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Mourir pour la patrie…
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Le lieutenant de vaisseau Honoré d’Estienne d’Orves, le capitaine Hubert de Lagarde, Guy Môquet, Joël Angles d’Auriac, Jacques Renouvin et Marcel Callo. |
Il est facile de dire qu’il n’est pas de plus belle mort, surtout quand ce sacrifice est soutenu par sa foi… Ce n’est pas dans l’air du temps répondront certains. Qu’importe…
Nous sommes portés par ceux qui ont fait ce sacrifice.
Il faudra donc lire dans les écoles le témoignage d’un de ces jeunes hommes. Le président de la république en a décidé ainsi choisissant la lettre de l’un d’entre eux.
Un choix qui n’est pas innocent, ni exempt d’arrières pensés bassement politiciennes.
Un « florilège » eut été préférable… Lectures pour nos enfants et petits-enfants, que les « grands » feraient bien de lire et relire…
Et nous tenons à les associer tous, toutes générations confondues. Nous n’entendons pas privilégier les « nôtres », ce serait faire injure à leur mémoire. Mais nous devons être des veilleurs, afin qu’ils ne soient pas oubliés. Afin que les jeunes générations puissent peser tout ce que nous leur devons !
Etait-ce si simple pour un officier de tradition, marié et père de cinq enfants ?
Le lieutenant de vaisseau Honoré d’Estienne d’Orves, fervent catholique et royaliste, chef du renseignement de la France Libre, un des premiers résistants à tomber sous les balles de l’occupant. Fusillé vers 06H30 le 29 août 1941 au mont Valérien, auquel il convient d’associer la mémoire de son neveu David Régnier, membre du réseau de résistance Défense de la France, dirigé par Philippe Viannay (qui fondera l’École de voile des Glénans), fusillé par la Gestapo le 19 juin 1944.
Lettre adressée à l’amiral Godfroy, commandant de la flotte française à Alexandrie en 1940 (Force X) par le LV d’Estienne d’Orves, alors sous chef d'Etat Major.
Amiral,
Je vous exprime mes profondes excuses pour mon départ brutal. J’en ressens profondément la tristesse. Je suis attaché par toutes les fibres de mon cœur à la marine et à ce bateau dont j’aimais tant l’équipage. Permettez moi de vous dire aussi comme j’étais à vous qui avez su sauvegarder, ces jours derniers, notre vie et notre honneur.
Vous devinez mes sentiments. J’ai été élevé dans le culte de la Patrie – mes camarades aussi j’en suis sûr - mais 1870 et 1914 ont tellement marqué sur mes parents et moi-même que je ne puis concevoir l’asservissement actuel de la France.
Sans me permettre de juger le Département, je ne puis me croire qualifié pour reconstruire la France ainsi qu’on nous le propose.
Tant qu’il y aura une lueur d’espoir je combattrai pour débarrasser mon pays de l’emprise de cet homme qui veut détruire nos familles et nos traditions.
Mes ancêtres se sont battus jusqu’au bout, je ne puis faire autrement que de les imiter.
Si j’ai attendu si longtemps, depuis l’armistice, c’est que j’ai voulu d’abord, ne pas m’en aller sans ce désarmement à la suite duquel le travail de l’Etat major sera plus réduit. Et surtout, à la suite de l’affaire d’Oran, je n’eusse voulu à aucun prix servir dans la Marine britannique.
Il m’a fallu trouver un chef français indépendant. Je l’ai trouvé hier et vais me ranger sous ses ordres.
Je sais, Amiral, à quoi je m’expose. Je vous demande seulement que ma désertion soit annoncée d’une façon telle que les autorités allemandes qui contrôlent le lieu de résidence de mon épouse et de mes quatre enfants, n’en soient pas avisés. Cela est évidemment fort difficile étant donnée l’emprise de ces gens-là sur les autorités françaises.
Excusez Amiral cette trop longue lettre qui paraît un plaidoyer.
Je sais qu’il est inutile auprès de vous. N’y voyez que la marque d’un profond attachement et l’expression d’un dévouement très respectueux.
d’Estienne d’Orves.
source : http://www.netmarine.net/bat/avisos/destiennedorves/celebre.htm |
Le sacrifice du capitaine de corvette d’Estienne d’Orves a été honoré sur les mers :
Le premier bâtiment à porter son nom fut une corvette de la classe Flower.
Lancée sous le nom de HMS Lotus aux chantiers Hills le 17 janvier 1942, elle fut transférée aux Forces Navales Françaises Libres le 23 mai de la même année et prit le nom de Commandant d’Estienne d’Orves.
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En 1974, un aviso prenait la relève !

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L’aviso « D’Estienne d’Orves » à son appareillage de Toulon, le 6 juin 1983. |
Le Fanion du d'Estienne d'Orves |
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Avers : Orné d’une croix de Lorraine blanche sur toute la hauteur, il ne devrait reproduire que l’insigne homologué du bâtiment, à savoir les armes de la famille d’Estienne d’Orves.
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Revers : Nom du bâtiment accompagné d’ancres de marine.
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Remarque : Ce fanion n’est pas conforme à la réglementation, cependant, dans sa note n°902 EMM/CAB le CV Dupont Nivet, Chef de cabinet p.i. du CEMM précise que « compte tenu de l'authenticité de ce fanion, exacte réplique de celui détenu par la corvette d’Estienne d’Orves des Forces navales françaises Libres et de son antériorité à la réglementation, je donne exceptionnellement mon approbation à la réalisation de ce projet ».
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Le capitaine de frégate Christian Blanc, commandant l'aviso « D'Estienne d'Orves », en compagnie de Madame Veuve Honoré d'Estienne d'Orves (2 août 1988). |
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27 juin 1991 : Hommage à d’Estienne d’Orves, à Plogoff, lieu de son débarquement le 22 décembre 1940
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Extraits de lettres d’Honoré d’Estienne d’Orves :
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Lettre adressée à sa sœur, la veille de son exécution :
« Maintenant, je vais dormir un peu. Demain matin nous aurons la messe. Que personne ne songe à me venger. Je ne désire que la paix dans la grandeur retrouvée de la France. Dites bien à tous que je meurs pour elle, pour sa liberté entière, et que j'espère que mon sacrifice lui servira. Je vous embrasse tous avec mon infinie tendresse. Honoré »
sources : http://www.fondationresistance.com/pages/rech_doc/?iIdPortrait=7&p=portraits |
Aussi :
« Que personne ne songe à me venger. Je ne désire que la paix dans la grandeur retrouvée de la France. Dites bien à tous que je meurs pour elle, pour sa liberté entière, et que j’espère que mon sacrifice lui servira. Je vous embrasse tous avec mon infinie tendresse. Honoré »
sources :
http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/page/affichegh.php?idLang=fr&idGH=701
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Nous pourrions poursuivre… Que tout Français quelles que soient son origine et son ancienneté lise :
- « La Vie exemplaire d’Estienne d’Orves », présenté par Pierre de Bénouville - Collection « Histoire de la Résistance » - Editions de Crémille
- « Honoré d’Estienne d’Orves », un héros français par Etienne de Montéty - Éd. Perrin (existe en poche dans la collection « Tempus »)
et l’indispensable :
- « Honoré d’Estienne d’Orves », pionnier de la Résistance, par Rose et Philippe Honoré-d’Estienne d’Orves - Éd. France-Empire.
Lire aussi : http://www.actionfrancaise.net/modele.php?url=histoire/honore_d_estienne_d_orves.php
Les sacrifices d’Honoré d’Estienne d’Orves, de Guy Môquet , Gilbert Dru et de Gabriel Péri, inspireront à Louis Aragon son célèbre poème « La Rose et le Réséda » :
« Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas »…
Oui, veiller à maintenir la mémoire…
Lieutenant-colonel Hubert de Lagarde : Qui s’en souvient ?
Laissant sa mère veuve, il s’engage dans la Guerre de 1914. Tradition… Tradition… Servir !
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En 1942 il crée le réseau de renseignement « Eleuthère » qui comprendra 419 agents. C’est un homme de renseignement et fournit des informations très importantes.
Condamné à mort par contumace par l’occupant, il est arrêté le 26 juin 1944, incarcéré à Fresnes, interrogé par la Gestapo, rue des Saussaies et déporté le 15 août 1944. Il est interné à Buchenwald, puis à Dora et meurt le 25 janvier 1945.
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Agonisant, Hubert de Lagarde demande où en est l’avance des Alliés. On lui dit que la France est presque libérée. Et lui de répondre : « … en somme, les nouvelles sont bonnes ».
Jacques Renouvin : Qui s’en souvient ?
Royaliste, jeune avocat, il se distingue en novembre 1938 en giflant publiquement Pierre-Etienne Flandin qui avait cru bon d’adresser un télégramme de félicitations à Hitler, après les accords de Munich..
Mobilisé en 1939, Jacques RENOUVIN, avocat à la Cour de Paris, refuse de servir, dans le corps de la Justice militaire où on lui propose trois galons, et part comme sergent de corps
Francs. Blessé, capturé, il s’évade et décide de demeurer en zone sud.
Dès la fin de 1940, il s’emploie à recruter et former des corps Francs de « Combat ».
Chef responsable, il dirige de très nombreuses opérations donnant constamment l’exemple dans l’action.
Arrêté en février 1943 à Brive la Gaillarde, emprisonné à Fresnes, fit preuve d’un courage au-dessus de toute épreuve au cours de ses longs et nombreux interrogatoires par la Gestapo.
Mort pour La France à Mathausen le 24 Janvier 1944.
Une phrase par-dessus toute pouvait résumer son engagement. Elle fut écrite en bleu sur la statue équestre de Louis XIV qui se dresse dans les jardins du Peyrou à Montpellier
« Je n’aurais pas collaboré »
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Les hommes qui nous lient, par leur sacrifice, à notre patrie, sont nombreux depuis qu’existe la France. Nous ne gardons en mémoire souvent que le nom des plus connus.
Mais leurs noms portent le nom des anonymes, des inconnus dont le sacrifice ne fut pas moindre. Ils faut les porter tous très haut si nous voulons transmettre à tous les enfants de France l’amour de notre pays qui est ou sera leur « patrie ». Ce devoir nous incombe à tous. Ils sont les « pères » de tous les enfants qui vivent libres sur notre sol. Oui, c’est à nous de faire mesurer à ces enfants la grâce qu’ils ont reçu par le sacrifice de nos aînés.
Mais si des hommes mûrs, graves, élevés dans la tradition du service de la patrie n’ont pas reculé, des jeunes hommes presque encore des enfants se sont levés.
Et dans les sentiments d’amour pour leur pays s’entremêle l’amour filial porté par la foi de nos pères :
Extraits repris sur le blog « Le salon beige »
Henri Pertret, fusillé le 26 septembre 1943 à l’âge de 16 ans.
L’amour des siens lui a manqué en prison. Il demande pardon, pense à ses menues dettes et dit toutes ses espérances pour son pays, la France. Tremble-il en écrivant sa dernière lettre ? C’est que le crayon est trop petit !
Puissent tous les enfants de France ne pas avoir un jour, à écrire une si belle lettre…
« Cher parents,
Ma lettre va vous causer une grande peine, mais je vous ai vu si pleins de courage que, je n’en doute pas, vous voudrez bien encore le garder, ne serait-ce que par amour pour moi.
Vous ne pouvez pas savoir ce que j’ai moralement souffert dans ma cellule, ce que j’ai souffert de ne plus vous voir, de ne plus sentir posée sur moi votre tendre sollicitude que de loin.
Pendant ces 97 jours de cellule, votre amour m’a manqué plus que vos colis et souvent je vous ai demandé de me pardonner tout le mal que je vous ai fait...
Remerciez toutes les personnes qui se sont intéressées à moi et particulièrement mes plus proches parents et amis ; dites leur ma confiance en la France éternelle... Je salue en tombant mes camarades de lycée ; à ce propos, X me doit un paquet de cigarettes. Rendez « le comte de Monte Cristo » à Z, donnez à Z les 40 grammes de tabac que je lui dois...
Je meurs pour ma patrie, je veux une France libre et des français heureux, non pas une France orgueilleuse et première nation du monde, mais une France travailleuse et laborieuse, honnête ; que les français soient heureux, voilà l’essentiel. Dans la vie, il faut savoir cueillir le bonheur.
Pour moi, ne vous faites pas de souci, je garde mon courage et ma bonne humeur jusqu'au bout et je chanterai « Sambre et Meuse » parce que c’est ma chère maman qui me l’a apprise...
Les soldats viennent me chercher, je hâte le pas, mon écriture est peut-être tremblée mais c’est parce que j’ai un petit crayon : je n’ai pas peur de la mort, j’ai la conscience tellement tranquille. Maman, je t’en supplie, prie, songe que si je meurs c’est pour mon bien. Quelle mort sera plus honorable pour moi ?
Je meurs volontairement pour ma patrie. Nous nous retrouverons bientôt tous les quatre au Ciel. Qu’est-ce que cent ans ? Rappelle-toi : « et ces vengeurs auront de nouveaux défenseurs qui après leur mort auront des successeurs ».
Adieu, la mort m’appelle, je ne veux ni bandeau, ni être attaché. Je vous embrasse tous... c’est dur quand même de mourir » |
Servir…
Bernard Gorce :
Ecrits d’un routier scout de France, à Clermont-Ferrand, résistant, déporté mort pour la France le 22 juillet 1944 à l’âge de 19 ans : « Mon tour est venu de vous quitter. Je pars le coeur presque heureux : j’ai pu, en effet, communier il y a quelques heures ».
D’un autre :
Paul Gilbertas, à Lyon, résistant, déporté mort pour la France le 13 avril 1945 à 23 ans. « Qu'importe que je sois fusillé, pourvu que la France vive! »
Un autre encore :
Gabriel Duchêne, scout à Marseille, résistant, mort pour la France le 29 mars 1945 :
A ses parents :
« Maman, tu ne dois pas pleurer, ni toi Papa. Je ne vous ai jamais autant aimés, autant chéri que maintenant; mais je me suis engagé pour faire mon devoir de Français. Ne me reprochez pas d’avoir disposé de ma personne : elle appartenait à la France ».
A un prêtre :
« Engagé dans les Corps Francs, je vais monter en ligne. Je pars, le coeur libre de toute crainte. Je me suis confessé et j'ai communié. Je n’ai donc pas peur de mourir. Au cas où je ne reviendrais pas, je vous serais reconnaissant, cher Père, d’aider mes parents à supporter ce coup. Vous savez combien ils tiennent à moi et une telle chose serait terrible pour eux. Je les aime tant... Jamais je n’ai senti si fort cet amour! ».
Du bienheureux Marcel Callo, dans sa dernière lettre :
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« Chaque soir aussi, ma pensée va vers la France; Dieu, Famille, Patrie, trois mots qu'on ne devrait jamais séparer ».
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De Louis Payen, scout de France à la 19ème Paris, résistant dans le réseau "Alliance", mort pour la France en déportation :
« Frères, scouts, du fond de mon trou, je pense sans cesse à chacun de vous... pour moi, hélas! mes horizons sont limités (2m x 1,50m)... quel que soit l’endroit où je me trouverai, je prierai toujours pour chacun d’entre vous. Soyez toujours gonflés, vous n'avez pas le droit de ne pas être fanas, vous êtes le sel de la terre, vous avez donc de lourdes responsabilités... Si vous n’êtes pas fort, si vous n’êtes pas prêts, tout s’écroulera en vous. Rayonnez au maximum votre christianisme, vos vertus françaises et scoutes... Soyez généreux et grands. Priez pour le pays, aidez ceux qui souffrent et que Notre Dame de la Route vous protège! ».
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De Joël Angles d’Auriac, routier scout de France, décapité par la Gestapo le 6 décembre 1944. Son procès de béatification est ouvert dans le diocèse de Toulon. Condamné pour « résistance et esprit contraire à la conscience nationale-socialiste. » |
Dans ses derniers courriers, on peut lire :
A ses Routiers : « Ne soyez pas tristes, je meurs avec le sourire, car le Seigneur est avec moi, et je n’oublie pas qu’un Routier qui ne sait pas mourir n’est bon à rien. Continuez dans la voie que je vous ai tracée. C’est certainement la plus fructueuse et celle qui conduit à la vie la plus belle ».
A ses parents : « Ne soyez pas tristes. Soyez certains que j'accepte l'épreuve presque avec joie et je l’offre pour vous tous. Le Seigneur est avec moi et je vais certainement le voir de plus près. Lui seul est la vie réelle, le secret de la vraie joie. Ma dernière prière : « Vivez avec le Seigneur. Il est la vie ». Adieu. »
Lire : « Cent scouts morts pour la France » , Par Louis et Rémi Fontaine. Editions La Porterie de Riaumont (www.riaumont.net).
Et nous n’entendons pas oublier la belle lettre du jeune Guy Môquet, qui, à l’âge de 16 ans, décida d’entrer dans les Jeunesses communistes. Arrêté un an plus tard lors d’une distribution de tracts clandestins à Paris, il sera transféré, malgré son acquittement, au camp de Châteaubriant (Loire-Atlantique).
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Il est fusillé le 22 octobre 1941, avec 26 autres prisonniers du camp, en représailles au meurtre d’un officier allemand.
Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré,
mon petit papa aimé,
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j’aime beaucoup. Qu’il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans et demi, ma vie a été courte, je n’ai aucun regret, si ce n’est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine.
Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d’enfant. Courage !
Votre Guy qui vous aime.
Guy
Dernières pensées : vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir ! |
Et vous ne manquerez pas de lire "Des Royalistes dans la résistance" par François-Marin Fleutot aux éditions Flammarion.
Portemont, le 17 mai 2007
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