|
"Il n'est de richesses que d'hommes éduqués"
 |
Ne croyez pas que Michel Godet, auteur de "Du courage Du bon sens", aux éditions Odile Jacob, soit un provocateur...
Il met les pieds dans le plat avec sérieux et dit tout haut quelques vérités à graver dans le marbre... "Si la France est la championne européennes des naissances, elle le doit surtout à ses immigrés."
|
Et donc, "Il devient donc urgent d'améliorer la mixité scolaire pour ne pas faire de ce dynamisme un handicap."
La relecture de son éditorial dans "Challenges" du 25 janvier 2007 tombe à point alors qu'était annoncée il y a deux jours l'ouverture à Lyon d'une école confessionnelle, "musulmane"...
Le renouvellement des générations serait atteint avec un indicateur de 2,1 enfants par femme et nous cocoriquons en Europe avec un indicateur de 2. Soit! Toutes les raisons d'être fier alors que la moyenne européenne est de 1,5...
Mais Michel Godet ne s'en tient pas là.
"Ces enfants qui naissent plus nombreux en France qu'ailleurs permettront-ils d'assurer la relève de la population active? La réponse quantitative est négative: il faudrait ouvrir plus largement les portes de l'immigration pour répondre aux besoins du marché du travail."
De quoi faire grincer encore bien des dents...
Michel Godet poursuit et là, nous devons ouvrir bien grandes nos oreilles:
"La réponse qualitative est loin d'être sûre. En effet le récent rapport annuel sur l'immigration et la présence étrangère en France de la Direction des populations et des migrations montre qu'en France, en 2004, sur 800 000 naissances, 150 000, soit 19%, étaient d'au moins un parent étranger, contre 120 000 en 2000 (13% des naissances de l'époque). Mais on ne sait toujours pas officiellement (seules des estimations circulent sous le manteau) combien d'enfants nés en 2006 sont issus de l'immigration. La peur de savoir et l'idéologie sont là pour masquer la réalité."
De cette politique de l'autruche découlent tous les mensonges de bonne foi...
Michel Godet aligne quelques chiffres sans faire de provocation.
"Il y a près de 5 millions d'immigrés en France, dont 2 millions sont devenus Français par acquisition (1 million depuis 2000) et 2,9 millions qui sont des étrangers nés à l'étranger. Tous les immigrés ne sont pas étrangers, et tous les étrangers ne sont pas immigrés." Il fallait le préciser !
Mais Michel Godet résiste à toutes les duperies:
"L'illusion d'une intégration en marche est entretenue par les mariages mixtes (18% des mariages avec au moins un étranger), alors que, le plus souvent, il s'agit de deux immigrés dont l'un est devenu Français par acquisition."
Et notre éditorialiste d'enfoncer le clou:
"On l' a compris, la réalité est qu'environ 25% des naissances de 2006 sont issues de deux parents immigrés. Sans cet apport, bienvenu, l'indicateur de fécondité serait, en 2006, de 1,7 au lieu de 2!"
Michel Godet ne lance pas des cris d'orfraies ou ne hurle pas avec les loups. Il dresse un tableau et ce tableau est le tableau France.
"Tout irait bien si cette population était uniformément répartie sur le territoire. Tel n'est pas le cas. L'Ile-de-France concentre 40% des étrangers et autant d'immigrés. La population des immigrés y représente 20% de la population totale et 40% des naissances."
Et ce tableau n'annonce pas un printemps souriant comme un Botticelli...
"En raison de l'apartheid urbain et scolaire, cette concentration conduit à des écoles où la mixité fait défaut, et où échec scolaire et communautarisme vont de pair."
Et de conclure:
"Faute d'intervenir vigoureusement sur la mixité scolaire et l'éducation des jeunes issus de l'immigration, le surcroît de naissances d'aujourd'hui apportera plus de problèmes que de solutions..."
Les problèmes sont en partie déjà là: "Les étrangers représentent 25% des chômeurs en Ile-de-France, pour 8% de la population"
Michel Godet, sans aveuglement nous invite à réfléchir.
Et nous prenons à cette occasion la mesure du grand vide de la campagne présidentielle :
Aucune grande politique familiale n'est envisagée, alors que tous les indicateurs font valoir que le niveau de vie relatif des familles avec enfants ne cesse de se dégrader...
Nous devrions nous souvenir de l'exemple du Québec et de ce qui s'est appelé la Revanche des berceaux... Il n'y a pas de grands peuples sans natalité vigoureuse...
Il en va de la pérennité de la France, de sa langue et de sa civilisation.
Et nous devons en donner le goût à tous les Français, de toutes origines.
Portemont, le 7 mars 2007
Transmettre à un ami
Imprimer
Réagir
|