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Regardons
la vérité en face…
Si nous communiquons aussi bien entre
nous, aussi vite et aussi librement, nous le devons aux angoisses de la
guerre froide. Les hommes envisagent souvent le pire, et dans les pires
situations éprouvent le besoin de communiquer. Dans les années
« soixante », la minijupe attirait nos regards vers le bas…
Des hommes, eux regardaient vers le ciel et s’interrogeaient : «
Comment continuer à communiquer après une attaque nucléaire
? » Telle était la question…
Dès 1962, un de ces hommes imaginait un réseau décentralisé
sur un mode coopératif, avec une multitude de réseaux locaux
bénéficiant tous des mêmes prérogatives et
où l’information serait tronçonnée et acheminée
en petits blocs « routés » séparément.
Le concept « Internet » était né.
Nous avons tous en mémoire la face joviale d’Alain Bombard.
Alain Bombard est indissociable du bateau pneumatique mondialement connu
sous le nom de « Zodiac ». En eau salée ou douce, ce
type d’embarcation nous permet pour un coût raisonnable de
nous livrer aux joies de la navigation. Le « Zodiac » a été
« inventé » en 1937, par Pierre Debroutelle, à
la demande de l’armée pour transporter des torpilles et des
bombes…
Le four à micro-ondes qui équipe bon nombre de nos cuisines
a vu le jour en 1947. Son principe a été maîtrisé
dans les laboratoires de la société « Raytheon »,
société américaine d’armement, et a d’abord
été utilisé dans la lutte anti-aérienne…
La liste de ces innovations, qui facilitent notre quotidien et nous ravissent,
et qui ont vu le jour dans le cadre de recherches à des fins militaires,
est longue, très longue !
Force est de constater que les grandes puissances industrielles sont des
grandes puissances militaires, toujours innovantes, afin d’avoir
une longueur d’avance sur leurs adversaires potentiels.
Marx ne le reconnaissait-il pas dans une lettre à Engels ? «
L’armée en général a une grande importance
pour le développement économique. »
Sans être de grands latinistes, nous avons tous en mémoire
le fameux : « si vis pacem, para bellum »
Si l’on se réfère à Adam Smith (Recherches
sur la nature et les causes de la richesse des nations), la sécurité
serait un bien public aussi précieux que la prospérité…
si ce n’est plus !
Assurer sa supériorité technologique passe par une collaboration
étroite entre recherche civile et recherche militaire… A
cette collaboration, il faut un pilote et seul un état fort et
stable peut être à même de l’assurer et de l’assumer.
Nous ne prônons pas une militarisation de notre société,
nous regardons simplement la vérité en face.
Aujourd’hui, le budget de la défense des Etats-Unis est de
523 milliards de dollars avec une progression de 11,3% pour 2003/2004.
En France, nous en sommes modestement à 32,4 milliards d’euros
avec une progression initialement évaluée à 4,3%
pour 2003/2004.
Le budget « Recherche et Développement » du Pentagone
représentait en 2003, une valeur dix-sept fois supérieure
à celui de la France et cinq fois supérieure au budget cumulé
des six premiers pays européens…
Rappelons qu’en France, la recherche a été la première
touchée par les coupes budgétaires.
Aux Etats-Unis, la « Darpa », ( defense advanced research
project) dispose d’un budget annuel de 2,6 milliards de dollars
qui sert à subventionner la recherche civile.
La France disposait jusqu’en 1996 d’une « Darpa »
en réduction, la « Dret ». Celle-ci a disparu a la
suite de la réforme de la DGA.(Direction générale
de l’armement)
Pour sortir de cette ornière, les ministères de la Défense
et de la Recherche signaient un protocole de coopération sur des
recherches communes en 2003…
La France ne manque pas d’atouts. Elle dispose de chercheurs compétents.
La France manque d’un état libéré de ses perpétuelles
joutes politiciennes. Le personnel politique en place, est trop préoccupé
de sa survie pour initier une politique qui ne peut s’élaborer
que sur le long terme.
Le cas de « Giat industries » illustre nos propos. Depuis
une dizaine d’années, l’Etat a injecté 3,4 milliards
d’euros dans ce poids lourd de l’armement terrestre. Il s’apprête
à signer un chèque de rallonge de 1 milliard…
Dans un autre temps, ce groupe était le numéro deux au classement
mondial. Aujourd’hui il est au cinquième rang… et son
PDG entrevoit une huitième place à l’horizon de l’an
2006.
Monsieur Sarkozy invite ses ministres à geler 7 milliards d’euros.
Le ministère de la Défense n’est pas épargné…
La politique de la France est inféodée aux mirages européens
et aux appétits électoraux de ses vedettes médiatiques.
Malgré elle, la France tourne le dos aux défis qu’elle
peut, qu’elle doit relever.
Il est grand temps de réagir. « Les temps sont difficiles.
Ce sont nos temps » Ainsi nous parlait, il y a peu, un Prince de
la maison de France. Avec Lui, relevons les défis.
Dossier réalisé
à partir de l’excellent mensuel « Enjeux Les Echos
» de novembre 2003, et de l’enquête réalisée
par : Catherine Bernard, Pascale-Marie Deschamps, Florence Bauchard et
Julien Bodel.
Portemont, le mercredi
21 avril,
en ce jour de la Saint-Anselme, a.d. 2004.
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