l’Espagne.
Les Indes ont voté. Presque un calvaire. Le vote s’est déroulé
du 20 avril au 10 mai 2004.
Le parti du Congrès est victorieux. Les marchés financiers
sont soulagés et ont favorablement réagi à un résultat
qu’ils ne souhaitaient pas… Les marchés n’en
pouvaient plus d’attendre…
Pour tous les spécialistes, les dés semblaient jetés.
Un vote acquis aux nationalistes.
Nous sommes fiers d’une Europe de 450 millions d’habitants.
Aux Indes ce sont 670 millions d’électeurs qui se sont exprimés
pour désigner 545 députés. Tout le monde se plait
à dire qu’il s’agit de la plus grande démocratie
du monde, et selon les sondages le « Bharatiya Janatra Party »
au pouvoir, pouvait dormir tranquille. Si en 1999 sa campagne avait été
articulée autour d’un nationalisme musclé, désignant
la menace islamiste du Pakistan comme le problème des problèmes,
en 2004, la coalition de droite faisait valoir ses résultats économiques.
Les slogans du BJP se reposaient sur une croissance en or : « L’Inde
brille » L’Inde resplendissante »
Il est vrai que les 8% de croissance du P.I.B avaient de quoi rassurer…
Le parti au pouvoir avait donc avancé de cinq mois les élections.
Pour la presse, la victoire de la droite n’était qu’une
formalité.
Le parti du Congrès, pouvait bien insister sur les 250 millions
d’Indiens qui vivent sous le seuil de pauvreté…
Les « Ruraux » se sont rebellés contre les «
Urbains ». Tout comme en Chine, la forte croissance que connaît
l’Inde à la suite de l’ouverture de son économie
en 1991 a accru les inégalités entre les villes et les campagnes.
Les « Ruraux » se sont réfugiés sous le sari
de Sonia Gandhi et ce malgré son origine italienne.
Le nom de Gandhi est emblématique en Inde. Il fait partie de l’inconscient
des basses castes. Sa puissance est telle qu’il a balayé
les préventions suscitées par l’origine étrangère
de la veuve de Rajiv Gandhi assassiné en 1991.
Nous devons prendre acte de la réaction des peuples face à
des crises graves. Ils se tournent vers des symboles forts en lesquels
ils ont confiance.
Après les attentats du 11 mars 2004 à Madrid, l’Espagne
s’est resserrée autour de la famille royale. Oublié
par la croissance, le peuple pauvre des campagnes indiennes demande protection
à l’aura de Gandhi.
N’attendons pas des malheurs trop grands pour nous retourner vers
la famille qui est intimement liée à notre histoire et qui
seule présente les caractères d’indépendance
nécessaires au rétablissement de la justice élémentaire
que demande les peuples et qu’ils demanderont toujours.
Cette famille, c’est la Maison de France.
Portemont, le lundi
17 mai,
en ce jour de la Saint-Pascal, a.d. 2004.
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